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Le violon pleure encore son maître...
Musique - Il y a huit ans, Ridha Kalaï tirait sa révérence
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 05 - 2012

Il est né trois ou quatre ans avant la naissance de la Rachidia. Il la rejoint dès son jeune âge et y reçoit les cours de Salah Mehdi. Il est très vite perçu comme un surdoué et, à quatorze ans, il est engagé dans la troupe de Fathia Khaïri. Son talent multiple se met en évidence, non seulement en tant que violoniste mais aussi en tant que compositeur. Les œuvres que nous verrons plus loin font de lui un être d'exception. Cet homme attachant, disparu il y a huit ans, continue d'être vivant dans les mémoires. Or, le domaine musical en Tunisie a de tout temps été riche d'artistes doués qui ont marqué le XXe siècle, notamment. Alors, qu'est-ce qui fait que Ridha Kalaï jouit encore, huit ans après son décès et surtout trente ans après avoir arrêté la musique, de cette reconnaissance populaire, de cet amour quasiment inaltérable des mélomanes? Il n'y a qu'une raison : c'est le génie de cet artiste d'exception !
Ce que beaucoup de gens ignorent, c'est que le violoniste le plus célèbre de notre histoire n'est pas, à proprement parler, un autodidacte.
Intelligence et talent
Outre les cours de Salah Mehdi, Ridha reçoit également les leçons de solfège de son père, un habitué de la boutique de Abdelaziz Jemaïel, qui reçut les cours du fameux Ali Dérouiche venu d'Alep, grâce au Baron d'Erlanger pour enseigner la musique arabe dans les années vingt et faire face à tous les courants qui tentaient de dénaturer l'héritage musical de notre pays. Ridha devient plus tard un habitué de cette boutique où il apprend le malouf, le luth et le violon. Ainsi il s'affirme comme un vrai musicien et pas seulement un autodidacte comme on le dit ou l'écrit ça et là.
La rencontre de Ridha avec Baya Bent Béchir Rahal, dont il épouse la sœur et qui plus tard s'appellera Oulaya, donne à celle-ci une carrière fulgurante qui commence avec un tube : Dhalamouni Habaibi et qui continue avec une opérette : Les quatre saisons, écrite par Mahmoud Bourguiba et à laquelle prennent part Hédi Kallel et Hédi Mokrani. Il leur composera plus tard de vrais succès comme Ya dar el habaieb, Smaïra, Ya Fatma ya bent el am, Rouhi ya rouhi, etc. Pour son ami Hédi Semlali, il écrit et compose un monologue très sympathique : Andi wildi ya hodhar. Pour notre part, nous avons un grand faible pour sa composition Achikna'ddouma wa âbadna'ssouar, interprétée par la superbe voix de Mohamed Lahmar qui nous a quittés il y a un an, dans un silence ingrat. Warda, à ses débuts, hérite de sa chanson Ma marr el forga ya khwani, une œuvre peu connue mais qui donne une autre dimension à l'artiste.
La troupe El Manar : la rampe de lancement
D'abord cette troupe lancée au début des années cinquante a permis à des instruments de musique d'être rapprochés du public : en premier lieu le mezoued, dont la réputation en ce temps-là laisse à désirer. Ensuite d'autres instruments considérés comme étrangers à la musique tunisienne, tels que l'accordéon, la batterie, le tam-tam. C'est donc un précurseur, à la manière de Mohamed Abdelwahab pour la musique égyptienne.
L'autre apport de Ridha Kalaï se retrouve dans sa façon d'offrir au public une musique spectacle en créant « le show», d'abord grâce à son propre jeu mais aussi en engageant deux danseuses : Zina et Aziza, mais aussi le ballet Hamadi Laghbabi. Kalaï, par son intelligence, rassemble à travers la musique, des couches sociales aussi différentes que celles qui habitent intra-muros et les autres couches de la périphérie.
Enfin, cette troupe d'El Manar a permis de faire connaître Safia Chamia et Naâma, pour lesquelles le poète compositeur Ridha Kalaï écrivait souvent à la volée, sur le champ, voire sur scène. Sans oublier Tawfik Naceur, le plus jeune de la troupe, qui continue aujourd'hui encore ses activités artistiques.
Ainsi, Ridha Kalaï, cet artiste multiple, surdoué, intelligent et ayant une bonne mémoire, a su marquer l'histoire et rester dans le cœur des gens par sa générosité artistique et son talent incomparable, notamment au violon dont les compositions musicales ont marqué le XXe siècle et continuent d'être jouées par les Abdelbasset Metsahel, Nabil Zommit, Anis Klibi, entre autres. Il s'agit de Jerba, Zarzis, Layali Dar el Bidha et bien d'autres.
Le 8 mai 2004, il nous a quittés à l'âge de 73 ans, après une longue maladie qu'il a combattue jusqu'au bout. Il restera, sans aucune contestation possible, «Le plus grand violoniste du siècle dernier» (Mustapha Chalbi : la musique en Tunisie)


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