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Tunisie : Les universités américaines sont-elles le nec plus ultra de l'enseignement supérieur ?
Publié dans Investir En Tunisie le 05 - 05 - 2014


Des institutions d'importance inégale
Depuis la formation du gouvernement post-Troïka et le retour de M. Mehdi Jomaa des Etats Unis, on n'arrête pas d'annoncer des brassées de bourses Fulbright et autres pour les étudiants tunisiens et de chanter les qualités des Universités d'outre Atlantique.
Or, il faut savoir qu'aux Etats-Unis, il y a une multitude d'institutions dont les enseignements et les diplômes ne sont en rien comparables. Que vaut un master délivré par Shaw University or Ashland University comparativement à celui décerné par Princeton ou Stanford ? Ce directeur du ministère de l'Enseignement supérieur qui se répand en explications laudatives sur les études aux Etats-Unis devrait d'abord nous dire quelles sont les universités qui accueilleraient nos étudiants. Ashland ou Harvard ? College of Ozarks, Bluefield College, Colgate University ou MIT et Cornell à Ithaca?
Un enseignement basé sur le profit
A mon humble avis, tous nos responsables qui salivent devant l'enseignement américain devraient voir l'excellent documentaire de Frederick Wiseman « At Berkeley ». Ce film (qui dure 4h !) traite de la situation à la célèbre et prestigieuse Berkeley University, Université publique, financée jusqu'ici par l'Etat de Californie. Référence mondiale (3ème meilleure université au monde avec 39 Prix Nobel depuis 1939), l'Etat ne va plus contribuer qu'à 16% de son budget - qui est de 1,8 milliard de dollars/an. Les lois du Capital et du libéralisme règnent en maître aux Etats-Unis - université comprise. Est-ce ce modèle de l'abandon par l'Etat d'une fonction fondamentale au profit du privé qu'on loue ? Est-ce ce modèle – basé sur l'argent et le profit- que nos responsables portent aux nues ? Ce passionnant documentaire –fleuve montre les responsables de Berkeley tentant aujourd'hui de « se débrouiller » pour compléter le budget : ce qui leur prend beaucoup de temps et d'énergie. Ainsi, les inscriptions qui étaient gratuites dans cette université publique – ce qui est exceptionnel aux Etats Unis- sont désormais payantes. D'où des manifestations estudiantines car la diversité sociale et ethnique qui était la marque de cette institution publique risque de grandement souffrir ! Comment concilier l'excellence de l'enseignement et se poser en contre–modèle de Harvard, université privée, très riche, mais qui ne fait que reproduire les élites ? Quadrature du cercle pour les dirigeants de Berkeley. Donner leur âme à telle marque de boisson soft ou au Département de la Défense et fournir des diplômés formatés pour telle ou telle industrie ou continuer à admettre des Noirs, des Blancs et des Latinos impécunieux – mais excellents éléments- et les faire bénéficier d'un enseignement de grande qualité qui leur permettra de prendre l'ascenseur social réservé jusque-là aux seuls WASP (Les Blancs Anglo-Saxons Protestants) diplômés de l'Ivy League (les Universités les plus cotées du pays)?
Des études au coût exorbitant
A nos jeunes et leurs parents, il faut donner quelques informations sur le système universitaire étatsunien car tout ce qui brille n'est pas or !
Pour « le New York Times », l'Université américaine est « la plus grande organisation secrète à l'intérieur de la nation… et qui n'a de compte à rendre à personne. » Elle n'a rien d'une institution transparente et démocratique. Dans son fameux essai, « The closed corporation. American universities in crisis » (L'entreprise à huis clos. Les Universités américaines en crise), James Ridgeway montre comment « les grandes universités américaines sont contrôlées par le monde des affaires et le Département de la Défense », notant dans la conclusion de cet ouvrage qui a secoué le pays : « L'idée que l'université est une communauté d'érudits est un mythe… Les administrateurs ne devraient pas être choisis en fonction de l'utilité de leurs propres intérêts privés pour l'institution mais plutôt pour leurs vues sur les questions d'éducation. » Le mensuel « Le Monde Diplomatique » (Septembre 2012) montre qu'aux Etats Unis – voire au Canada où la révolte estudiantine contre la hausse des droits d'inscription a fini par conduire à des élections anticipées qui ont amené au pouvoir les indépendantistes - pour faire des études à l'Université, les étudiants doivent contracter auprès des banques des crédits très lourds, à rembourser lors de leur vie active et que « cette dette étudiante est une bombe à retardement » à l'instar des fameux « subprimes » de l'immobilier qui ont fait le mal que l'on sait au système financier mondial et conduit Bernard Madoff et sa clique de voleurs en prison.
Les banques américaines contre la réforme du système
Le « Monde Diplomatique » écrit au sujet de ces prêts aux étudiants que le système bancaire américain est contre toute réforme de l'enseignement supérieur car ces prêts lui rapportent un pactole de 30 milliards de dollars en intérêts annuels. Aujourd'hui, les étudiants peuvent difficilement trouver un travail suffisamment rémunérateur pour rembourser leurs emprunts. La situation est si préoccupante qu'Obama menace de diminuer « les subventions publiques pour les universités qui augmenteraient trop rapidement les droits d'inscription. » Il n'en demeure pas moins que les initiatives d'Obama « ne s'attaquent pas véritablement au problème du coût des études supérieures, qui révèle l'incapacité du capitalisme américain à remplir sa mission cardinale : permettre au plus grand nombre d'accéder au mode de vie de la classe moyenne. » Pourtant, conclut le « Monde Diplomatique », aujourd'hui, après trente ans de coupes claires dans les budgets des universités par Reagan, Bush et les néo-reaganiens « qui prônent le transfert des coûts de l'enseignement supérieur du public vers le privé… les trois quarts des Américains les plus modestes n'ont fait aucun progrès vers l'obtention d'un diplôme. »
Formation des étudiants à un libéralisme échevelé
De son côté, le grand linguiste du MIT à Boston, Noam Chomsky, relevait, en juillet dernier, à propos de ces prêts, que le système politique américain contrôlait ainsi par la dette ses jeunes et les endoctrinait de façon à en faire les partisans d'un libéralisme échevelé, d'un monde où l'Etat joue un rôle mineur et où le marché régente tout, y compris l'enseignement et la formation.
Nos responsables, si désireux d'envoyer nos jeunes étudier aux Etats-Unis, devraient lire la revue The Economist du 5 avril 2014 (p. 40-41)- qui est loin d'être un organe anti-américain. Cet hebdomadaire se pose des questions sur l'enseignement supérieur américain trop cher et sur les perspectives qu'il offre aux diplômés.
Des étudiants accablés et obérés de dettes
Il se demande même si cela vaut la peine de faire des études supérieures pour dénicher un job ! Il souligne de prime abord que tout ce qui a trait aux arts et aux humanités est à oublier car « si les arts et les humanités nourrissent l'esprit, ils n'engraissent guère le portefeuille » et conduisent donc au chômage (exception faite des diplômés de quelques « colleges » prestigieux et donc très chers). « Le coût des études universitaires a été multiplié par 5 depuis 1983 » note l'article qui ajoute : « La dette des étudiants a tellement gonflé qu'elle empêche de nombreux jeunes d'acquérir un logement, de s'engager dans un business ou de faire des enfants. Ceux qui ont emprunté pour une licence obtenue en 2012 ont contracté une dette moyenne de 29 400 dollars… 15% des emprunteurs sont incapables de rembourser leur dette... Nombreux sont ceux qui vont vivre chez leurs parents en attendant l'âge auquel ils auront droit aux aides sociales. » Le pire est qu'aujourd'hui 42% des diplômés occupent des emplois qui exigent moins de qualifications que celles qu'ils ont acquises durant les quatre années passées à l'Université et 41% des diplômés des meilleures institutions ne trouvent pas de travail correspondant aux études faites à l'Université. Ce qui amène 50% d'entre eux à regretter la filière choisie au cours de leur cursus universitaire.
L'article de The Economist affirme que la moitié seulement des diplômés se sent préparée pour travailler dans le domaine choisi. De plus, 39% seulement des dirigeants d'entreprises américaines sont d'avis que les étudiants sont formés pour entrer dans la vie active. « Souvent, poursuit The Economist, les étudiants n'écrivent pas clairement ou ne savent pas organiser intelligemment le temps. Quatre millions d'emplois ne trouvent pas preneur car les candidats idoines sont introuvables. »
Faut-il envoyer nos étudiants dans les universités américaines ?
Enfin, nos responsables devraient informer nos étudiants qu'à l'heure actuelle, un vent mauvais souffle sur bien des universités américaines où le lobby israélien est très présent à travers une multitude d'associations qui défendent la politique belliciste et raciste du gouvernement Netanyahou : occupation illégale et illégitime, contraire aux principes universels et au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Etre d'origine arabe ou soutenir la juste cause du peuple palestinien – et notamment le mouvement BDS de boycott des produits israéliens- peut amener de sérieux tracas voire l'expulsion. (Voir l'ouvrage du journaliste américano-palestinien Ali Abunimah « The battle for justice in Palestine »).
Plutôt améliorer notre système éducatif
Comme on le voit, les Universités américaines ne sont pas le paradis sur terre, le nec plus ultra que certains nous décrivent ou font miroiter aux yeux de nos jeunes et de leur famille. Il ne s'agit pas de jeter le bébé avec l'eau du bain, non ! Mais arrêtons de nous extasier – sans regard lucide voire critique- sur les réalisations des autres et consacrons notre énergie à améliorer notre propre système éducatif public- qui a tant donné à la Tunisie- à lui fournir les moyens nécessaires et à accorder à ses hommes et à ses femmes la place qu'ils méritent dans la société tunisienne d'aujourd'hui. Sans nous couper des autres, bien évidemment.
• Les intertitres sont de la rédaction
Mohamed Larbi Bouguerra

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