Tunisie : lancement de l'exercice militaire multinational ''African Lion 2026''    Ne rate pas l'opportunité : conditions pour un prêt de 10 000 dinars sans intérêts    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    Pourquoi un enfant de 4 ans ne doit-il pas apprendre la lecture trop tôt ?    Météo en Tunisie : températures en légère hausse    Hajj 2026: jusqu'à 26 000 $ d'amende, Riyad durcit drastiquement les règles    À quelle heure se joue Sundowns–Espérance en demi-finale retour ?    Fierté tunisienne : Jaouadi, la révélation de l'année    Tunisie : versement des aides sociales activé officiellement    Visite nocturne surprise de la ministre de la Justice à Ben Arous    Pourquoi l'UBCI ne rachètera pas le CFE - DAAM TAMWEEL ?    Apple alerte : arnaques massives visant les utilisateurs d'iPhone    Crise du carburant : le transport aérien mondial en alerte    Passerelles Savoirs-Médias : la FTDJ, SavoirsEco et Expertise France engagent une dynamique inédite pour rapprocher recherche et médias en Tunisie    Emanciper aussi les hommes: la révolution inachevée du féminisme tunisien    Hervé Kamdem nommé Directeur Général de Philip Morris International en Tunisie et Libye    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    QNB publie des résultats solides au premier trimestre 2026 malgré un contexte régional tendu    Etude : une sœur "bavarde" protège du stress et améliore le bien-être    Carrefour Tunisie célèbre les 25 ans de ses hypermarchés avec plus de 200 000 dinars de gains et des offres exceptionnelles chaque jour    Météo en Tunisie : pluies éparses parfois orageuses au nord et au centre    Le Géoparc Dahar inscrit sur la liste des géoparcs mondiaux de l'UNESCO    Centenaire de Youssef Chahine : L'ESAC et l'ATPCC organisent un séminaire à Gammarth    Avis aux étudiants tunisiens, découvrez le guide 'Etudes à l'International — Edition 2026'    Agil Energy met à l'épreuve ses dispositifs de gestion de crise lors d'une opération blanche à dimension internationale    Riadh Zghal: L'IA, une opportunité pour l'innovation et la révision de la pédagogie universitaire    Où voir en direct Bayern Munich vs Real Madrid et à quelle heure ?    Agil Energy met à l'épreuve ses dispositifs de gestion de crise lors d'une opération blanche à dimension internationale    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Université tunisienne: qui fait quoi? Repenser la gouvernance    Korbous : un projet touristique pour faire de la station thermale tunisienne un joyau méditerranéen    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Habib Touhami: Quand le Plan s'appelait Tas'mim تَصْمِيم    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Tahar Ben Lakhdar - Sadok Belaïd,L'architecte silencieux d'une réforme qui a changé la Tunisie: Comment la réforme des études d'ingénieurs des années 1990-1991 a refondé le paysage de l'enseignement supérieur tunisien    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Saïed ou l'antisystème politique classique
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 10 - 2020

Les deux derniers sondages politiques du mois d'octobre ne donnent pas le même taux d'intention de vote pour le Président Kaïs Saïed. Une différence de plus de 16 points mais, néanmoins, un fait partagé : Saïed reste de loin premier dans les sondages et de loin le plus «aimé» par les Tunisiens par rapport aux autres acteurs politiques. Indétrônable dans sa position malgré une conjoncture socioéconomique des plus austères, sans oublier le climat de pessimisme qui règne et le féroce clivage politique sur la scène nationale, il constitue un cas intéressant d'exploration. Comment expliquer politiquement ce phénomène ?
D'abord, on note quand même un recul progressif, mais pas criard, de la popularité de Saïed après sa première année de mandat. Mais cela reste insignifiant par rapport aux autres partis et personnages politiques qui n'ont plus de poids signifiant. Forcément, cette position avantageuse n'est pas fortuite, sachant que son électorat compte toujours des jeunes, des moins jeunes, des gens de droite et de gauche, des apolitiques, des intellectuels et des illettrés, des femmes et des hommes (on peut aller encore dans les critères). Il est clair que Kaïs Saïed incarne encore, en termes de perception (véritable mécanisme déterminant dans les sondages), l'image d'un dirigeant politique intègre, soucieux du respect de la Constitution (sa vocation d'enseignant universitaire est toujours là dans les esprits), équitable et surtout l'image d'un antisystème politique classique. Il est en quelque sorte un «néoconservateur» hostile aux partis et à la famille politique qui règnent depuis 9 ans déjà. Il joue sur les contradictions et les ratages en tous genres (économiques, éthiques et bien sûr politiques et médiatiques) de ses rivaux qui lui offrent, chaque jour, des cadeaux. En plus, il est grand gagnant, contrairement à ce qu'on dit, des conflits avec les partis au pouvoir. Il ne mâche pas ses mots envers tout le monde, et parle indirectement au nom du Tunisien (qui a voté ou qui s'est abstenu) exaspéré par la crise économique et la mauvaise gouvernance. Avec un petit pouvoir exécutif, Saïed bâtit, malgré des ratages et surtout un manque d'initiative, une image et un projet qui rompent avec ce pseudo-régime actuel où toutes les tares constitutionnelles sont permises sur fond de petits calculs. Pour certains, son discours est caduc, ses déclarations versent même dans les généralités, mais aussi pour les gens qui l'apprécient, il dit tout haut ce que tous les autres disent tout bas. Plus qu'un simple président, c'est un personnage, aux yeux des votants, qui ne fait pas de calculs et qui ne change pas de principes sous peine d'être accusé d'obstination et d'inflexibilité. Il parle direct, il ne ménage personne, il côtoie l'homme de la rue (le détour qu'il a fait au cours d'une visite à Bizerte est un exemple édifiant), et le tout avec des messages affectifs qu'il sait choisir et un style réfléchi, contrairement à ce que pensent ses détracteurs. Kaïs Saïed sait parfaitement où il veut aller, il a un plan de route clair et se met à l'heure des présidents dits «populistes» mais qui ont un discours cassant et efficace.
Maintenant, peut-il, à l'usure, surclasser le parlement et ses rivaux politiques pour imposer son projet politique ? Pour le moment, il jouit encore de la confiance et de l'assise populaires qui lui permettent d'être confortablement assis sur son siège. Faute de rivaux crédibles, Saïed, aussi mystérieux et imperturbable qu'il est, peut encore survoler les sondages s'il s'aguerrit plus politiquement. Cela dit, il impose un nouveau genre de politique qui fuit l'idéologie, le clivage sec et qui se soucie plus de la moralité, de l'équité et de l'idée sacrée de l'Etat protecteur et justicier de ses citoyens. Ses concurrents, s'il en existe vraiment, vont suer s'ils continuent de vouloir le déstabiliser via les naïves campagnes médiatiques, notamment sur les réseaux sociaux. Autant ils s'enlisent, autant il consolide, lui, son leadership malgré tout.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.