Tunisie | Covid-19 : 80 décès et 2059 nouvelles contaminations recensés en 24 heures    42% des jeunes au chômage ont trouvé un emploi par leurs propres moyens (Etude)    BCT : Hausse des billets et monnaies en circulation de 17%, à la date du 21 janvier    Tunisie : La crise de l'ammonitrate et la colère des agriculteurs    La Chambre de commerce et d'Industrie de Sfax exhorte les entreprises intéressées par le projet de la Zone Logistique de Gargour de rejoindre le Consortium Régional    Le bateau transportant des bovins soupçonnés d'avoir la maladie de la langue bleue interdit de débarquer au port de Bizerte (OMMP)    Le PDL va proposer des motions de censure à l'encontre de Mechichi et Ghannouchi    Mohamed Hédi Chérif n'est plus!    Tunisie – Education : Les surveillants et surveillants généraux persistent dans leur grève ouverte    Ligue 1 : L'AS Soliman plonge le CA en plein crise    CAN U17 : La Tunisie n'ira pas en phase finale    Tunisie – ALERTE METEO : Avis de tempête    Pr. Mohamed Douagi : Allez circulez, il n'y a plus rien à voir    Par Jawhar Chatty : Peut-on dire de quelqu'un qu' il a été enterré en grande pompe ?    Moi et mon cancer...    A «l'Orient-Express»... le voyage n'était pas de tout repos    La continuité dans un esprit de changement    Singularités et textures monumentales (2/2)    Covid-19 : Le gouvernorat de Tunis enregistre le bilan quotidien le plus élevé en 24 heures    Mechichi reçoit des membres du bloc parlementaire al-Karama    Foot-Europe: le programme du jour    Tunisie: En images, des éleveurs à El Hencha en colère contre la pénurie du fourrage    DECES: Abderrahmane BEN MESSAOUD    EST-ST :2-1 | Revoilà Khénissi !    Ligue 1 — 9e journée L'USM se reprend, la JSK au bout du rouleau !    NEWS: Revoilà Maher Haddad    Mes odyssées en Méditerranée: "Simpaticuni", premier Journal siculophone de Tunisie (1911-1933)    «Night in Tunisia» par-delà le temps et les frontières: Les pérégrinations d'un morceau    On a lu pou vous : « Chroniques de la Révolution tunisienne : Chroniques 2011/ 2014 » de François G.Bussac: Chroniques contre l'oubli    Rachida Triki, spécialiste en esthétique et philosophie de l'art, à La Presse : « La misère symbolique est une menace pour l'éducation du goût et l'exercice de la pensée »    Prix à la consommation et inflation 2020: Chute évolutive du taux d'inflation    Célébration de la journée mondiale de la culture africaine et afro descendante le 24 janvier de chaque année    Mondial de handball 2021 – Maroc vs Chili en direct et live streaming : Comment regarder le match ?    Tunisie – Les nouveaux joujoux de la police tunisienne arrivent à bon port !    Tunisie-Culture: Autorisation aux espaces culturels et artistiques d'organiser leurs activités!    Voici pourquoi la souche britannique pourrait provoquer une mortalité accrue    Covid-19 : Une situation sanitaire extrêmement grave    Le FMI appelle la Tunisie à prioriser les dépenses de santé et met en grade contre un déficit de plus de 9%    «Mâ lam tasqot mina elomôr... lam taôd khadra» (Celle qui ne tombe de l'âge... n'est plus verte), recueil de poèmes de Amor Daghrir : La patrie est une femme !    Etats-Unis: Le procès de Trump devant le sénat débutera le 8 février    Tunisie: Dialogue, dialogue...quand tu brides l'action    Mustapha El Haddad: L'embrigadement des jeunes pour le jihad «Le paradoxe tunisien»    Twitter suspend un compte de l'ayatollah Ali Khamenei    JEEP RENEGADE best-seller en 2020    Etats-Unis-Investiture: Kais Saied félicite Joe Biden    De Trump à Biden: la force de la symbolique    Deux policiers et un citoyen tués dans une fusillade à Riyad    Le président algérien s'est fait opéré en Allemagne    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





«Concerto Malaga» au festival International de Musique Symphonique d'El Jem : Mille et une nuances d'Espagne
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 07 - 2019

Serait-ce l'éternelle séduction de la musique espagnole ou juste l'attrait naturel de cette ville belle et humble… Voûte étoilée et brise douce de ce soir de juillet et Colisée somptueusement éclairé, la troisième soirée du Festival international de musique symphonique d'El Jem s'annonçait particulièrement bien.
Un air de fête spontanée et joyeuse habille El Jem, comme si la ville se préparait chaque semaine à ce rendez-vous amoureux, avec un public de fidèles et de néofidèles. Soir de grande affluence à voir ces dizaines de bus garés au pied du Colisée. Une foule joyeuse multilingue se presse vers les portes millénaires de l'Amphithéâtre romain… Serait-ce l'éternelle séduction de la musique espagnole ou juste l'attrait naturel de cette ville belle et humble… Voûte étoilée et brise douce de ce soir de juillet et le Colisée somptueusement éclairé, la troisième soirée du Festival international de musique symphonique d'El Jem s'annonçait particulièrement bien. Il est 22h00… Gradins et chaises investis par les mélomanes, le «Concerto Malaga» devancé par sa renommée, était attendu avec un programme riche et passionnément espagnol. L'orchestre à cordes « Concerto Malaga», avec ses sept violons, ses deux violoncelles et une contrebasse, dirigés par José Gil de Valdéz (premier violon), était accompagné de deux solistes de renommée internationale, le pianiste et compositeur américain Kimball Gallagher et le saxophoniste Ulrich H. Brunnhuber. « Concerto Malaga », groupe de jeunes musiciens andalous qui se sont donnés pour mission depuis 1996 de réhabiliter la musique classique espagnole et lui redonner sa juste place comme un des grands chapitres de l'histoire musicale occidentale. De Falla, Albéniz ou Granados Turina… Certes, le succès populaire de la guitare ou du « Canto Jundo » et du flamenco des gitans a un peu estompé la richesse et la créativité de cette musique qui a pourtant influencé toute la musique moderne européenne et latino-américaine.
Exit donc toute idée reçue sur un folklore espagnol caricatural. Ici, on est bien loin des « Olé » des castagnettes, des mélodies simplistes à 3 accords de guitare et des robes à pois des danseuses sévillanes. Au programme, figurent les plus grands compositeurs espagnols de l'âge d'or du « Classica » ibérique : Joaquín Turina , Isaac Albéniz, Manuel de Falla.
Plongée en pleine terre espagnole, avec, pour premier acte, une très belle interprétation de La Oraciondel Torero , de Joaquin Turina, un opus émouvant et solennel inspiré des prières des toreros avant la corrida. La suite, tout aussi ensoleillée et aussi émouvante, s'est faite avec le concerto numéro 2 de Frédéric Chopin avec au piano Symbole Gallagher en tandem accordé avec «Concerto Malaga». Le soliste est stupéfiant, son jeu est libre et élégant, fidèle à la virtuosité qu'on lui connaît. Le soliste a en effet déjà joué plusieurs fois en Tunisie dans le cadre du projet éducatif Tunisair qu'il a initié dans 88 lycées et qu'il dirige avec le saxophoniste Ulrich H. Brunnhuber. La soirée ibérique s'est poursuivie avec un des plus grands compositeurs classiques espagnols de la fameuse école du XIXe siècle, Enrique Granados, avec l'Intermezzo de « Goyescas ». Cette œuvre, inspirée des tableaux de Goya, est une véritable fresque où se mêlent les lumières de l'Espagne, les rythmes et les harmonies populaires espagnoles aux mélodies romantiques de cette fin du XIXe siècle et des influences françaises du compositeur. La sérénade espagnole de Joaquim Malats a enchanté le public. Initialement écrite pour une guitare classique, sa transcription par l'orchestre de corde est un bijou de virtuosité. Le voyage espagnol s'est poursuivi avec l‘emblématique Isaac Albéniz, faisant escale à « La Caleta » au sud de l'Andalousie (Rumores de la Caleta (Malagueñas), Recuerdos de Viaje) puis, Grenade (Granada Serenata de la Suite Española) avant d'atterrir à Séville avec «Sevilla Sevillanas», extraite de la Suite Española.
Frais et joyeux, un air de jazz s'est subtilement glissé dans le programme de cette deuxième partie de soirée pour rappeler l'influence de l'Espagne sur cette musique américaine, tant par les synchronismes que par la liberté et la chaleur qu'elle dégage. Le saxophoniste a interprété un « It Dont Mean a Thing If it Aint Got that Swing » endiablé et énergique de Duke Ellington qui a enflammé et surpris agréablement le public d'El Jem bercé par les sérénades espagnoles. La musique de Duke Ellington porte en elle une part de ce fameux mélange qui la rapproche de la musique espagnole : les racines africaines et américaines s'y mêlent aux musiques latines, orientales, indiennes…
Magistrale et en guise de fin, « Concerto Malaga » a consacré 3 temps à Manuel de Falla, maître absolu de la musique espagnole classique. Il a su révolutionner la musique espagnole en mélangeant subtilement l'art populaire et la symphonie. Trois morceaux choisis parmi les plus connus du compositeur « Dance Of The Miller » (Farruca) extrait du ballet "El Sombrero de TresPicos » (le tricorme), une « Danse Espagnole » extraite de «La Vida Breve» et « La Danse rituelle du feu » extraite du ballet « El Amor Brujo ». La soirée, empreinte des couleurs ibériques, a révélé une part de la richesse de la musique classique espagnole. Musique passionnée, chaude, colorée qui, tour à tour, prend la forme d'une danse, d'une peinture ou d'un poème symphonique. Elle porte en elle ses histoires et ses géographies multiples : arabe, grecque, égyptienne, juive, indo-européenne.
Le voyage espagnol a pris fin laissant un public conquis par ces tableaux musicaux, par l'émotion qu'ils dégagent et la sensualité passionnée de la Costa del Sol, terre d'origine du «Concerto Malaga». Après une standing-ovation reçue avec émotion et gratitude, le « Concerto Malaga » a offert un dernier morceau de soleil espagnol, mêlé à l'histoire arabo-andalouse « Memories from Alhambra » de Francisco Terraga, comme un pont dressé depuis le passé commun.
L‘Espagne plus proche, que jamais sera au rendez-vous, demain mercredi 24 juillet, avec l'orchestre de chambre de l'île de Minorque.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.