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Arrêtons le massacre !
Mercato, inflation, intervenants et silences coupables
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 07 - 2012

Des joueurs surcotés qu'on recrute à coups de milliards, des agents qui magouillent avec entraîneurs, dirigeants et... journalistes, des institutions officielles qui se complaisent dans le silence. Un de ces jours, tout cela va se terminer sur un méga-scandale. Belhassen Malouche dénonce et met tout le monde en garde
Les affaires se multiplient, s'accumulent et s'aggravent dans notre football. Au niveau de la fédération, au niveau de la Ligue, au niveau des clubs, au niveau des dirigeants, au niveau d'une certaine presse et au niveau des agents, les vrais et les faux.
Alarmant !
Les prix flambent, l'inflation s'installe, les présidents de club, cassent leur tirelire, les joueurs jouent aux divas, les caisses des clubs sont désespérément vides, les dettes s'amoncellent, le marché devient une véritable jungle et les agents de l'ombre tirent les ficelles.
Nouveau président du Club Africain, Slim Riahi vient de tirer la sonnette d'alarme et lance un appel à ses pairs pour se réunir et essayer de réguler un marché qui n'obéit plus à aucune logique financière et encore moins sportive.
Cela ne l'empêche pas de recruter à tour de bras, à coups de centaines de millions, à coups de milliards. Il faut dire qu'il n'a pas trop le choix d'autant que la «concurrence malsaine» qui s'est installée à ce niveau entre le Club Africain et l'Espérance (qui n'augure rien de bon et qui aura des conséquences néfastes sur les derbys, la relation entre ces deux clubs et bien sûr notre football en général) le contraint aujourd'hui à «légitimer» sa présence à la tête du Club Africain en livrant bataille à ses concurrents et principalement l'Espérance.
La FTF et la Ligue (vous avez bien remarqué que nous excluons le ministère parce qu'avec ces deux premières institutions qui clament et exigent leur indépendance de l'autorité de tutelle, celle-ci n'a plus à intervenir directement dans notre football) observent ce manège avec une passivité complice. Mais nous savions déjà qu'elles ne pèsent pas lourd face aux mastodontes de notre football qui continueront à faire la loi.
Mais ils ne sont pas les seuls puisque notre football est de plus en plus infecté par des requins qui font la loi sur le marché.
Pour en savoir plus sur un phénomène qui risque de tout emporter sur son passage (si ce n'est déjà fait), nous avons jugé bon de prendre l'avis de Belhassen Malouche qui porte plusieurs casquettes.
La demande plus importante que l'offre
Conseiller sportif auprès de Slim Riahi, Belhassen Malouche est, avant tout, un technicien qui a roulé sa bosse partout: entraîneur, directeur technique national, instructeur Fifa, etc. Il est bien placé pour parler de ce marché qui s'emballe dangereusement et qui risque de mettre notre football définitivement à genoux. Ecoutons-le.
«Il faut d'abord préciser que cette grosse inflation est due à une demande qui est beaucoup plus importante que l'offre. En termes plus clairs : il y a de moins en moins de bons joueurs et de plus en plus de clubs demandeurs. L'autre problème, c'est que la démarche de nos clubs pour recruter un joueur n'obéit à aucune logique professionnelle, à aucune analyse objective : dès que quelqu'un cite le nom d'un joueur, tout le monde se précipite dessus et l'on se bat pour l'avoir, faisant ainsi grimper les prix».
La jungle des agents
Justement, qui avance les noms des joueurs? «Ce sont les agents qui le font. Personnellement, je suis stupéfait par leur nombre sur le marché tunisien. Les vrais et les faux, les officiels et ceux de l'ombre».
Autre question : pourquoi nos clubs et nos dirigeants ont-ils recours au service des faux agents ? «Pour la simple raison qu'ils coûtent moins cher et que ça arrange certains intérêts personnels. Pourquoi le cacher, aujourd'hui, les intervenants sur le marché des joueurs sont très nombreux : entraîneurs, dirigeants et même des journalistes ou des pseudo-journalistes. Les présidents se trouvent contraints de tenir compte de toute cette donne pour ne pas tomber dans les enchères qui n'en finissent pas».
Une démarche peu professionnelle
Et de s'alarmer : «Pourtant, il serait plus simple pour s'assurer de la valeur du joueur, d'aller se renseigner auprès de la source : le club, l'entraîneur, la direction technique du pays d'origine. Cela est la moindre des choses qu'on ne fait pas chez nous, alors qu'on sait pertinemment qu'en Europe, par exemple, on passe des mois à suivre le joueur. Prenez le cas de l'Inter et Castellini : le suivi d'un joueur en Amérique latine peut lui prendre deux ans avant de décider de le recruter. Mais nous sommes loin, très loin de ça».
Un silence complice
Tel est donc l'état des lieux. Quelles responsabilités et quelles solutions? Pour Belhassen Malouche : «La FTF doit sortir de sa réserve, agir et sévir. Elle doit publier un communiqué ou une circulaire pour interdire les faux agents et contraindre les clubs à ne négocier qu'avec les agents Fifa. Tout comme elle interdit aux entraîneurs non diplômés ou n'ayant pas les degrés nécessaires de s'asseoir sur le banc (même si cette interdiction est contournée chez nous)».
Pourquoi donc ses faux agents continuent-ils à agir en toute liberté? «Tout simplement parce qu'ils arrangent certains intervenants et certaines transactions. En d'autres termes, ils servent de couverture et, quand on veut conclure un recrutement, on fait appel à un véritable agent. Juste pour la signature. Juste pour la couverture».
Que dire de cette inflation au niveau des prix, salaires et primes de rendement des joueurs? «Il y a un déséquilibre total entre les recettes et les dépenses dans notre football. Cela n'a également aucun rapport avec la teneur de vie, le niveau social et économique du pays. Et surtout, les joueurs sont surestimés tant sur le plan économique que technique. Le pire, c'est que les présidents des clubs le savent, mais sont impuissants».
Belhassen Malouche parle d'agents, faux et vrais, et d'inflation. Qu'en est-il de la réalité des prix? «Je peux vous parler du marché africain. Un international qui joue encore dans le championnat local ne coûte pas plus de 60 mille dollars (environ 100 mille dinars). C'est en tout cas ce que demande son club. Prenez, actuellement au Cameroun, le championnat est arrêté depuis 3 semaines parce que les clubs n'ont plus d'argent et qu'ils attendent une intervention financière de l'Etat. Je vous laisse deviner le prix des joueurs. Alors quand je vois les prix à l'arrivée chez nous, il y a de quoi se poser des questions. Mais attention, pas tous les agents sont malhonnêtes. Mais ils sont rares».
Intervenants et solutions? «La FTF et l'amicale des présidents des clubs doivent réagir. La FIF des joueurs pros (dont Ali Boumnijel est le président) également. C'est une institution parrainée par la Fifa qui lui alloue d'ailleurs un budget. Partout, cette institution doit avoir un représentant auprès de la FTF, comme c'est le cas au Maroc par exemple où l'ex-international El Haddaoui fait du très bon travail. Au Ghana, c'est Bafoé qui assume ce rôle. C'est des institutions qui ont une subvention Fifa, un bureau, un secrétariat, etc. et c'est de son devoir de bouger pour combattre ces phénomènes extrasportifs qui font énormément de tort à notre football et son image».
Conclusion : l'inflation, les faux agents, les intervenants et bénéficiaires (quelques présidents de clubs, dirigeants, entraîneurs et journalistes) sont bel et bien là.
La FTF, la Ligue, l'amicale des présidents des clubs et celle des joueurs pros aussi. Sans résultat aucun jusqu'à présent !


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