Par Jalel MESTIRI Dans l'insondable vivier du football, beaucoup de joueurs du CSHL et de l'ASM se sont installés sans gêne comme alternatives pour les clubs qui ambitionnent les titres. Les milliers d'amoureux du football qui s'intéressent tout particulièrement aux titres et aux consécrations ne se doutent peut-être de rien. Imaginent-ils que, tout là, tout près, il y a des clubs qui font le bonheur des autres ? Qui ont une marque, une réputation, une base de supporters, une histoire, parfois un mythe ? En dépit de leur manque de moyens, ils mobilisent les masses. Ici et là, ils sont perçus comme un levier du football, véhiculant des valeurs positives et offrant une visibilité de premier plan. S'il est difficile de leur attribuer des actifs évalués, la popularité des équipes comme le CSHL et l'ASM ne laisse pas indifférent. Elle est souvent susceptible d'attirer le regard des autres. Hammam-Lif et La Marsa ont toujours eu des joueurs qui attirent l'attention des grands. Dans l'insondable vivier du football, la plupart de leurs joueurs se sont installés sans gêne comme alternatives pour les clubs qui ambitionnent les titres. Plus encore : les indemnités de formation représentent souvent un pourcentage respectable de leurs finances. Ce qui est cependant discutable, c'est l'absence de logique. Ces deux clubs formateurs et pourvoyeurs de ceux qui ont pris l'habitude de jouer les premiers rôles évolueront la saison prochaine en Ligue 2 !... Le constat est frustrant. En dépit des manquements, de l'absence de stratégie et de projets de jeu, ces équipes ne méritent pas le purgatoire. Rien que pour cette saison au cours de laquelle il rétrograde en division inférieure, le CSHL a éliminé en Coupe de Tunisie deux bastions de cette épreuve : l'ESS et le CSS...Mais en même temps il n'a pas remporté la moindre victoire dans les huit dernières journées du play out ! Tout cela pour dire que l'étiquette de club formateur ne paie plus. Cela n'est pas valable seulement au CSHL et à l'ASM. D'autres équipes, qui recèlent une véritable richesse de joueurs de qualité et même talentueux, auraient pu connaître le même sort. Il faut dire que ces clubs reconnus pour la qualité de leur formation, dans la mesure où 70% des joueurs cette saison sont des enfants du club, et dotés pourtant d'éléments capables d'évoluer au plus haut niveau, étaient sous la menace de la relégation depuis des années. Le niveau d'endettement, le résultat net sur les saisons ou encore les actifs ne rassurent guère. Curieusement, on n'a rien fait pour éviter le pire. Le maintien, assuré souvent difficilement et à la dernière minute, n'a jamais servi de leçon. Chaque saison, ils voient s'envoler systématiquement un bon nombre de leurs meilleurs éléments. Une migration qui fait quelque part le bonheur des responsables, souvent en manque de ressources et de moyens. Ils ne peuvent plus survivre et avoir une ambition sportive sans un apport à la surface financière le plus adopté. De façon générale, c'est tout le football tunisien qui ne s'est jamais réconcilié avec l'argent. Le statut des clubs oscille entre amateurisme et professionnalisme dit «non-amateurisme». Les clubs sont considérés par les textes en vigueur comme des associations qui ne doivent pas se faire de l'argent. Tant que les recettes ne viennent pas essentiellement de l'activité du club, la perspective de croissance n'est pas colossale. Mais un club qui fait de vraies recettes et qui gère bien ses charges, peut cependant dégager du profit. La logique d'investissement n'est pas forcément liée aux résultats sportifs.