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La profession s'indigne
Polémique autour DES JCC
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 12 - 2016

La décision de ramener les JCC à leur cadence bisannuelle a provoqué une vive réaction de la part des professionnels qui se sont réunis au Rio, mardi soir. Compte rendu.
Oui, il s'agit bien d'un mouvement qui commence à prendre forme, c'est le moins qu'on puisse dire lorsqu'on assiste à la rencontre qui a eu lieu avant-hier au cinéma le Rio et qui a rassemblé des producteurs, des auteurs et des réalisateurs de cinéma. Il s'agit bien d'une réaction et d'une contestation suite à la décision de remettre les JCC à leur régime bisannuel. Rappelons que, lors de sa conférence de presse donnée mercredi 14 décembre au siège du gouvernement, le ministre des affaires culturelles a déclaré que les JCC se tiendront tous les deux ans à Tunis et que, pendant l'année où elles n'auront pas lieu, un autre grand festival de cinéma se tiendra dans l'une des régions de la République dans le cadre de la décentralisation.
La réalisatrice Hind Boujemaa qui a ouvert cette rencontre a précisé que si tout le monde était réuni, c'est bien pour constituer «un collectif» et «une vraie force» et de proposer au ministre, même par le biais d'une pétition, de maintenir les JCC à leur rythme annuel. Ensuite la réalisatrice a passé le micro à tous les présents dans la salle pour qu'ils proposent des idées à mettre sur le papier pour que le tout soit transmis au ministre.
«Quels sont les arguments pour maintenir l'annualité de ce festival ? Peut-on avoir une ébauche pour une solution qui arrangerait tout le monde?» Tels étaient les deux grands axes de la rencontre. «Personnellement, je considère que ce sont plusieurs pas en arrière qu'on effectue avec le retour des JCC à leur rythme biennal, dit Néjib Belkadhi, rappelant que beaucoup de producteurs et de réalisateurs se sont battus pour rendre les JCC annuelles. C'est aussi une décision qui a été prise d'une façon unilatérale sans aucune concertation avec les acteurs du métier. On a tout simplement appris les choses à la télévision. Je ne trouve pas non plus l'argument du manque de la production tunisienne assez solide. Tous les ans, le nombre de films tunisiens est en train d'augmenter et leur représentativité dans le monde ainsi que les prix qu'ils obtiennent nous font vraiment honneur. Tous les ans, le cinéma tunisien est en train de faire des progrès. De plus, comment peut-on tenir tête à des festivals comme le Caire et Dubai si nous organisons un festival tous les deux ans ? Rappelons que le festival de Dubai est en passe de se hisser à la Catégorie «A», ce à quoi les JCC ne pourront jamais prétendre s'ils retournent vers la bisannualité. Ce n'est pas parce qu'il y a eu un problème d'organisation qu'on va arrêter d'être compétitif. On peut également faire un festival moins sophistiqué mais avec un très grand prestige et désigner un comité permanent qui travaille sur toute l'année».
La délocalisation ne semble pas être un argument qui a convaincu l'assistance qui estime que les «JCC cities» et les JCC dans les prisons sont aussi une forme de décentralisation. Mais avant de penser à la question du passage à la catégorie «A» il faut réviser le statut juridique des JCC et son adhésion à la Fiap a rappelé Saida Bourguiba. «La décision de rendre les JCC annuelles a été prise sans mûre réflexion, dit Fethi Doghri, réalisateur... Deux personnes et un ministre ont pris cette décision. C'est ce qui a créé ces failles et a permis à ce ministre de les rendre bisannuelles. Il faut vraiment instaurer des assises et voir le pour et le contre de cette périodicité. La décision de l'annualité, selon moi, a été improvisée... C'était le fait du prince...».
Pour le producteur Habib Attia, les JCC, tous les ans, sont une émulation positive pour tout le secteur. «Je suis vraiment étonné de l'immobilisme des institutions face aux avancées que les films tunisiens sont en train de faire... Il s'agit d'un pas en arrière car il n'y a plus de festival dans le monde qui se comporte comme on vient de le faire».
«Mais il n'y a pas que les arguments cinématographiques, il y a aussi les arguments économiques, dit Habib Belhadi, et puisque l'Etat ne remplit pas sa mission d'animateur culturel envers la ville de Tunis, les JCC forment une sorte de fiesta qui fait tourner le circuit économique entre chauffeurs de taxis, restaurants, etc., Les JCC tous les ans c'est cela aussi !»
«Le festival est devenu annuel et il doit le rester, dit Néjib Ayed, la logique est très simple. Nous avons acquis un public, une réputation artistique, un fonctionnement économique qui font que ce festival doit rester annuel et qu'il doit être renforcé et soutenu. Financièrement, si le festival reste annuel, il est parfaitement possible de faire des accords-cadres sur trois ou cinq ans avec des sponsors pour qu'une partie du financement soit acquise à la base sans attendre qu'un directeur soit nommé et fasse ses démarches. Il faut également se tourner vers deux continents qu'on a pratiquement oubliés qui sont l'Asie et l'Amérique de manière à ce que ce festival soit tri-continental».
Une grande partie des arguments de ce débats a été résumée dans la lettre écrite par la productrice Dorra Bouchoucha adressée au ministre des Affaires culturelles (voir encadré) et présentée à cette rencontre. Tout au long de deux heures, les participants à cette réunion ont débattu des tenants et des aboutissants qui leur permettent de se battre pour l'annualité des JCC. On croit savoir que le ministre des affaires culturelles aurait contacté le comité de réflexion pour le cinéma pour qu'il se réunisse au plus vite. Affaire à suivre
Salem Trabelsi
Lettre de Dorra Bouchoucha au ministre des Affaires culturelles
Monsieur le ministre,
Vous avez évoqué dans une émission télévisée du 13 décembre, l'éventualité de refaire des JCC une manifestation biennale, ce serait une façon d'enterrer ce festival qui nous est si cher. Nous avons été très surpris de cette décision unilatérale alors que vous êtes attaché à la démocratie participative.
En effet, plus aucun festival au monde ne connaît un intervalle si long entre deux sessions et si nous avons milité activement pour l'annualisation des JCC, c'est dans un souci d'efficacité. D'ailleurs, le Fespaco, le pendant des JCC en Afrique subsaharienne, envisage sérieusement de devenir annuel. Il faut un festival plus petit, plus ciblé vers la qualité, les films africains de qualité existent, il faut aller les chercher et ne pas attendre qu'ils s'inscrivent spontanément, il faut se tenir informé de ce qui se tourne en Afrique et dans le monde arabe. Ce n'est pas en diffusant 500 films et en ayant autant d'invités que l'on assure la qualité du festival.
Monsieur le Ministre, en rétablissant la biennalité, vous risquez de priver le festival d'œuvres de valeur, il n'y aura plus de films en exclusivité, les festivals arabes et méditerranéens auront eu la primeur de la plupart des productions de la région. Nous avons en 2014 transformé l'Atelier de Projets qui aidait les scénarios en section «Takmil» qui offre des bourses à des films en finition, cela nous assurait la première arabe des productions lauréates.
Le fait d'être biennal n'est pas un gage de qualité, bien au contraire. Nous devons réfléchir à la meilleure façon de procéder pour que les JCC soient au rendez-vous chaque année en étant une réussite. Tout d'abord, il y a l'impérieuse nécessité d'avoir un bureau permanent qui, tout au long de la préparation, entre en contact avec les producteurs et réalisateurs pour s'assurer de leur présence, il faut que les personnes en charge de la sélection puissent aller dans les festivals pour rencontrer les professionnels. Il nous est arrivé de visionner des films sur la table de montage, ce qui nous a permis une programmation solide. Il n'est pas nécessaire d'avoir une compétition officielle trop chargée, 10 à 12 films au maximum pour les compétitions officielles longs métrages de fiction, documentaires et courts métrages suffiraient à assurer un programme de qualité, les sections parallèles et non compétitives ainsi que les hommages permettant d'offrir comme toujours de nombreux autres films au public.
L'échec d'une session est imputable à l'organisation défaillante et pas à son annualité, mais le fait de n'avoir que 5 à 6 mois au maximum pour mettre sur pied un festival est un défi très difficile à relever dans les conditions actuelles. C'est pourquoi nous insistons sur la mise en place d'une structure permanente et pérenne.
Monsieur le Ministre, nous vous demandons de ne pas céder aux arguments de personnes déconnectées de la réalité dont la seule action consiste à critiquer ce qui se fait sans jamais apporter la moindre contribution positive, ne soyez pas le fossoyeur des JCC, l'histoire le retiendra.
Bien à vous


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