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Les militants au pouvoir
Publié dans Business News le 06 - 12 - 2019

Les militants d'hier sont devenus les responsables d'aujourd'hui. Parmi eux, ceux qui confondent activisme et pouvoir et ne semblent toujours pas mesurer l'étendue de la responsabilité qui est devenue la leur. Tout comme Hamadi Jebali s'était demandé « où est le gouvernement », alors qu'il en était le chef, des députés du PDL campent aujourd'hui au sein même du parlement afin de se faire entendre et de « laver leur honneur ».

Les élus du parti destourien libre (PDL) entament aujourd'hui, vendredi 6 décembre 2019, leur 4ème jour de sit-in. Ils menacent de ne pas laisser le parlement poursuivre ses travaux tant qu'ils n'obtiendront pas les excuses qu'ils réclament. Mercredi 4 décembre, un incident éclate entre la présidente du bloc du PDL, Abir Moussi et l'élue d'Ennahdha Jamila Ksiksi s'ensuit un échange d'insultes entre députés.

Depuis 3 nuits, l'image de la soirée pyjama de Abir Moussi, et les élus de son bloc parlementaire, emmitouflés dans des couvertures, dans l'enceinte du parlement, passe mal. Des députés qui, pour le quatrième jour de suite, protestent contre « un affront » qui leur a été fait et décident de passer la nuit dans l'hémicycle.
Une sorte de « sit-in » parlementaire par lequel ceux qui sont censés représenter le pouvoir passent du côté des militants. Derrière ce mouvement, rien qui puisse présenter une quelconque utilité pour le citoyen lambda ou arranger sa situation, de plus en plus difficile à vivre, mais de simples querelles de députés.
« Nous ne quitterons pas le parlement avant que le parti islamiste ne présente des excuses écrites » avait réclamé Abir Moussi. Aujourd'hui, dans une déclaration aux médias, elle ajoute même : « Nous empêcherons la tenue de la plénière pour l'examen du projet de loi de finances 2020 si des excuses ne nous sont pas exprimées », avait scandé Abir Moussi.
La même Abir Moussi qui a débuté la séance plénière inaugurale par des insultes contre ses ennemis de toujours, le parti islamiste Ennahdha. Au diable l'intérêt des citoyens, grâce auxquels les élus sont là où ils sont aujourd'hui. Les petites escarmouches des députés et « leur honneur » sont plus importants que la mission qui leur a été confiée.

« Serpillère », « terroristes », et autres insultes sexistes et même racistes se font entendre presque à chaque séance au parlement. Même les travaux des commissions n'y échappent pas.
Au sein du parlement de 2020 tout comme celui qui l'a précédé, plusieurs députés confondent encore leur rôle de militants avec celui d'élus et oublient qu'ils sont aujourd'hui au pouvoir. Des affiches brandies au sein de l'hémicycle en faveur de la cause palestinienne, des écharpes aux couleurs d'un parti politique, des photos de Habib Bourguiba et un sit-in de militants. Certains députés oublient qu'ils disposent de moyens de pression bien plus puissants que des actes de militantisme citoyen et qu'ils ont été justement élus pour voter des lois susceptibles de faire bouger les choses.

« Où est le gouvernement ? », s'était demandé Hamadi Jebali en 2012 lors d'une visite-surprise à la Cité Ezzouhour (Tunis) où il a constaté la déferlante d'ordures dans la région. Des paroles devenues cultes depuis. A l'époque, il était lui-même chef du gouvernement et occupait donc la plus haute autorité gouvernementale. Il semble ne pas s'en être rendu compte. Comme Hamadi Jebali à l'époque, les responsables d'aujourd'hui ne savent toujours pas de quel côté ils sont et se battent pour obtenir un pouvoir visiblement trop grand pour eux.
« Que Dieu vous vienne en aide » avait déclaré le chef de l'Etat fraîchement élu Kaïs Saïed, en visitant un foyer pour étudiantes de l'école supérieure d'agronomie à la ville du Kef. Là où il a pris connaissance des équipements archaïques et des conditions déplorables dans lesquelles vivent les étudiantes.
Le président élu à une majorité très confortable face à Nabil Karoui, candidat Qalb Tounes au second tour (72,71% contre 27,29%) a été porteur de grandes espérances de la part des jeunes qui ont voté pour lui. Pour l'instant, on le voit surtout accueillir tous les représentants des différentes sensibilités politiques, sans exception, et se fondre dans du sentimentalisme stérile en faisant les mêmes erreurs que ceux qui l'ont précédé.

Il est certes plus facile de s'en remettre à la clémence du bon Dieu, d'apporter sa couverture au parlement et d'y passer la nuit, de brandir des portraits et de porter des écharpes tout en rejetant la faute sur les autres que d'exercer son réel pouvoir.
Suite au drame de Amdoun, qui a causé la mort de 28 personnes dimanche dernier, Mongi Rahoui avait fait porter l'entière responsabilité du drame à Rached Ghannouchi, chef d'Ennahdha, parti au pouvoir. Alors que Mongi Rahoui est lui-même député de Jendouba depuis novembre 2011, il rejette la faute de la dégradation et de la marginalisation des régions intérieures sur le parti islamiste sans vouloir en assumer lui-même la moindre responsabilité.

Le système de gouvernance hybride y est pour beaucoup dans l'état de fuite opéré aujourd'hui par de nombreux responsables. Entre le gouvernement, le parlement et la présidence, tous les moyens sont bons pour se dérober de sa responsabilité et continuer à faire le « show ». « Certains sont là pour le pouvoir, d'autres uniquement pour semer le trouble », avait déclaré l'un des actuels députés de la coalition Al Karama. Certains le font même très bien, prouvant à ceux qui les ont propulsés au pouvoir qu'ils n'ont certes pas les moyens de leurs ambitions…


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