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Sur fond de chômage et d'exclusion
Siliana : campagne électorale
Publié dans La Presse de Tunisie le 11 - 10 - 2011

Du temps de Ben Ali, le gouvernorat de Siliana était considéré comme un des bastions les plus solides du RCD. Cette croyance en cachait une autre : plus qu'ailleurs, la région était soumise à deux courants politiques pratiquement aux antipodes l'un de l'autre. La gauche d'une part, les « yousfistes »de l'autre. Mais si ces derniers ont fini par disparaître ou se fondre dans les différents courants nationalistes ou religieux, la gauche, par contre, a survécu à tous les coups de boutoir de l'ancien pouvoir en place. Le Poct (Parti ouvrier communiste tunisien), dont le fondateur et secrétaire général est un enfant de la région, et le mouvement des Patriotes démocrates ont réussi tant bien que mal à entretenir les feux de la résistance.
Cela se traduira d'ailleurs par un événement de taille au sein de l'Ugtt. A l'occasion des élections régionales de 2009, le bureau de l'Union régionale de la centrale syndicale sera pratiquement investi dans sa majorité par la gauche, qui est restée très active dans le domaine. Sur les 9 membres, 3 appartiennent, en effet, aux patriotes démocrates, deux respectivement au Poct et au PSG (Parti social de gauche) avec en plus un indépendant proche de la gauche et seulement trois «rcédistes». Les Patriotes démocrates auront d'ailleurs l'embarras du choix pour fixer leur liste électorale et leur tête de liste, Ahmed Echafï, qui fait partie des trois syndicalistes de l'union, dispose d'un passé de militant indiscuté. A partir du 14 janvier, le courant islamiste, fort d'une victimisation entretenue avec intelligence et savoir-faire, bousculera toutes les donnes pour se propulser au premier plan du paysage électoral. «En plus des zones communales où nous avons nos chances, nous sommes très forts dans le rural», estime Adel Ben Attia, tête de liste d'Ennahdha. Fraîchement révélés au grand jour, les militants du mouvement islamiste ne ratent aucune occasion pour rallier les gens à leur cause. Mariages, fêtes ou souks hebdomadaires sont fréquentés inlassablement par des personnages portant la barbe, aux visages creux mais au verbe alerte et appelant les fidèles à se joindre à leur cause.
Autre force en présence, le Parti démocrate progressiste ( PDP) n'en est pas à ses premiers pas de défrichement dans le gouvernorat. En vieux routier politique, Nejib Chabbi, avec quelques avocats connus pour leur adhésion aux droits de l'Homme, a toujours défendu les dossiers de militants de tout bord, qu'ils soient islamistes, appartenant à des mouvements de gauche ou tout simplement indépendants.
Toutefois, ce sont les troubles survenus à Siliana en 1990 qui l'assoiront définitivement dans la conscience des Silianais. Vingt ans après, on se souvient encore de cet avocat qui, à un moment très difficile dans la vie des habitants de la ville, n'a pas hésité à s'approprier leur cause et à les défendre.
Indépendants et rumeurs
A l'inverse des partis cités précédemment, le Pôle démocratique moderniste, dont le cœur vibrant est le parti Ettajdid, a dû mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. Arrivé un peu tard sur la scène, le Pôle n'en dispose pas moins d'un atout majeur. Boujema Rmili, tête de liste du Pôle, est en effet un expert réputé en développement régional et Dieu sait si la région en a besoin. Autre atout, la liste réunit autour d'elle une grande partie des compétences régionales telles que médecins, hauts cadres de l'Etat, universitaires et enseignants de tout bord. En plus des « anciens », Siliana est également et à l'instar de toutes les régions du pays, courtisée par un déferlement de petits partis dont beaucoup se reconnaissent dans la tendance nationaliste ou proche des islamistes. Ceux qui intriguent sont cependant les indépendants. Figurant dans 18 listes, ces derniers sont loin de laisser indifférents et alimentent toute sorte de rumeur. Ainsi, quelques indépendants se seraient simplement présentés parce que tentés par l'argent alloué à la campagne. Une fois les élections achevées, ils disparaîtront sans laisser de trace. D'autres, par contre, poussés par un esprit revanchard et hargneux, serviraient de paravent à des anciens « rcédistes » qui reprochent aux partis politiques, notamment à la gauche, l'adoption de l'article 15 responsable selon eux de leur exclusion. Quand à la campagne en elle-même, elle ne varie pas ou peu. Sur fond de toile, un gouvernorat peinant à émerger avec son lot de chômage et de pauvreté.
Terres fertiles sans semences
Il faut dire que Siliana n'a rien à envier aux pauvres des plus pauvres de la Tunisie. Le « Nord-Ouest du nord-ouest», pour emprunter son expression à Boujema Rmili, a toutes les raisons de pousser au pessimisme. Pourtant, et à première vue, le gouvernorat a de quoi séduire. Situé en plein cœur de la Tunisie, jouant le rôle de point de ralliement entre les gouvernorats du nord et du centre du pays, il aurait pu profiter de cette situation stratégique pour développer un réseau d'échange en biens et services. C'est également et de loin la région la plus riche en substances utiles inexploitées, telles que pierres marbrières, marne, argile et sable industriel. Région agricole par excellence, Siliana n'en profitera pas pour autant et sur les 4.400 km2 cultivables, seulement 173.000 ha sont exploités en 2010, majoritairement en blé dur. Les vastes terres domaniales ont tout juste servi à enrichir les barons de l'ancien régime qui se sont hâtés de réduire au banc de la misère des milliers d'ouvriers agricoles qui vivaient autrefois sur ces terres. Et si l'abondance de parcours forestiers et de pâturages a permis à la région, à l'orée de la fin des années quatre -vingt et avec 37.000 têtes de bétail, d'être le deuxième pôle de production laitière du pays, aujourd'hui, on la retrouve rétrogradée à l'avant-dernière place. Le gouvernorat est miné par le chômage avec un taux de plus de 25% de sa tranche active et certains situeraient son taux de pauvreté à 50%. Résultat: un déferlement incessant de jeunes vers les zones côtières qui fera d'ailleurs du gouvernorat de Siliana (à côté de celui du Kef) le chantre du recul démographique. C'est ce paysage, plutôt sombre, que devront éclairer les candidats à la Constituante et, on le devine, il faut vraiment être convaincant et fort pour l'emporter.


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