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On mérite souvent son succès
Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 08 - 2010


Par Khaled TEBOURBI
Il nous faut revenir sur les concerts de Lotfi Bouchnaq et de Ziad Gharsa à «Carthage». Pas pour en resouligner la qualité, collègues et confrères y ayant déjà pourvu, mais pour insister sur deux points encore:d'abord sur leurs énormes succès publics. Le plein comme pour les plus courues des stars libanaises, preuve, s'il en faut, que la réussite populaire n'est pas liée qu'au marketing audiovisuel, elle a aussi rapport avec le talent, le parcours et le mérite de l'artiste.
Certains de nos chanteurs, un peu (beaucoup), boudés à l'occasion de leur passage sur la scène du théâtre romain, se sont plaints (parfois de manière outrancière) de ce qu'on ne leur ait pas fait assez de publicité. Curieux : et le quota tunisien imposé par l'Etat ?
Et la multitude de spots, d'articles et d'émissions qui leur ont été consacrées ? N'était-ce pas de la promotion ?
On eût aimé qu'au lieu d'accuser le monde de tous les torts, les uns et les autres reconnaissent qu'ils sont, eux-mêmes, en partie responsables de ce manque d'audience. Pour monter sur une scène de prestige et pouvoir drainer la foule, il faut justifier d'un don naturel (en a-t-on suffisamment conscience ?), d'une expérience reconnue, surtout de capacités créatives.
Lotfi Bouchnaq, Ziad Gharsa, Sabeur Rebaï avaient ces atouts. Il n'a pas fallu ameuter la population pour qu'ils soient payés en retour.
Simple, logique : le reste n'est qu'excuses vaines, dépits, ego, refus de la vérité.
Comme ressurgi de nos gènes
Il y a ensuite à remarquer que ce public nombreux venu à la rencontre de Bouchnaq et de Ziad Gharsa était convié à deux récitals de musique classique tunisienne et arabe, la musique savante, supposée passée d'époque, celle qui ne s'entend que de performance, de recherche et d'écoute au vrai sens du mot.
Lotfi Bouchnaq, par exemple, proposait un programme dans la pure tradition musicale, basée sur le principe de la progression (attaderrej). Un samaï inaugural (morceau saâmet), puis un moachchah et un dawr sur le même mode, précédés d'un qacid-mawel improvisé, avant la chanson élaborée (al motqana), et la taqtouqua (mélodie d'entrain). On procédait de la sorte dans la Mecque mélomane des premiers siècles de l'Hégire (Farmer al-Asfahni) et ce fut la règle lors des joutes princières sous les Omeyyades, les Abassides, dans l'Andalousie de Ziriab, jusque (à l'évidence) au plus fort du grand éveil des années 1900-1930 en Egypte et par répercussion, au Machreq et au Maghreb. Et les auditoires, de génération en génération, y trouvaient non seulement leur plaisir mais veillaient encore à en sortir intellectuellement et spirituellement enrichis. Sorte de miracle avec Lotfi Bouchnaq au soir du 16 août, l'effet a également opéré sur la totalité des spectateurs. Un peu comme si le legs des ancêtres avait ressurgi du fin fond de nos gènes.
Même impression heureuse trois jours plus tard durant le spectacle Ana el mdallel de Ziad Gharsa. Il s'agissait, en substance, de malouf des mausolées (le malouf «jadd» par opposition au malouf «halss» de la poésie galante héritée de l'Andalousie) donc, d'une thématique musicale érudite.
Nonobstant «la nouveauté», un silence admiratif recueilli presque a accompagné le concert.
Moralité : on se trompe peut-être sur la longévité et l'ancrage de notre tradition musicale. Nous la croyons en difficulté, voire «en danger d'extinction». Or, sa transmission ne s'interrompt pas : fond identitaire tenace? Assurément. Ne négligeons pas non plus l'apport de nos chanteurs d'élite. C'est souvent parce qu'ils y mettent tout leur savoir et leur inspiration que la grande musique et le beau chant des origines ravivent encore nos mémoires et séduisent nos cœurs.
Adieu Hadj Kahlaoui
Mohamed Ferchichi nous a quittés la semaine dernière. Dieu le bénisse, il faisait partie de ce monde des années 60 où nous fîmes nos premiers pas dans le journalisme artistique. Ce n'était pas une star, mais quand il rejoignit la RTT pour renforcer sa chorale, il venait droit de la plus sûre école de chant à l'époque, celle de la soulamia. Il avait côtoyé les grands Sriti, Ben Mahmoud et l'inimitable Hmida Ajej, et beaucoup appris d'eux, surtout, se plaisait-il à le rappeler, aux nouveaux venus — qui «n'en avaient cure» — l'art du prononcé «makharej el hourouf», sans la maîtrise duquel nulle carrière de chanteur ne pouvait vraiment aboutir.
Et, de fait, au sein de l'orchestre de la RTT et au milieu de choristes - solistes de prestige, comme Mohamed Sassi, Mohamed Ahmed, Mohamed Lahmar, il se distingua par sa rigueur et ses belles tonalités graves et «médiouni», ainsi que par son expérience consommée du chant de groupe.
Mohamed Ferchichi eut un moment de gloire quand il chanta sa fameuse «Daggat Touboul el Farah». Ce moment s'est prolongé longtemps, et comme l'on est heureux de constater aujourd'hui que cette chanson est fredonnée encore. Le bel art ne meurt jamais. Chapeau ! Vous nous manquerez Hadj Kahlaoui.


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