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Où allons-nous ?
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 06 - 2012


Par Boubaker BEN KRAIEM(*)
Je tiens, tout d'abord, à saluer notre vaillante Armée nationale qui, malgré tout ce qu'elle a enduré, durant les cinquante dernières années, demeure, comme elle l'a toujours été, fidèle à ses nobles principes qui sont «dévouement à la patrie et fidélité à la République». Je rends hommage à ce corps exceptionnel qui, malgré ses modestes moyens, et bien que se trouvant, depuis fin décembre 2010, au four et au moulin, rassure et réconforte le peuple tunisien qui n'est pas habitué à vivre, pendant une aussi longue période, pareille situation. Par son humilité, sa modestie, et sa réserve, elle a permis aux Tunisiennes et aux Tunisiens d'avoir toujours confiance en l'avenir car, de par ses racines, sa vocation et ses convictions, elle est la garante de l'invulnérabilité de la Tunisie, de son indépendance et de sa sécurité. Mais, mesdames et messieurs les responsables, ayons pitié de cette institution car cela commence à devenir trop long, surtout au regard des missions secondaires qui lui sont confiées : elle a besoin de se refaire une santé, de se réorganiser, de s'instruire, de s'entraîner et, bien sûr, de se reposer tout en continuant à assurer sa mission principale. Quant au maintien de l'ordre, nos forces de sécurité intérieure, qui sont capables d'effectuer un travail remarquable, sont en mesure de l'assurer, pour peu qu'elles soient tout d'abord protégées par les textes de loi et les règles d'application, et soutenues par l'autorité politique, ensuite un peu plus renforcées, entraînées et mieux qualifiées, et enfin en demeurant apolitiques : elles sont en mesure, sans l'ombre d'aucun doute, d'accomplir cette tâche difficile, pénible mais exaltante.
Durant l'année écoulée, notre armée a été mêlée à toutes les sauces : maintien de l'ordre, protection des frontières durant la révolution libyenne, accueil, installation et soutien des réfugiés de Libye, soutien logistique et sécuritaire des élections, et même accrochage, à deux reprises, avec des terroristes, etc. Remercions Dieu que tout se soit passé de la manière la plus correcte et la plus efficace sans trop de casse ni de dégâts.
L'Assemblée nationale constituante a fait son travail préliminaire : elle a élu le président de la République, le président de l'ANC et le chef du gouvernement. Celui-ci a formé son gouvernement et notre pays s'est doté des composantes du pouvoir qui, bien que provisoire, n'en est pas moins légitime et cela est très important. Comme tout n'est pas encore définitif pour encore une année au minimum, les partis politiques, les groupes indépendants et les personnes ambitieuses qui ne se sont pas retrouvées, après les élections, dans l'échiquier politique, ne pensent, et c'est leur droit, qu'aux prochaines échéances électorales pour essayer de prendre une hypothétique revanche. C'est pourquoi tous ces partis, ceux qui sont en dehors de la Troïka, ne font que comptabiliser les erreurs du gouvernement dont la volonté manifeste de perdurer ne fait aucun doute, ce qui est de bonne guerre par ailleur. Ils amplifient les maladresses de certains de ses membres, erreurs et maladresses humaines dues essentiellement à leur manque total d'expérience d'une part et, d'autre part, à certaines situations inextricables dans la plupart des régions .
Messieurs les hommes politiques, les chefs de partis, les représentants du peuple, les responsables syndicaux, les personnalités de premier plan : N'oublions pas que si notre pays coule, il engloutira avec lui toutes les composantes de la société sans distinction, qu'elles soient de gauche, de droite ou du centre, du gouvernement ou de l'opposition, travailleur ou chômeur, riche ou pauvre, jeune ou vieux. Alors, réveillons-nous et aidons, du mieux que nous pouvons, et dans l'intérêt de nous tous, ce gouvernement à faire correctement son travail. Il n'empêche qu'il est tout à fait légitime que vous cherchiez à prendre sa place et c'est le souci de tout un chacun parmi l'opposition. Mais rappelons-nous surtout de l'essentiel : la pérennité de notre nation, la sauvegarde de ses intérêts et la stabilité de notre pays. Tout le reste est discutable, car c'est le jeu de la démocratie. Mais où allons-nous ?
Ce qui est très grave et très triste , c'est que l'Etat est en train de perdre, jour après jour, de son prestige et le gouvernement de son autorité : comment peut-on accepter, dix-huit mois après la révolution, que quelques centaines de citoyens ou même quelques milliers, pour quelque raison que ce soit, viennent devant le siège d'un gouvernorat ou d'une délégation, ou d'une direction régionale, scander le terme de dégage à l'attention du responsable en place, qu'il soit gouverneur, P.-d.g., délégué ou directeur ? Comment, quelles que soient les raisons des manifestations et des demandes, aussi légitimes soient-elles, peut-on encore admettre et tolérer cela ? Est-ce que ces centaines ou ces milliers de manifestants ou de sit-inneurs représentent la région comptant plusieurs dizaines de milliers et parfois des centaines de milliers d'habitants ? De quel droit agissent-ils de la sorte ? Ne voyant aucune réaction de l'Etat condamnant ce comportement nuisible et dangereux parce qu'il est contagieux, l'on est en droit de se poser des questions : pourquoi cet immobilisme, ce laxisme et ce mutisme de la part des autorités? Dans quel but laisse-t-on faire et laisse-t-on pourrir cette situation? Est-ce ainsi que nous allons combattre le chômage ? Est-ce ainsi que nous allons encourager les bailleurs de fonds à venir aider et soutenir notre Révolution? Est-ce ainsi que la démocratie va être ancrée dans nos esprits, dans notre comportement, et dans nos mœurs ? Cela a été admis durant les premiers mois de la Révolution pour plusieurs raisons dont l'inexistence d'une quelconque légitimité, mais si cela allait devenir une habitude, alors adieu veau, vache, etc, comme l'a si bien dit le poète de La Fontaine !! Admettre cela et ne pas réagir en utilisant tous les moyens disponibles, et même, au besoin, la force, détériorera davantage le prestige de l'Etat et rendra encore plus difficile la reprise en main nécessaire et indispensable au développement économique tant souhaité (retour des investisseurs étrangers et tunisiens et encouragement aux nouveaux, reprise des activités touristiques si nous pouvons encore parler de tourisme, etc.) sans lequel le pays ne peut ni évoluer, ni juguler le chômage, l'ennemi public numéro un par excellence. Comment tolérer encore les barrages routiers ou ceux sur la voie ferrée, faisant fi de toutes les règles et occasionnant souvent des pertes énormes à l'économie du pays, se chiffrant parfois par milliards, et sanctionnant gratuitement des pauvres citoyens et empêchant d'autres de rejoindre leur lieu de travail, leur gagne-pain. Mais où allons-nous, Messieurs ?
Je suis désolé de faire ce constat : un gouvernement légitime, désigné par les représentants du peuple et ayant leur confiance, ne doit pas se contenter, sous prétexte de démocratie et de liberté, d'observer, de laisser faire, tout en démontrant une nonchalance inquiétante. C'est alors la Loi de la jungle et tout le monde y perdra, à commencer par le gouvernement lui-même. Relisons l'histoire tout à fait récente et rappelons-nous comment les choses ont commencé, chez nos voisins de l'ouest, il y a seulement moins de vingt ans. Il y a beaucoup de similitude dans la démarche de nos enfants, ces satellitaires qui cassent, qui brûlent et qui font peur.
D'autre part, je demande à la classe politique, et surtout aux responsables des partis, petits ou grands, d'avoir une certaine honnêteté intellectuelle en parlant du passé de la Tunisie, et surtout des réalisations qui y ont été effectuées durant le demi-siècle écoulé : Messieurs, en continuant à dire que rien n'a été fait, que les régions de l'intérieur étaient les oubliées de la planète, vous êtes en train de perdre de votre crédibilité, car le monde entier et surtout nos partenaires occidentaux ainsi que les organismes internationaux connaissent mieux que quiconque le niveau atteint par notre pays, dans tous les domaines. En 1956, nous étions quelque trois millions à trois millions et demi d'habitants et nous avions, au minimum, près de soixante-dix pour cent d'illettrés parmi la population. Le pays ne comptait en tout et pour tout que six ou sept lycées. Soyons sérieux et honnêtes et faisons la comparaison avec ce qui existe aujourd'hui. Je ne veux défendre ni le régime de Bourguiba, qui, malgré les erreurs commises, demeurera l'un des plus grands hommes de l'histoire de la Tunisie ni celui de son successeur mais les faits sont là. Je n'ai pas entendu un seul responsable politique reconnaître qu'en cinquante ans, beaucoup de choses positives ont été faites et cela est regrettable car on ne peut, en aucune manière, effacer notre histoire. Je prends l'exemple d'un gouvernorat du Centre qui est souvent cité comme étant, ainsi que plusieurs gouvernorats frontaliers, marginalisé, négligé et oublié par les anciens régimes et qu'il n'a pas eu sa part de développement. J'ai vu des tables rondes organisées par les chaînes de télé tunisiennes et au cours de l'une d'elles, un citoyen originaire de ce gouvernorat est intervenu en direct pour crier haut et fort : «Notre gouvernorat a été tellement oublié que personne parmi nous n'a été désigné, depuis le temps de Bourguiba et de Ben Ali, au poste de P.-d.g., de gouverneur ou de haut cadre de l'Etat». Personne, parmi l'assistance, n'a bronché et n'a eu le courage de le contredire car les deux journalistes présents et leurs invités savaient, j'en suis persuadé, qu'il ne disait pas la vérité !!! personne ne voulait se «mouiller» en le remettant à sa place car, par les temps qui courent, on est mieux apprécié quand on critique. Où allons-nous de la sorte ? Je connais parfaitement ce gouvernorat pour avoir été, suite aux inondations de 1990, nommé à sa tête : d'abord je salue cette population tout à fait laborieuse, à cette époque, et je garde de cette région des cinq «arouches» (Hammamas, Zlass, Majer, Frachich et Ouled Mhadheb) les meilleurs souvenirs. D'abord, je leur rend hommage pour leur militantisme et leur participation active à la lutte armée pour l'indépendance de notre pays car ils ont fourni près de la moitié des résistants du pays et ont payé le plus lourd tribut en martyrs. Je dois aussi rappeler qu'en 1969, l'Armée nationale est intervenue, à huit ou dix kilomètres du chef-lieu du gouvernorat, pour empêcher la population de quitter la région et aller s'installer à Ifrigua (Béja, Jendouba et Le Kef), car la pauvreté était telle qu'il fallait partir ailleurs. Il n'y avait aucune culture dans tout cet espace de dizaines de milliers d'hectares et qui servaient de terrain de parcours pour les troupeaux de mouton et rien d'autre. Il n'y avait rien et strictement rien. En seulement vingt et un ans depuis cette date fatidique, cette région est devenue fournisseuse, grâce aux investissements de l'Etat, du quart des légumes du pays, avait la première forêt de pistachiers, la quatrième forêt d'oliviers et produisait une grande quantité de céréales. D'autre part, je sais personnellement que cette région oubliée a fourni au pays, au moins, un ministre, cinq gouverneurs et cinq ou six P.-d.g. Soyons sérieux, messieurs, car l'arbre ne peut, en aucune manière, cacher la forêt et arrêtons de faire de la «Boulitique». Mais, où allons-nous ?
Est-ce normal de regarder des énergumènes casser, incendier les locaux administratifs et les postes de souveraineté comme les délégations, les locaux de la police ou de la Garde nationale sans donner des instructions claires et précises pour que ces policiers et ces gardes nationaux puissent utiliser leurs armes comme moyens de dissuasion? Est-ce logique de laisser commettre des sacrilèges en envahissant des lieux sacrés comme la salle d'audience du tribunal où un homme, en l'occurrence un juge, sans arme et sans bâton, rend la justice et applique la loi au nom de la République ? Est-ce de cette manière que nous allons encourager les touristes à revenir ? Est-ce cela la démocratie? Cela la liberté ? Pareils exemples sont nombreux à travers le pays et malheureusement très peu de responsables dans la classe politique, réagissent, parce qu'on ne veut pas se «mouiller», la campagne électorale pour les prochaines élections ayant déjà commencé. Mais d'ici-là que Rome brûle, cela n'a pas d'importance ! Messieurs, nous sommes en train de jouer avec le feu, car lorsqu'un corps humain est malade, il a besoin de médicaments. Mais s'il en prend plus qu'il n'en faut, il peut en mourir. Trop de liberté, trop de démocratie, notre pays n'en a cure. Il a besoin plutôt de paix, de stabilité, de sécurité et de travail. De même, le chef du gouvernement doit être très courageux : si certains membres de son équipe doivent céder la place parce qu'ils ont démontré soit leur limite, soit leur inaptitude à jouer ce rôle, il n'y a pas de mal à cela. D'autre part, il doit être plus énergique et plus ferme quand il s'agit de questions de principe telles que l'affaire du drapeau, des salafistes qui, allant crescendo, se renforcent, marquent des points et deviennent dangereux par leur violence qui s'étend jour après jour et peuvent devenir incontrôlables. Et ce qui est incompréhensible et inquiétant, c'est cet immobilisme, ce laxisme dans plusieurs domaines qui sont préjudiciables à la marche du pays et surtout à son économie. Cela nuira certainement à la stabilité du pays et à l'action du gouvernement dont le chef doit être assez sévère quand l'intérêt du pays est en jeu, quand la sécurité des personnes et des biens est en danger et quand les grands principes sont bafoués. Qu'il ait aussi assez de courage pour sacrifier, pour la bonne cause, ses protégés qui ne lui font pas que du bien, car l'impression qui se dégage est que tout le monde fait ce qu'il veut, quand il veut, où il veut et que personne ne bouge. Où allons-nous ?
Notre pays est comme un navire avec des instruments de navigation détériorés. Il vogue selon les caprices du vent et seul Allah sait où il va accoster.
D'autre part, la révolution de la liberté et de la dignité nous a permis de découvrir non seulement les grandes qualités de notre jeunesse (courage-détermination-sacrifice) mais aussi ses faiblesses qui, en seulement deux décennies, ont été surprenantes et ont dépassé les limites de l'acceptable (égoïsme-manque de logique- nationalisme à fleur de peau, agressivité, dédain du labeur, recherche du farniente, etc.). Aussi , la révision de nos programmes éducatifs à tous les niveaux, du jardin d'enfants à la faculté, qui est urgente, est aussi un autre problème !!!
Notre pays a été l'initiateur du Printemps arabe. Beaucoup de pays nous observent avec admiration, d'autres nous attendent au tournant, espérant notre échec. Si, par malheur, la Révolution tunisienne n'atteingnait pas ses objectifs, notre exemple n'aurait servi à rien d'une part et, d'autre part, le monde arabe, qui nous intéresse en premier lieu, qui a somnolé durant des siècles, retombera alors, et pour une très longue période, dans le sommeil... le plus profond.
Je regrette beaucoup que la grande majorité de notre élite n'ait pas accompli son devoir du service national car elle aurait, lors de son passage dans les unités de l'armée, en tant qu'officiers de réserve, du fait de leur niveau intellectuel, affirmé son sens de la rigueur, de la rectitude, de la précision, de la logique, du rationnel et de l'efficacité et aurait acquis cet Art du leadership qui ne peut être enseigné dans aucune école ou université. Grâce à son militantisme, à son expérience et à sa formation intellectuelle, nous aurions pu avoir aujourd'hui des centaines de brillants chefs politiques.
Messieurs, notre pays, petit par sa superficie mais grand par son peuple, jouit, grâce à la révolution de la dignité et de la liberté, d'un courant de sympathie et de considération à travers tous les continents. Notre devoir est de faire réussir cette expérience pour qu'elle serve d'exemple et de modèle, stigmatise toutes les formes de dictature et redonne espoir aux peuples épris de démocratie et de liberté. L'histoire, notre histoire, trois fois millénaire, ne pardonne pas et nous jugera car nous sommes les dignes héritiers de Carthage et d'Hannibal, de Jugurtha, d'Ibn Khaldoun, de Tahar el Haddad, d'Ali Bach Hamba, d'Aboul Kacem Echabbi, de Bourguiba, de Ben Youssef, de Hached et de milliers de militants qui doivent , maintenant, se retourner dans leur tombe, de crainte de voir s'écrouler tous les acquis obtenus, tout au long des siècles écoulés, grâce au sang des martyrs.
*(Ancien cadre supérieur)


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