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Les cultivateurs aux abois !
PASTEQUES ET MELONS AU PLUS BAS
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 07 - 2015

Aujourd'hui, les producteurs de ces deux fruits dont les prix ont chuté ne sont pas sûrs de rentrer dans leurs frais. Plusieurs d'entre eux seront en mal de reprendre la saison prochaine. Une telle situation est due à une surproduction. Surproduction qu'on devra à l'avenir éviter, comme d'ailleurs la sous-production, en optant pour une gestion scientifique du secteur dans sa globalité, avec l'impératif d'une planification qui tiendrait compte de la moyenne de consommation de tel produit ou de tel autre.
Dur, dur d'être agriculteur dans notre pays. Tout est aléatoire dans le secteur agricole où on n'est jamais sûr de rien. Tantôt c'est la pluie qui manque, tantôt c'est la mévente qui est au rendez-vous. En céréaliculture, la saison est l'une des plus mauvaises depuis plus d'une décennie. Les rendements sont très bas, la qualité du grain est très mauvaise. Les prix en ont pâti. Et comme si cela ne suffisait pas dans le secteur des maraîchages, la surproduction de melons et de pastèques a dépassé toutes les prévisions pour voir les prix chuter de manière dramatique. Les cultivateurs de ces deux produits ne savent plus où donner de la tête tellement la situation est calamiteuse. Ils craignent d'être sur la paille en fin de récolte. La campagne qui bat actuellement son plein se fait dans la morosité en ce mois de carême où l'on s'attendait au moins à une stabilisation des prix. Vœux pieux dans la mesure où c'est le contraire qui se vérifie. Jamais une telle situation n'a été constatée, et ce, depuis des décennies. Mardi 7 juillet, le kilo de pastèque se vendait à 120 millimes au bord des routes où des montagnes de fruits (sans exagération aucune), attendaient d'être transportés vers les villes. Mais les preneurs se faisaient rares et seuls les intermédiaires qui n'attendaient que cela se présentaient pour proposer aux pauvres exploitants des prix humiliants. Les prix de détail ne sont pas loin de refléter cette morosité du marché, avec des prix allant de 200 à 250 millimes le kilo. Mais là, on est sûr de rentrer dans ses frais étant donné que la marge bénéficiaire peut atteindre les cent pour cent.
Surproduction !
Pour le melon, il y a tout de même une différence entre les prix affichés chez les légumiers et ceux du gros et sur place. Mercredi matin au contact d'un cultivateur de melon à Medjez El Bab, il affirme qu'il a été contraint de brader son produit à 250 millimes le kilo. Il s'agit du melon Lafamia on ne peut plus doux et sucré. Ce qu'il m'a affirmé n'était pas exagéré du tout. Un jour auparavant, étant dans la région, j'ai été du côté du Hérie sur la route entre Medjez El Bab et Tébourba.
On proposait la même variété à 300 millimes et même à 270 ! Du jamais vu pour ce fruit de terre qui s'est maintenu presque toujours à un prix assez élevé. L'année dernière, et à la même période, son coût n'est jamais descendu en dessous de la barre de 500 millimes.
Cela dit, et ce qui est intrigant, c'est de voir ce fruit proposé sur les étals à des prix qu'on peut qualifier d'exorbitants. Mercredi, le jour même où j'ai contacté le cultivateur de Medjez El Bab, j'étais du côté du marché Lafayette, et quelle fut grande ma surprise, en lisant le prix affiché du même melon : 980 millimes ! Quatre fois celui auquel a droit le producteur! Cette constatation m'a incité à faire le tour des étals et j'ai relevé ainsi que le prix du poivron était de 1d,280, alors qu'au marché de gros, il ne dépassait guère les 700 millimes. Le cultivateur le vend sur place à 400 millimes. De telles pratiques sont le moins qu'on puisse dire anormales et il y a sans doute quelque chose qui ne tourne pas rond dans le circuit de distribution entre le producteur et le consommateur. Il semblerait que du côté des détaillants, en complicité avec les intermédiaires du marché de gros, il y a des astuces qui échappent aux contrôleurs du ministère du Commerce et ceux des services municipaux. Les quittances établies sont la source du mal, et c'est à ce niveau qu'il faudrait être plus vigilant.
Bref, pour revenir à nos malheureux producteurs, aujourd'hui en plein dans la tourmente, on doit reconnaître que de leur côté, il y a plein de choses à revoir, mais cela suppose qu'ils aient une vraie organisation syndicale qui soit là pour veiller sur leurs intérêts afin de les accompagner et de les conseiller.
Ils sont, à vrai dire, en manque de repères et d'indicateurs leur permettant d'anticiper de telles situations.
Manque de conseils et de repères. Ainsi, plusieurs d'entre eux, qui étaient au départ producteurs de tomates destinées à la transformation, ont choisi de quitter ce créneau humiliant du fait du traitement de certains transformateurs. Ils ont mal calculé leur coup jugeant mal la capacité d'absorption du marché des fruits, ce qui est la cause de ce qu'ils sont en train de subir.
Faute d'encadrement adéquat, de statistiques et de prévisions, on continue à travailler dans le secteur agricole en général et dans le maraîchage en particulier selon les anciennes pratiques qui ont fait leur temps. Aujourd'hui, un minimum de planification est exigé pour éviter de se retrouver avec des milliers d'exploitants sur la paille. Cela est du ressort des Crda qui doivent établir des plans pour leurs régions respectives et, s'il le faut, imposer des quotas pour chaque périmètre irrigué et chaque exploitant en tenant compte de la superficie globale et de celle de chaque maraîcher.
Ils ont les moyens de le faire puisque ce sont eux qui distribuent l'eau. Une telle planification devra bien sûr tenir compte de la moyenne de la consommation du pays de tel ou tel produit. Il va sans dire qu'une telle initiative doit avoir l'aval de la tutelle qui devra faire la coordination entre les Crda des différentes régions. Il faut faire travailler ces centaines, voire plus, de techniciens et d'ingénieurs dont bon nombre occupent les bureaux, alors que leur vraie place est dans les champs.
Une telle opération devrait normalement associer les deux syndicats agricoles pour plus d'efficacité, mais comme ils sont en rupture de communication avec les agriculteurs et leurs soucis semblent être ailleurs, il est douteux qu'ils puissent être d'un quelconque apport ou de pouvoir servir de courroie de transmission entre les producteurs et les pouvoirs publics.
La planification, qu'on le veuille ou non, est un impératif pour le secteur agricole dans sa globalité et pour chaque sous-secteur. Elle nous évite de nous retrouver dans des situations de sous-production, comme celle connue en hiver en pomme de terre, oignon et autres légumes de saison, et de surproduction, telle que vécue de nos jours par les producteurs de pastèques et de melons, ce qui ne manquera pas de laisser des séquelles qu'on aura certainement à vérifier l'été prochain.


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