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Nida Tounès s'enlise davantage
Conjoncture politique
Publié dans La Presse de Tunisie le 11 - 11 - 2016

Le dirigeant de Nida Tounès Abdessatar Messaoudi, qui a rencontré mercredi dernier Béji Caïd Essebsi, confie que «le président de la République ne désespère pas de recoller les morceaux du parti»
Le feuilleton Nida Tounès s'étire et s'allonge et ne donne pas l'impression de tirer à sa fin. De rebondissement en rebondissement, il s'englue dans des conflits inextricables. La guerre des clans et des ambitions continue de miner le parti cher à Béji Caïd Essebsi et toutes les tentatives pour sauver ce qui reste d'un parti en pleine décomposition, ont été vouées à l'échec. Annoncé comme étant un congrès consensuel, le congrès de Sousse organisé, au mois de janvier 2016, a fini par consacrer la rupture définitive entre les parties rivales et fractionner la direction qui en est issue. «L'épuration ethnique», pour reprendre les propos du membre fondateur Boujemâa Remili, a précipité la scission du mouvement avec la formation d'un nouveau parti, «mouvement Mashrou Tounès», autour de l'ancien secrétaire général, Mohsen Marzouk, et la constitution d'un nouveau groupe parlementaire, «Al Horra», formé des démissionnaires du groupe «mère». Depuis, les coalitions se font et se défont au gré des humeurs des uns et des autres et c'est le puissant directeur exécutif et représentant légal du parti, Hafedh Caïd Essebsi, qui, en s'emparant de la direction du parti, conduit cette broyeuse qui détruit tout sur son chemin. Ridha Belhaj, l'ancien directeur du cabinet présidentiel et membre fondateur du parti et éphémère président de l'instance politique issue du congrès de Sousse dont il était l'architecte, a fini par abdiquer. A son tour, le président du groupe parlementaire, Soufien Toubal, «accusé de corruption» risque de payer cher sa témérité et de se faire évincer de la présidence du groupe.
Bataille à distance
Le mouvement s'enlise dans une crise profonde et les parties s'interpellent à distance et s'accusent sans arriver à s'entendre. Ridha Belahj — qui se trouve à la tête d'un groupe de «réformistes» formé notamment de huit dirigeants, Boujemâa Remili, Ridha Belhaj, Naceur Chouiekh, Faouzi Elloumi, Khemaïes Ksila, Faouzi Mâaoui, Moncef Sellami et Abdelaziz Kotti —, a annoncé la création d'une «Instance nationale de sauvetage du mouvement Nida Tounès». Composée d'une trentaine de membres, elle a appelé à «une conférence nationale pour le 20 novembre afin de régler la crise». Elle désignera, selon Ridha Belahj, «un nouveau directeur exécutif en remplacement de Hafedh Caïd Essebsi, au cas où ce dernier ne répondrait pas favorablement à l'appel pour une réunion de l'instance politique».
Une bataille à distance est alors engagée entre le directeur exécutif de Nida Tounès, Hafedh Caïd Essebsi, et son prédécesseur Ridha Belhaj. Une bataille de repositionnement, d'intimidation, de démonstration de force. Les huit «dissidents», comme les appelle Essesbi Junior, ont saisi ce dernier par huissier notaire lundi 7 novembre, l'enjoignant d'appeler à la réunion de l'Instance en l'espace d'une semaine, sinon ils recourraient à la justice. En même temps, une pétition a été lancée et soumise à la signature des deux tiers des membres du parti pour réclamer une réunion de cette structure paralysée depuis plus de quatre mois. Belhaj et consorts rappellent que Nida Tounès est entré, depuis quelque temps, dans une crise de direction puisque son directeur exécutif (Hafedh Caïd Essebsi) a décidé de gérer seul le parti en écartant le reste des membres de l'Instance politique, affirmant que le groupe de la réforme et du sauvetage tient à ce que le directeur exécutif quitte toutes les fonctions qu'il occupe au sein du parti tout en gardant sa qualité de membre de l'Instance politique.
Pour sa part, Hafedh Caïd Essebsi qui se cantonne dans son fief au Lac dont il garde jalousement les clés, se dit ouvert à tout, mais sur la base des résolutions du congrès de Sousse. Il appelle à dépasser les divisions et les clivages en proposant aux «dissidents» de présenter leurs visions de réformes au sein du parti et non à l'extérieur, soulignant l'ouverture du mouvement sur toutes les opinions et propositions à condition de respecter les résultats du congrès consensuel de Sousse. Les «dissidents» doivent, selon lui, assumer leurs responsabilités nationales et historiques et faire prévaloir, en premier lieu, l'intérêt de la patrie tout en veillant à garantir la stabilité du mouvement et sa pérennité et à respecter son rôle d'avant-garde sur la scène politique nationale, à la lumière des campagnes de dénigrement qui n'ont pas empêché les structures et les militants de s'unir autour de sa ligne démocratique tracée par Beji Caïd Essebsi.
Hafedh Caïd Essebsi affirme, également, sa volonté de présider les meetings et les rencontres avec les structures de base locales et régionales de manière à être plus à l'écoute de la base en prévision des prochaines échéances politiques, notamment les élections municipales qui constituent, selon ses propos, «le cadre propice qui consacre l'action de développement en améliorant la qualité de vie du citoyen et en luttant contre la pauvreté, la marginalisation et le chômage, autant de facteurs auxquels on ne peut faire face qu'avec des solutions économiques et sociales efficaces, parallèlement aux efforts de lutte contre le terrorisme».
Ambitions croisées
Réponse du berger à la bergère, Belhaj et consorts ne l'entendent pas de la même oreille et l'appellent, d'abord, à démissionner de la direction exécutive. Un dialogue de sourds à distance qui ne fait qu'envenimer davantage une situation déjà fortement compromise.
Aujourd'hui, on est en face de trois ambitions croisées, celles de Hafedh Caïd Essebsi, qui se prévaut de la «légitimité» du congrès de Sousse, celle de Ridha Belhaj qui, en sa qualité de membre fondateur, revendique son droit de conduire le parti et celle de Soufien Toubal qui cherche à asseoir la primauté du groupe parlementaire sur les autres structures. Chacun affûte ses armes, peaufine ses plans et rassemble autour de lui. Et chacun avance ses arguments pour mettre son adversaire en difficulté.
Tout un symbole. Les trois dirigeants présents à la signature du «Pacte de Carthage» sont allés chacun de son côté. Hafedh Caïd Essbsi continue à asseoir son leadership sur le parti. Soufien Toubal vit sous la menace d'accusations et d'éviction de la présidence du groupe parlementaire et Moncef Sellami a rejoint Ridha Belhaj et Boujemaâ Remili.
Béji Caïd Essebsi ne désespère pas
Pendant ce temps, le président fondateur Béji Caïd Essebsi qui, quand il était à la tête du parti, a réussi, tant bien que mal, à contenir les velléités scissionnistes, est conscient que la crise de Nida a fortement impacté le paysage politique national et fragilisé l'équilibre instauré suite aux élections d'octobre 2014. Elle risque même de le rompre au profit du mouvement Ennahdha qui est déjà devenu le premier groupe parlementaire.
Le dirigeant de Nida, Abdessatar Messaoudi, qui l'a rencontré mercredi denier, nous a confié que «le président de la République ne désespère pas de recoller les morceaux du parti». Car, ajoute-t-il, «il pense qu'aucune autre formation ne pourra prendre la place de Nida ni l'effacer».


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