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Mes odyssées en Méditerranée: Cachez-moi ces images que je ne saurais voir…
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 04 - 2021

Nous en sommes où dix mois après la conversion de la cathédrale de Sainte Sophie en mosquée ?
Dix mois après mon article du 17 juillet 2020 paru dans « La Presse » et portant comme titre « Une gifle à la culture universelle : l'ancienne basilique de Sainte Sophie redevient mosquée», j'ai voulu me renseigner sur l'évolution de la situation et revenir sur le triste destin des mosaïques byzantines.
Mais revenons sur les faits. 86 ans après la conversion de Hagia Sophia en musée, qui a eu lieu par décret de Mustafa Kemal Atatürk en 1934, le lieu de culte chrétien le plus important à l'Est de la Méditerranée est devenu une fois de plus une mosquée, la mosquée Aya Sofya.
Deux semaines plus tôt, le Conseil d'Etat turc avait annulé le décret d'Atatürk. Le même jour, le président Erdogan, par son propre décret, avait rouvert la basilique au culte islamique et, vendredi 24 juillet 2020, il avait participé à la première prière dans la basilique convertie à l'islam. Comme rapporté par tous les médias nationaux et internationaux, la date choisie n'était pas fortuite car le 24 juillet 1923, par le traité de Lausanne, les puissances victorieuses avaient mis fin à l'Empire ottoman. La succession des mesures prises par le gouvernement turc en dit long sur l'équilibre des relations entre autorité politique et autorité religieuse…
De la tradition chrétienne et comme promis par le président turc, Hagia Sophia aurait dû préserver la beauté des mosaïques byzantines. Toutefois, dix mois après, on se rend vite compte que les touristes peuvent accéder à la mosquée, mais seulement dans certaines zones à eux réservées et que les uniques mosaïques byzantines sont désormais couvertes de draps blancs, pendant les heures de prière. Les mosaïques, qui sont ensuite situées sur les planchers, elles aussi sont recouvertes par des tapis de couleur turquoise... Cachez-moi ces images que je ne saurais voir !
L'appel du patriarche de Belgrade, Irenei, selon qui Sainte Sophie aurait dû rester à la fois église et mosquée, comme preuve de symbiose historique, de tolérance et de confiance mutuelle entre les religions, est tombé à l'eau.
On a l'impression que la décision du président turc, plus que fondée sur des raisons religieuses, est dictée par la raison politique, elle doit être formulée à la suite de la crise économique interne, pour être contrée, en essayant d'attribuer au pays le rôle du pouvoir qui aspire à jouer un rôle géopolitique de premier plan dans le « monde musulman ». L'engagement militaire en Libye, qui a visé à contrer la domination de l'Egypte et de la Russie dans la région méditerranéenne, en est le témoignage le plus direct…
Pour cette raison aussi, l'interprétation de l'événement dans la logique du choc des religions est complètement trompeuse. La conversion d'Aya Sofya est bien plus qu'une simple conversion d'une basilique d'origine chrétienne en mosquée de culte islamique.
L'Eglise et la mosquée auraient dû rester l'une à côté de l'autre, comme symbole visible de tolérance et de confiance mutuelle. Toutefois, les autorités turques devraient comprendre que le dialogue interreligieux et interculturel n'a pas d'autre choix. Il reste la seule route, douloureuse, certes, souhaitable et indispensable, à condition qu'il y ait une prise de conscience des différences de l'autre. Le Palestinien Sami Aldeeb Abu-Sahlieh, auteur de nombreux essais sur les droits de l'Homme, tout en considérant le dialogue interreligieux comme une utilité objective pour maintenir les conditions minimales de paix dans le monde, avertit que le débat devrait s'enraciner, éthiquement, sur les principes de franchise absolue et, sur le plan juridique, sur le respect mutuel des droits de l'Homme.
En Sicile, par exemple, des images sacrées de l'Islam, des mosaïques ou des calligraphies évoquant le nom de Dieu situées dans des mosquées reconverties en cathédrales suite à la conquête de l'île par les chrétiens en 1061, ne sont pas effacées ou recouvertes par des draps blancs lors des manifestations religieuses.
Nous tous devons être conscients que le dialogue interculturel et interreligieux doit se faire dans un sens comme dans l'autre, et toute religion ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiques ou encore utilisée comme manipulation des masses si l'on ne veut plus un retour aux Croisades…


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