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Sous les meilleurs auspices !
Saison agricole
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 03 - 2015

Les pluies des mois de février et mars sont une véritable bénédiction du ciel. La saison agricole s'annonce en conséquence excellente en céréaliculture comme en produits maraîchers. Mais dans ce secteur stratégique, il y a tant de problèmes qui méritent une attention particulière et des situations qui exigent la sollicitude du gouvernement pour venir en aide aux agriculteurs qui ont tout perdu à cause des dernières crues de la Medjerda
Les pluies abondantes qui ont arrosé le pays au mois de février et qui ont continué en ce début du mois de mars permettent d'entrevoir une saison agricole plus que satisfaisante, toutes cultures confondues. Pour les céréaliers, on ne peut espérer meilleure pluviométrie, notamment au Nord et au Nord-Ouest, considérés comme les greniers de la Tunisie. La sécheresse de l'automne n'est qu'un mauvais souvenir. Les champs verdoyants des plaines du Nord augurent d'une bonne récolte. Plus d'un céréalier estime que les quantités de pluie jusque-là enregistrées peuvent suffire jusqu'à la fin de ce mois, réputé crucial pour ses caprices et l'irrégularité des précipitations qu'on observe souvent avec anxiété. En dépit des dégâts causés par les crues des rivières, surtout la Medjerda, vers la fin du mois de février et qui ont touché plusieurs centaines d'hectares dans la basse vallée de ce grand cours d'eau, on estime que les bienfaits des pluies enregistrées ne sont pas à démontrer et l'on espère une petite accalmie pour pouvoir continuer les travaux, notamment pour l'épandage des désherbants qui prend cette saison du retard en raison de l'abondance de la pluie. Mehdi, petit exploitant du côté de Medjez El Bab, qui pratique de la céréaliculture et du maraîchage du côté de la Medjerda, commence déjà à se frotter les mains et n'hésite pas à mettre les paquet, ne lésinant aucunement sur les moyens pour s'assurer un meilleur rendement.
Certes, rien n'est encore sûr, mais plus de la moitié du chemin est déjà accompli, avec une récolte dont une bonne part est assurée, même si d'ici les moissons le ciel se fera avare.
Dans la région de Oued Zarga en allant vers Béja, où l'on cultive les légumineuses (fèves, petits pois), Youssef, agriculteur depuis son jeune âge, affirme que les rendements de ces dernières seront excellents pour ce printemps. Et avec le renchérissement des prix, il y a de quoi être satisfait, mais il y a lieu de s'attendre dans les deux semaines à venir à une baisse consistante du prix de ces deux produits tout comme celui de l'artichaut qui couvre des centaines d'hectares dans la vallée de la Medjerda et dans plusieurs périmètres irrigués du côté de Goubellat, et Laâroussa notamment.
Une saison exceptionnelle, mais...
L'année agricole 2014/2015 peut être qualifiée d'exceptionnelle à tout point de vue, même si pour certains produits agricoles — notamment maraîchers — on demeure circonspect et étonné quant à leurs prix sur les étals. Celui des oignons, et à un degré moindre de la pomme de terre, ne cadre nullement avec leur coût de revient. De l'avis même des exploitants, le prix de l'oignon est excessif. Ces mêmes exploitants affirment qu'a 800 millimes le prix du kilo d'oignon, ils rentrent dans leurs frais et dégagent des bénéfices conséquents, partant du fait que ce légume n'exige que peu de travail et point d'engrais. Pour la pomme de terre, c'est plus compliqué mais son prix demeure tout de même élevé. La responsabilité en cela est partagée entre le producteur qui n'hésite pas à placer la barre assez haut, partant du constat que l'offre est en deçà de la demande, et le reste de la chaîne des intervenants.
Le renchérissement des prix des produits maraîchers de cette année devra donner matière à réflexion aux décideurs afin de trouver des solutions à même de satisfaire producteurs et consommateurs. Cette parenthèse fermée et pour revenir à notre sujet, signalons que plus d'un problème demeure en suspens pour certaines activités agricoles. L'exemple de la tomate destinée à la transformation est de ce point de vue édifiant. La dernière décision prise fixant le prix du kilo à 147 millimes est loin de satisfaire les producteurs qui, depuis des années, demandent la révision du prix de ce produit. D'ailleurs, la plupart d'entre eux maintiennent leur décision de ne plus cultiver ce légume délicat et qui exige une attention de tous les temps et des charges qui n'ont de cesse d'augmenter.
Dans la région de Medjez El Bab, à peine 20% des cultivateurs de tomates sont déjà à pied d'œuvre avant de procéder au repiquage des plants. Pour le reste, on estime avoir retenu la leçon pour ne plus renouveler l'expérience des précédentes saisons, surtout celle de 2014 qui leur a été fatale et où la plupart ont laissé des plumes avec des prêts contractés auprès de plusieurs parties et qu'ils auront à traîner pendant des années.
Cette question mérite une intervention urgente de la part du gouvernement, affirment les exploitants qui, malgré leur dépit, attendent toujours un geste de la part de l'Etat pour leur redonner cet espoir qu'ils ont perdu. D'un autre point de vue, un pays producteur de tomates comme la Tunisie ne pourra pas se permettre le luxe d'importer le concentré de tomate dont la logique veut qu'il en soit exportateur. Cela dit, et en attendant une intervention de l'Etat pour en finir avec ce problème, il y a toujours quelque part des éléments d'espoir et de satisfaction dans un domaine aussi stratégique que l'agriculture et qui dépend en grande partie des conditions climatiques qui ne sont pas toujours favorables. Pour cette année, l'on peut estimer, — et ceci est tout à fait partagé par nos interlocuteurs agriculteurs — que la saison, toutes cultures confondues, sera de loin meilleure que la précédente et celle d'avant.
Les quantités d'eau dans les barrages sont très importantes et permettent, en cas de déficit pluviométrique au mois d'avril, de recourir à l'irrigation d'appoint pour les céréales, ainsi qu'une extension des superficies du maraîchage pour les légumes et fruits d'été (melons, pastèques, poivrons, haricots, etc.).
Ces cultures ont de nos jours la préférence des maraîchers vu leur rentabilité et la facilité de leur écoulement. Les Matoussis, maîtres-maraîchers de Medjez El Bab et des régions environnantes, sont déjà à l'œuvre dans les champs, qui n'attendent qu'un répit climatique pour être plantés. Plusieurs d'entre eux, dont les terres ont été submergées par les dernières inondations, n'ont pas attendu longtemps pour trouver des solutions de rechange en louant au prix fort dans les périmètres irrigués de Goubellat, Laâroussa ou Testour.
Ils seront sans doute récompensés dans leurs efforts, eux qui ont beaucoup perdu cet hiver, à cause de la dernière crue. L'un d'entre eux, Med Salah Brini s'est retrouvé en un clin d'œil sur la paille, après avoir dépensé plus de 21 mille dinars dans la culture de plus de trois hectares de pommes de terre dont plus de la moitié sous forme de traites auprès d'un fournisseur. Et il n'est pas le seul à se retrouver dans pareille situation. Ils sont, rien qu'à Medjez El Bab, plus d'une cinquantaine, pour la plupart des petits exploitants. La pluie aussi bénéfique qu'elle soit ne fait pas que des heureux !


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