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Le grand écart
Ici-Bas
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 07 - 2015


Par Abdelhamid Gmati
Tout porte à croire que l'on prend, enfin, très au sérieux le terrorisme. Outre tous les attentats qui ont fait beaucoup de victimes parmi nos militaires et nos forces de l'ordre, ceux du Bardo et de Sousse ont visé nos hôtes étrangers. Les récalcitrants, ceux qui prétendaient que la menace terroriste était exagérée, et même nos partenaires à l'étranger qui nous assuraient de leur soutien « moral », se rendent à l‘évidence de la gravité du problème. Sur le terrain, les forces de l'ordre ne chôment pas. Rien que durant ces derniers jours, des cellules sont découvertes et démantelées, des terroristes arrêtés, en nombre, à Bizerte, Ben Guerdane, Djerba, Médenine. On rappellera que cette traque n'a jamais cessé ces dernières années et a permis l'arrestation de plus d'un millier de terroristes. Certes, il y a eu parfois des dysfonctionnements, comme à Sousse ; et cela a été reconnu par les responsables gouvernementaux. Mais cela ne saurait minimiser les efforts continus, couronnés de succès, de nos forces de l'ordre. Et il faut dire qu'elles parviennent à prévenir et à empêcher plusieurs projets d'attentats. L'un des tout récents visait l'ambassadeur des Etats-Unis. On apprend aussi que 13 attentas-suicide simultanés, visant plusieurs cibles à Mahdia, Monastir, Bizerte et ailleurs et ayant pour objectif de faire un maximum de victimes et de semer la terreur.
Les interrogatoires des terroristes révèlent des constantes : ils sont recrutés dans les mosquées, passent en Libye pour leur formation et leur armement et reviennent en Tunisie pour exécuter leurs plans funestes. Et c'est là que le bât blesse et que se trouve la faille. On apprend que plus de 20 personnes ont disparu de la ville de Remada (gouvernorat de Tataouine) et ce depuis des jours, voire des mois. Parmi ces « disparus », 3 militaires dont un pilote. On pense que ces personnes se sont rendues en Libye rejoindre des groupes terroristes et recevoir la formation adéquate du parfait terroriste. Il s'agit donc de faire face à l'endoctrinement et au recrutement dans les mosquées et au passage clandestin en Libye.
Dans ses dernières mesures, le gouvernement a décidé de procéder à la fermeture de 80 mosquées ne répondant pas aux dispositions de la loi. Il se trouve qu'il est confronté à la fronde de quelques extrémistes salafistes désireux de perpétrer leurs activités néfastes. Dans la nuit de dimanche dernier, à Sbeïtla, 7 extrémistes religieux qui ont défié les autorités en rouvrant la mosquée d'Ibn-Taymia au quartier Sourour malgré l'ordre de fermeture ont été arrêtés. Dans le gouvernorat de Sousse, des salafistes ont essayé de s'opposer à la fermeture d'une mosquée et ont été dispersés par l'utilisation de gaz lacrymogène. Les difficultés rencontrées ont amené les autorités à prolonger de deux à trois jours le délai fixé pour la fermeture de ces lieux. Du côté de la frontière avec la Libye, des dispositions ont été prises, dont la construction d'un genre de « Mur de Berlin », afin d'empêcher le passage clandestin d'hommes, d'armes ou de drogues.
Visiblement, le gouvernement est amené à faire le grand écart et à concilier des extrêmes. Ainsi en est-il de cet état d'urgence, décrété par le président de la République. Le chef du gouvernement a expliqué que cette décision n'a été prise qu'après consultation « des responsables de partis et des organisations nationales ainsi qu'avec des représentants de la société civile avant de parvenir à la conclusion qu'il fallait faire ce choix difficile ». Ce qui n'a pas empêché les critiques dénonçant le danger d'une régression des libertés. Plusieurs partis politiques jouent au grand écart : du bout des lèvres, ils se prononcent contre le terrorisme et de l'autre, ils dénoncent, l'état d'urgence et chaque décision gouvernementale, jouant surtout à exacerber les appréhensions. On s'attendait à un engagement de tous pour venir à bout de ce fléau dévastateur.
Il y a toutefois quelques voix réalistes. Ainsi le secrétaire général-adjoint de l'Ugtt, Mouldi Jendoubi, estime qu'il ne croit pas que «l'état d'alerte peut influencer le déroulement des négociations sociales... Toutefois, l'état d'urgence ne doit pas léser les libertés individuelles et collectives. A part cela, nous n'avons aucune réserve sur l'état d'urgence, surtout que le pays est en guerre contre le terrorisme. Nous espérons qu'après la fin de l'état d'urgence, une évaluation sera faite de l'efficacité de cette procédure et à partir de cette évaluation, on comprendra s'il y a nécessité ou non pour le renouvellement de l'état d'urgence». Un des premiers résultats a été la reprise du trafic ferroviaire interrompu à la station de Gabès pendant des mois par des sit-inneurs demandeurs d'emploi. L'acheminement du phosphate aux unités de production du Groupe chimique tunisien et le transport des voyageurs a pu reprendre. On notera, aussi, le report de la grève des agents de la santé publique « pour l'intérêt national ».
Espérons que cet « intérêt public » sera pris en considération par tous, y compris et surtout par les hommes politiques, les syndicalistes, les investisseurs et les « fauteurs de troubles ». L'exercice du « grand écart » est difficile et n'est pas payant à la longue.


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