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Qu'est devenu le berceau du « Printemps arabe » ?
Débat
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 01 - 2016

« Les révolutions sont planifiées par les hommes intelligents, menées par les audacieux et n'en profitent que les imbéciles »(Néjib Mahfoudh)
« La révolution tunisienne et l'avenir du printemps arabe », tel est le thème d'une conférence-débat qui s'est tenue, hier matin, dans la capitale, par le Centre des études stratégiques et diplomatiques (Csds). La manifestation s'inscrit dans le cadre des festivités commémorant le 5e anniversaire de la révolution du 14 janvier 2011. Cinq ans déjà, ce processus transitoire mérite, aujourd'hui, d'être passé en revue. Et que toute lumière soit faite sur ses épopées, ses moments forts et les événements ayant marqué son évolution. Mais, peut-on, en ces temps, mesurer son impact à l'échelle locale, ainsi que ses répercussions sur la région tout entière ?
Le président du Csds, l'ex-ministre des Affaires étrangères, M. Rafik Abdessalem, a abordé cette question en se référant aux grandes mutations géopolitiques qui continuent à reconfigurer le monde arabe. Ainsi, de la Libye à l'Egypte, en passant par la Syrie, la révolution tunisienne est considérée comme le berceau du printemps arabe. Voire, qualifie-t-il, l'exception historique qui a, extraordinairement, inspiré la volonté de changer et poussé à l'insurrection contre les régimes totalitaires imposés dans la région. Selon lui, en dépit des cabales politiques, des divergences idéologiques et des difficultés de parcours, la Tunisie semble arriver à bon port. Ce brin d'optimisme s'explique, enchaîne-t-il, par le caractère consensuel dont se distinguent le mode de gouvernance et la manière de réagir face aux crises. Une telle transition politique a valu au pays tous les honneurs du monde, en attribuant, à sa société civile, le prix Nobel 2015 récemment décerné au Quartette du Dialogue national. Reste, à ses dires, que la démocratie n'est guère la clé de voûte de tous les problèmes, mais un moteur propulseur aidant à aller de l'avant.
Le poids du passif
De son côté, l'ancien candidat à la présidence, M. Hammouda Ben Slama, a relevé que la révolution tunisienne n'est pas née du néant. D'autres agissements et mouvements militants (les émeutes du pain en 1984, le soulèvement du bassin minier en 2008) lui avaient défriché le terrain et balisé la voie à son avènement. Et de souligner que le vent du printemps arabe avait, presque, soufflé de la même façon, à quelques exceptions près. C'est pourquoi, estime-t-il, que dans la région, cet élan révolutionnaire a un dénominateur commun. Mais, à chaque pays sa situation. Dans le cas de la Tunisie, parlons-en avec précaution, fait-il remarquer. Cette sensibilité de dire les choses telles qu'elles sont est due, à l'en croire, à une certaine réalité critique. Pour donner plus de détails, il s'est cantonné à reprendre la citation de Néjib Mahfoudh, homme de lettres égyptien : « Les révolutions sont planifiées par les hommes intelligents, menées par les audacieux et n'en profitent que les imbéciles opportunistes... ». Pour M. Abdelwahab Afendi, il y a une toute autre théorie selon laquelle les affamés ne font jamais les révolutions. En d'autres termes, les pauvres et les marginalisés n'ont aucun privilège face aux nobles, les artisans des mouvements. Mais, selon d'autres, l'histoire des nations ne nous a guère raconté une seule révolution des riches. L'intervenant s'est, ensuite, rétracté pour qualifier l'exemple tunisien d'exception. Certes, les révolutions arabes se démarquent par leur forme plurielle dont le passage à l'acte a été dicté par un réveil collectif continu.
Révolution = objectifs atteints
De quel printemps arabe parle-t-on ? Telle est la question posée par M. Mounir Chafik, qui n'a même pas voulu l'appeler ainsi. Son explication des faits puise dans une lecture d'évaluation post-révolution, en fonction de ce qui s'est réalisé au bout de cinq ans. Car, pour lui, on ne peut pas considérer ce qui se passe dans notre monde arabe comme des actes révolutionnaires si rien n'a changé en réalité. En clair, une révolution tire ses lettres de noblesse des objectifs qu'elle a atteints. Pourquoi la révolution tunisienne est-elle perçue comme une exception, alors qu'elle n'a pas, jusque-là, accompli sa mission? Selon lui, l'expérience tunisienne, au même titre que celle vécue en Egypte, a fini par faire tomber le régime et opérer de nouveaux équilibres des forces au pouvoir. De même, « le miracle tunisien » semble avoir trouvé succès grâce à son armée nationale. Cette armée, explique-t-il, s'est dressée aux côtés de son peuple. Cette thèse de réussite et d'échec a été contredite par le philosophe tunisien Abou Yaârab Marzouki. D'autant que la célébration de la révolution demeure aussi circonstancielle, voire « un relevé du compte » des réalisations. Un bilan, a posteriori, pour le présent et pour l'avenir, en quelque sorte. Pour lui, la révolution est un acte permanent qui se mesure par son effet bâtisseur. Volet acquis, il n'y voit qu'un échec cuisant. Cela dit, faute d'un rapport conscience collective-conditions d'objectifs. Tout compte fait, il est dérisoire de dire que la révolution tunisienne est réussie, conclut-il.


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