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Où va nous mener cette gabegie ?
Tribune
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 09 - 2015


Par le Colonel (r) Boubaker BENKRAIEM*
J'appartiens à la génération de l'indépendance qui a vécu sous le colonialisme et connu les exactions, les brimades, les emprisonnements, les injustices et tous les excès. Et malgré tout cela, nous avons survécu, travaillé dur et participé à la mise sur pied d'un Etat avec toutes ses composantes, nonobstant nos très faibles moyens. Nos concitoyens ne peuvent nous croire lorsque nous leur disons qu'en 1956, lors de l'indépendance, dans notre pays qui comptait un peu plus de trois millions d'habitants, l'enseignement secondaire n'était dispensé que dans sept ou huit lycées au maximum.
Bien que le jeune Etat manquait de cadres dans tous les domaines, j'ai opté, avec une centaine de mes camarades, pour le plus dur, le plus difficile, le plus pénible mais le plus noble des métiers, celui des armes et cela pour défendre mon pays et protéger son indépendance qui a nécessité le sacrifice de plusieurs centaines de martyrs. Les générations suivantes qui n'ont pas connu pareille situation ont trouvé un pays en pleine transformation, en permanente progression et en continuelle et rapide avancée vers le développement.
La Tunisie, comme tous les pays du monde, a connu des hauts et des bas et a traversé des périodes plus ou moins difficiles. Cependant, contrairement à d'autres pays qui étaient dans la même situation que nous mais qui disposaient de moins de cadres que notre pays, nous avons, grâce au génie de Bourguiba, à sa clairvoyance, à son charisme, à son prestige, à sa très forte personnalité et à sa vision prospectiviste et judicieuse, nous avons fait d'énormes avancées dans le domaine social, dans l'enseignement et dans le bien-être de la population.
Pour ma part, ayant choisi le métier des armes, je me suis trouvé, après ma sortie de l'Ecole militaire de St Cyr, sur la frontière tuniso-algérienne, alors que la guerre d'indépendance de l'Algérie entamait sa quatrième année. Notre armée nationale s'enorgueillit du fait de s'être constituée par ses propres moyens, avec ses propres enfants dont une bonne partie provenait de l'armée française, sans conseillers et sans experts étrangers du fait de la présence des Katibas de l'ALN algériennes implantées en Tunisie.
Compte tenu de nos moyens financiers limités et des priorités dans le financement des projets, surtout à caractère social, le président Bourguiba a décidé de ne pas faire de grosses dépenses dans l'armement. Cependant, il n'a lésiné en rien pour permettre à ses officiers de se former dans les plus grandes écoles militaires occidentales, ce qui nous a donné cette culture de républicanisme et de légalisme qui caractérise la spécificité de l'Armée tunisienne, cette culture que nous avons inculquée et transmise à nos jeunes, les chefs de l'armée d'aujourd'hui. C'est pourquoi notre armée nationale a toujours été fidèle à sa devise Dévouement à la Patrie et fidélité à la République.
Des années sont passées. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et que d'évènements, positifs et négatifs, ont eu lieu dans notre pays.
Le 14 janvier 2011, la Tunisie a réussi, aux moindres frais, sa révolution, celle de la liberté et de la dignité. L'armée nationale, que le peuple tunisien respecte et affectionne pour les services qu'elle rend et qu'elle a toujours rendus, pour la disponibilité qu'elle démontre à chaque fois que le pays en a besoin, et pour son soutien à la révolution de la jeunesse.
Faut-il signaler que les régimes du président Bourguiba comme celui de Ben Ali ont, en reconnaissance aux capacités et aux compétences de nos cadres militaires, fait, à plusieurs reprises, appel aux officiers supérieurs et généraux de l'armée nationale pour assumer de hautes responsabilités civiles, souvent dans des circonstances particulières ou délicates, telles que PDG, directeurs généraux, gouverneurs, ambassadeurs et même ministres. Ils l'ont été grâce à la formation polyvalente qu'ils ont reçue dans ces grandes écoles militaires, que ce soit en France, aux Etats-Unis, en Italie, en Grande-Bretagne ou en Allemagne. Pour éclairer nos concitoyens, est-il bon de rappeler que l'officier passe le tiers de sa carrière en stages et en formation. Et là où ils ont servi, nos camarades n'ont laissé que de bons souvenirs et n'ont obtenu que de brillants résultats.
Il y a quelques semaines, et pour des raisons propres aux autorités compétentes, un médecin colonel de l'armée nationale a été désigné à la tête de l'établissement hospitalo-universitaire Habib-Bourguiba à Sfax. C'est alors que le syndicat de base de cet hôpital intervient pour émettre un avis défavorable quant à cette nomination sous le prétexte fallacieux et incroyable celui de « la militarisation d'un secteur civil, la santé publique » et la crainte de tomber sous la coupe de la juridiction militaire, le tribunal militaire permanent, en cas de faute commise par le personnel médical ou paramédical. Je voudrais dire à ces messieurs du syndicat que ce qu'ils avancent est absolument faux et relève de la pure démagogie et cela prouve, d'une part, qu'ils n'ont pas effectué leur devoir du service national et que d'autre part, ce médecin-colonel ne peut servir dans un autre département ministériel qu'une fois en position de détachement, et c'est ce qui s'est passé et que, par conséquent, il est obligé de suivre la réglementation civile appliquée par le ministère de la Santé et il ne pourra, en aucun cas, appliquer la règlementation militaire. Cette incompétence est due, certainement, au fait que ces messieurs n'ont pas eu la chance et ne se sont pas présentés en vue de l'accomplissement du service militaire, ignorant tout de l'institution militaire et de ses règles de fonctionnement et qu'ils ont beaucoup à apprendre quant à leur devoir vis-à-vis de la patrie. D'autre part,
- ce médecin-colonel qui a une très grande expérience et de grandes qualités professionnelles, morales et sociales, est capable de rendre d'éminents services à cet établissement hospitalier,
- ce médecin-colonel appartient à la même armée nationale qui, moins d'un an après sa création a, au cours d'un accrochage avec l'armée française qui poursuivait, le 31 mai 1957, en territoire tunisien, dans la région d'Ain Draham, des combattants de l'ALN, subi la perte de huit martyrs,
- ce médecin-colonel appartient à la même armée nationale qui, de 1956 à 1962, a occupé les soixante postes implantés le long de la frontière tuniso-algérienne, allant de Tabarka jusqu'à Bordj El Khadra pour empêcher les incursions des commandos français en territoire tunisien, et ce, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie,
- ce médecin-colonel appartient à la même armée nationale qui s'est battue le 8 fév. 1958 à Sakiet Sidi Youssef et le 25 mai 1958 à Remada contre la puissante armée française,
- ce médecin-colonel appartient à la même armée nationale qui, du 19 au 22 juillet 1961, a sauvé l'honneur des Tunisiens en n'abandonnant pas la ville de Bizerte malgré l'utilisation de l'armada de la quatrième armée au monde, grâce au patriotisme d'une dizaine de jeunes officiers dont l'âge ne dépassait pas les 25 ans et dont l'expérience était presque nulle. Ils ont résisté, grâce au courage et à l'esprit de sacrifice de leurs hommes, dans la médina de Bizerte, jusqu'au cessez-le-feu ordonné par le conseil de sécurité de l'ONU,
- ce médecin colonel appartient à la même armée nationale qui, depuis décembre 2010, est en situation opérationnelle de guerre et qui, alors que nos concitoyens dorment tranquillement chez eux, la nuit, nos vaillants soldats sont, depuis quatre ans, jour et nuits dans les montagnes du Chaâmbi, d'Ourgha, de Schamama, à pourchasser les terroristes, ou dans les postes sahariens de Dhibat, de Lorzot, de Sidi Toui, de Bordj El Khadra, de Ksar Ghilane, de Rjim Maatoug, de Douz, de Bir Aouine, et d'ailleurs... à protéger nos frontières et à veiller sur notre sécurité,
- ce médecin colonel appartient à la même armée nationale qui a eu, il n'y a pas si longtemps, de nombreux martyrs au Chaâmbi et ailleurs, pour que le Tunisien garde son modèle de société et vive libre et indépendant,
- et la liste est longue et même très longue.
Cette prise de position du syndicat, vis-à-vis d'un officier supérieur de l'armée nationale, compétent et expérimenté, est de nature à toucher au moral des officiers de l'armée nationale en activité de service et les laisse perplexe par ce comportement irresponsable qui risque de se répéter dans d'autres circonstances alors que nos unités font face, quotidiennement, à la nébuleuse terroriste et ont besoin du soutien moral de tous les Tunisiens.
Aussi, je relève, avec grand regret, que personne parmi la classe politique ou les médias, le 4° pouvoir, ou les associations de la société civile n'a réagi à ce comportement inquiétant et irresponsable de ce syndicat.
Enfin sachez, messieurs du syndicat que ce médecin colonel est bel et bien tunisien, fait partie de l'élite de l'armée nationale Tunisienne et n'est pas un mercenaire. En dirigeant cet hôpital, il est capable de rendre d'éminents services à nos concitoyens qui ont besoin de tant de sollicitude, d'attention et d'égards. Aussi, le motif que vous avez invoqué est nul et non avenu et n'a aucun sens parce que vous ne pouvez pas juger quelqu'un sur des présomptions. D'ailleurs, la traduction devant le tribunal militaire n'est pas chose simple ou facile parce qu'elle a des règles et elle implique le ministre de la Défense nationale. D'autre part, avez-vous jamais entendu parler d'un seul des nombreux officiers qui ont été désignés durant toutes ces années , à la tête d'Institutions civiles, appliquant les lois et les règles militaires et essayer de militariser l'Institution en question. Drôle d'argumentation, pauvre Tunisie !! Et puis, que veut dire militariser une Institution : la rigueur — le respect des personnels, des lois et des règles — le sens des responsabilités- l'intérêt général ? Si c'est cela la militarisation des Institutions civiles, eh bien, que Dieu militarise toute la Tunisie et pour l'éternité !!!
Cependant, la désignation d'un directeur d'établissement hospitalier est un acte politique et administratif et le syndicat n'est concerné, à ma connaissance, que par les questions sociales. Enfin, j'éprouve un profond sentiment d'amertume et de grand regret pour mon pays qui est tombé, par pareil comportement, aussi bas.
S'il vous plaît, messieurs, un peu de décence quand même, n'immiscez pas l'Armée Nationale dans vos querelles avec le pouvoir !! Aussi, n'ajoutez pas de l'huile sur le feu, notre pays est presqu'à genoux, cela ne suffit pas ? Et la Centrale syndicale, que pense–t-elle de tout cela ? Peut-être, par les temps qui courent, les rôles et la hiérarchie se trouvent inversés !!!! Que Dieu garde et protège la Tunisie éternelle.
*Ancien sous–chef d'état major de l'armée de terre, ancien gouverneur


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