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Entre la peste et le choléra, ils ont choisi
chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 06 - 2015


Par Hmida BEN ROMDHANE
Il y a quelques jours, la chaîne qatarie, « Al Jazeera », a diffusé une longue interview du chef du groupe terroriste, «Jabhat Annusra », Abou Mohamed Al Joulani, menée par le journaliste Ahmad Mansour, arrêté pendant trois jours à Berlin probablement pour lien avec le terrorisme.
Le but de l'interview, on s'en doute, ne consiste pas à informer le téléspectateur ou à l'éclairer. Car enfin quelle information et quelle analyse peut-on attendre du chef d'un groupe terroriste dont le but dans la vie est de la faire perdre au maximum d'êtres humains à coups de voitures piégées, de décapitations et d'assassinats collectifs ?
En fait, «Al Jazeera» étant ce qu'elle est, et les penchants pro-Qaida du journaliste-intervieweur étant ce qu'ils sont, on a très vite compris que l'interview n'a aucun autre objectif que de blanchir « Jabhat Annusra » et de la rendre acceptable pour les décideurs occidentaux. En d'autres termes, « Al Jazeera », l'instrument médiatique de la diplomatie belliqueuse du Qatar, est chargée de la mission de « normalisation » de l'organisation terroriste consistant à lui trouver une place au sein de l'opposition « modérée » au régime syrien que les Occidentaux tentent désespérément de mettre sur pied.
D'un air qui ne convainc que ses amis turcs et qataris, le chef terroriste a essayé de se montrer modéré en assurant qu'il n'a aucune intention de s'en prendre ni à l'Amérique ni à l'Europe. L'inquiétant dans tout ça est que certains milieux influents en Occident ne sont nullement embarrassés à devoir choisir entre la peste et le choléra. Ils refusent la peste qui vient de l'Etat islamique, mais ils acceptent le choléra du côté d'Annusra. Et la campagne de « normalisation » de cette organisation terroriste se poursuit, même si, deux ou trois jours après la diffusion de l'interview, une vingtaine de Druzes syriens ont été froidement assassinés par les hommes de Joulani.
En Syrie aujourd'hui, il y a trois forces en guerre : le régime syrien qui lutte pour sa survie, l'organisation de l'Etat islamique d'Abou Bakr Al Baghdadi et « Annusra » d'Abou Mohamed Al Joulani, l'un et l'autre partageant les mêmes convictions obscurantistes et les mêmes méthodes terroristes, la même férocité, mais nourrissant l'un vers l'autre une haine irréductible.
Pour le petit émirat du Qatar et la Turquie d'Erdogan, le problème ne se pose pas. Etat Islamique, Annusra ou le diable en personne, peu importe. Quiconque a les moyens sinon de renverser le régime de Bashar Al-Asad ou du moins de le maintenir dans un état de guerre perpétuelle, a droit à l'aide généreuse et multiforme turco-qatarie.
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, partageaient avec Doha et Ankara le même désir de voir le régime syrien s'écrouler, même si ce désir est loin d'avoir le caractère obsessionnel observé dans les comportements de l'émir du Qatar et du président turc. Seulement, au vu des performances quasi-nulles sur le terrain de l'opposition dite modérée, largement dominée par l'extrémisme fanatiquement sanglant des organisations de Baghdadi et de Joulani, l'ardeur des Occidentaux de voir Bashar partir s'est quelque peu refroidie.
C'est dans l'espoir de réchauffer cette ardeur si l'on peut dire que l'on assiste aujourd'hui à cette grande manœuvre manipulatrice consistant à faire d'un groupe de terroristes sanguinaires des hommes respectables. Mais en tentant de blanchir « Annusra », le Qatar et la Turquie prennent le risque de ternir encore plus leur réputation déjà fortement ternie dans le monde arabe et sur la scène internationale.
Sur le dossier syrien, Erdogan et ses alliés du Qatar se trouvent dans une situation intenable. Ils ont dépensé trop d'argent, de temps et d'énergie pour renverser le régime de Bashar. En Vain. Quatre ans et quatre mois après le début de leur engagement agressif contre le régime syrien, le bilan est très en deçà de leur attente et la disproportion entre l'aide massive consentie aux groupes terroristes et les résultats obtenus est énorme.
Quatre ans et quatre mois après le début de la guerre en Syrie, Bashar est toujours là et les terroristes de l'Etat islamique perdent leurs positions l'une après l'autre au profit des Kurdes syriens, une évolution cauchemardesque pour Erdogan. Quant au Qatar, sa réputation de financier généreux du terrorisme islamiste est de plus en plus lourde à porter, et l'arrestation récente à Berlin du journaliste d'Al Jazeera, Ahmed Mansour, la voix de son maître, est un signal inquiétant pour les cheikhs de l'émirat.
Mais l'exercice de « Public Relations » entrepris par les parrains turcs et qataris en faveur de leurs protégés d'Annusra gagnerait en efficacité s'ils introduisaient dans cette campagne un élément important négligé volontairement ou involontairement, mais qui intéresserait beaucoup les Occidentaux, cible principale de la manœuvre : Annusra qui occupe la région limitrophe du plateau du Golan syrien non seulement n'a pas tiré une seule balle en direction de l'occupant israélien, mais ses blessés sont transportés par les ambulances de l'Etoile Rouge de David (Magen David Adom) pour se faire soigner dans les hôpitaux d'Israël.
Un autre élément qui intéresserait l'Occident et aiderait beaucoup Erdogan et l'émir du Qatar dans leur mission : Jabhet Annusra est une organisation terroriste certes, mais elle ne tue que les musulmans.


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