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Cherche ennemi désespérément
Chronique du temps qui passe - Par Hmida Ben Romdhane
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 11 - 2010

Le sommet tant attendu de l'Otan a fini par avoir lieu ce week-end dans la capitale portugaise, Lisbonne. A la lumière des résultats, il est difficile de tirer des conclusions solides et dire que le problème existentiel dont souffre depuis 20 ans l'organisation atlantiste est maintenant résolu.
Si elle était un homme, l'Otan vivrait sous antidépresseurs. La raison est que, depuis l'effondrement de l'Union soviétique, elle ne sait vraiment plus ni qui elle est ni ce qu'elle fait sur terre. Depuis la disparition de son ennemi intime il y a 20 ans, l'Otan semble ne pas arrêter de la pleurer à chaudes larmes, car c'est cet ennemi soviétique qui était sa raison d'être, qui lui permettait une vie active et équilibrée, et qui interdisait à quiconque de mettre en doute l'utilité de son existence ou de récuser les budgets faramineux qui lui étaient alloués.
Depuis 20 ans, l'Otan n'arrête pas de chercher une occupation qui justifierait son existence et les milliards payés annuellement pour son entretien. Elle vit toujours dans la nostalgie du bon vieux temps (1949-1991) quand elle avait tenu le rôle de gardien du système occidental contre une menace réelle qui venait de l'Est sous forme de 50 divisions, comprenant deux millions d'hommes en armes, une quantité faramineuse d'armement classique et une masse terrifiante d'armement nucléaire.
En 1991, suite à l'effondrement de l'Union soviétique, l'Otan avait raté une occasion de résoudre radicalement son problème : disparaître avec la disparition de la menace qui l'avait fait naître. Mais au lieu de s'autodissoudre comme son rival d'alors, le Pacte de Varsovie, l'Otan avait jugé utile non seulement de continuer à mener une existence sans objet, mais aussi de s'étendre encore à l'Est pour englober ce qu'on appelle désormais les «Intermarum», c'est-à-dire les ex-membres du Pacte de Varsovie situés entre la mer Noire et la mer Baltique.
Les années 1999 et 2001 étaient des années charnières dans l'existence de l'Otan. La guerre du Kosovo a permis à l'organisation atlantique de trouver un remède à une oisiveté qui a trop duré en s'attribuant le rôle de pompier dans l'extinction de ce foyer de tension balkanique. Les bombardements massifs et continus de la Serbie pendant plus de deux mois ont été aussi une occasion pour l'Otan de bomber le torse et de montrer à qui veut voir qu'elle est une organisation suffisamment forte pour pouvoir intervenir là où elle juge nécessaire de le faire.
En 2001, les attaques terroristes d'une ampleur inédite contre New York et Washington, suivies des attaques sanglantes contre Madrid et Londres, ont convaincu l'Otan, ou du moins certains de ses membres les plus influents, d'avoir enfin eu l'ennemi qu'elle attendait depuis 1991 : «le terrorisme global» contre lequel «une guerre globale» devait être déclenchée.
L'impasse afghane, que le sommet de Lisbonne a tenté de débloquer en fixant 2014 comme date limite à la présence des forces étrangères, a amplement démontré que l'Otan s'est trompée d'adversaire. Certes les talibans et Al Qaïda posent un problème certain pour la sécurité internationale, mais l'erreur est d'avoir cru possible de les écraser par les moyens militaires classiques. L'erreur monumentale de l'Otan est d'avoir appliqué les techniques de guerre classiques à des groupes d'insurgés mobiles, aguerris, déterminés et prêts à se sacrifier «pour une place au paradis».
L'Otan a échoué en Afghanistan parce que l'adversaire qu'elle veut anéantir est insaisissable et que l'écrasante majorité de ses bombes ont servi soit à écraser les rochers des montagnes afghanes, soit à tuer les civils. L'Otan a échoué en Afghanistan parce qu'elle n'a aucune vision stratégique cohérente et qu'elle s'est laissée entraîner dans le bourbier afghan par l'administration de George W. Bush, connue par son incompétence notoire et par sa propension à faire tout de travers.
Le sommet de Lisbonne s'est donné pour objectif de doter l'Otan d'une stratégie claire qui lui permet de faire face aux dangers multiformes qui menacent le monde en ce début de siècle. Le problème, c'est qu'un tel objectif est beaucoup plus facile à coucher sur papier qu'à réaliser sur le terrain.
L'Otan est composée de 28 pays aux intérêts disparates et aux perceptions des menaces et des dangers très différentes les unes des autres. Les experts classent ces 28 pays en trois groupes : les «Atlantistes» (Etats Unis, Canada, Danemark et Pays Bas), la «Vieille Europe» (Allemagne et France essentiellement) et les «Intermarum» (les pays d'Europe centrale).
Qu'il s'agisse de la définition des menaces prioritaires et des moyens de les juguler, de la politique à mener vis-à-vis de la Russie, de l'approche à travers laquelle est appréhendée la guerre d'Afghanistan, de la question du multilatéralisme et de la nature de la relation à entretenir avec l'ONU, les trois catégories composant l'Otan ne sont pratiquement d'accord sur aucun sujet. Les divergences dominent largement les perceptions relatives aux grands problèmes internationaux. Par conséquent, il est difficile de doter l'Otan d'une vision stratégique qui bénéficierait de l'appui unanime des 28 membres.
Cela dit, les divergences qui séparent les 28 membres de l'Otan ne sont pas du genre irréductible, car, comme l'a dit Marko Papic, analyste à «Stratfor», une institution américaine d'analyse géostratégique, si l'Otan continue d'exister aujourd'hui, ce n'est pas à cause de son unité d'objectif, mais à cause du manque de sujets irrémédiablement controversés de nature à provoquer la rupture entre les membres et l'écroulement de l'Otan.
L'Otan tâtonnera encore longtemps à la recherche d'un ennemi à sa mesure qui justifierait son existence. L'ennemi que le sommet de Lisbonne lui a trouvé (une éventuelle pluie de missiles d'origine indéfinie contre lesquels l'Europe doit être protégée) n'est pas sérieux. Car, nonobstant les hallucinations des néoconservateurs américains et des extrémistes au pouvoir en Israël, on ne voit vraiment pas pourquoi la Chine ou l'Iran s'amuseraient à fabriquer des missiles et à les lancer sur la tête des Européens?!


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