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«Il faut oser prendre des mesures décisives»
Quelle Politique monétaire aujourd'hui ? - Trois questions à Tarak Cherif, président de la Conect
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 09 - 2012

Quelle politique monétaire à engager en Tunisie à court terme et moyen terme ?
Tout d'abord, il convient de préciser que la politique monétaire ne constitue, en fait, qu'un volet de tout un ensemble plus vaste et plus complexe qu'est la politique économique.
Elle constitue toutefois un moyen fondamental dont disposent l'Etat et la Banque centrale pour agir sur l'activité économique et l'orienter selon les choix, les stratégies et les objectifs arrêtés. C'est aussi un important outil de régulation des prix et de l'équilibre du commerce extérieur.
De là on comprend les raisons pour lesquelles la politique monétaire ne peut être figée. Elle doit, au contraire, évoluer et faire l'objet d'ajustements réguliers surtout en période de transition et de difficultés économiques en vue d'atteindre les équilibres visés aux niveaux de la croissance, de la stabilité des prix, de l'équilibre de la balance des paiements et de la promotion des investissements et de la création d'emplois.
La politique monétaire a donc une importance capitale mais ce n'est certainement pas uniquement par des mesures monétaires et par l'extension ou la limitation du crédit ou par la réduction ou l'augmentation du taux d'intérêt qu'on améliorera la situation économique ou qu'on remédiera aux effets d'une politique et de stratégies économiques inappropriées ou inadaptées aux exigences de la situation et aux attentes des opérateurs concernés.
Dès lors, il faut s'attaquer au vrai problème : la politique économique elle-même avec toutes ses composantes relatives aux orientations et aux choix stratégiques, au système d'incitations aux investissements, au système fiscal, aux salaires et à la législation du travail, aux prix, à la politique de promotion des exportations et bien sûr aux conditions de financement et de crédit.
La politique monétaire constitue ainsi un moyen décisif d'action et de régulation permettant d'apporter au moment opportun et de manière rapide et réactive les correctifs jugés nécessaires à la réalisation des objectifs arrêtés.
L'objectif de la politique monétaire n'est donc pas de définir des choix ou des stratégies ou de parer à l'absence d'une politique économique claire et cohérente, mais plutôt d'apporter les éléments nécessaires et complémentaires à la réalisation des objectifs d'une politique économique adoptée.
Les mesures d'ordre monétaire concernent souvent des aspects conjoncturels. Elles sont de ce fait sujettes à des révisions et à des changements plus ou moins fréquents selon l'évolution de la conjoncture. La meilleure illustration c'est la réduction, il y avait quelques mois, du taux directeur de la Banque centrale et la décision de son augmentation récemment.
Il faut donc à mon sens s'attaquer aux causes plutôt qu'aux effets ! Nous devons tous agir de manière responsable et avec la célérité requise pour réaliser une refonte totale de notre cadre législatif, de nos mesures d'incitations aux investissements, de notre système fiscal, de nos dispositions d'encouragements à la création d'emplois, de notre politique du développement régional, de notre système du dialogue social...
Je dis bien refonte et non réforme car les défis sont de taille et la relance économique et le développement ne peuvent être la résultante de réformes classiques ou de simples mesures correctives ou de décisions d'ordre monétaire uniquement.
Il faut oser prendre des mesures décisives, réellement incitatives et à même de provoquer la réaction attendue des investisseurs locaux et étrangers.
Cette approche est incontournable surtout que de nombreux pays, à l'instar du Maroc et surtout de la Turquie, ont opté pour des politiques forts agressives qui n'ont pas tardé à apporter leurs fruits.
A titre d'exemple, la Turquie accorde pour certaines zones géographiques des avantages substantiels, tels que la mise à la disposition des investisseurs et à titre gratuit des terrains industriels nécessaires, l'exonération fiscale totale et la prise en charge par l'Etat des charges de la sécurité sociale pendant douze ans.
Quant aux pays généralement «émetteurs» d'IDE, ils ont engagé des actions tendant non seulement à éviter la délocalisation mais même à inciter à la relocalisation !!
Que pensez-vous de la politique monétaire expansionniste que le gouvernement provisoire a choisi d'adopter en 2012 ?
Le premier souci du gouvernement et de tous les Tunisiens reste la reprise économique, la relance de l'investissement et la création d'emplois. C'est dans ce contexte précis qu'il faut placer les choix et les décisions du gouvernement.
Une politique monétaire expansionniste stimule sûrement, à court terme, l'investissement et la demande mais elle présente des limites et des risques certains et ne peut nullement constituer une stratégie de moyen et a fortiori de long terme.
Les principaux risques résident principalement dans les tendances inflationnistes qui en découlent et dans la réalisation de choix et d'investissements ne répondant pas aux vrais critères de viabilité et de rentabilité économiques.
La dernière décision de la BCT concernant la révision du taux d'intérêt directeur vers la hausse constitue la meilleure réponse.
Pensez-vous que cette politique monétaire pourra être la solution idoine aux difficultés auxquelles font face les chefs d'entreprise en matière d'accès aux financements ?
En cette période difficile de transition que connaît l'économie du pays, les entreprises se heurtent à deux types de problèmes.
Des problèmes immédiats qui concernent la liquidité et qui sont en fait la résultante de la baisse et de la perturbation du niveau de leur activité. Une politique monétaire expansionniste « surveillée » et raisonnable peut contribuer à faire face à une telle situation.
Le deuxième type de problème est certes beaucoup plus profond et de loin plus important.
C'est celui de la politique et des choix économiques que je viens d'évoquer plus haut.
Sans une bonne visibilité, des politiques et des stratégies résolument incitatives, claires et adaptées concernant tous les domaine juridiques, fiscaux, sociaux et financiers la relance tardera à se réaliser et le manque à gagner résultant des opportunités perdues ne fera que s'accumuler.
Nous devons tous veiller au respect de l'échéance annoncée de décembre 2012 pour réussir le premier grand projet tant attendu au niveau intérieur mais également extérieur de promulgation du nouveau code d'incitations aux investissements et entamer sans plus tarder les autres actions de refonte de notre politique économique.


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