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N'est-il pas temps pour notre jeunesse de prendre les destinées de la Tunisie en main?
Opinion
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 10 - 2012


Par Mnaouer BEN HAMED*
Une certitude d'abord : aucune surenchère n'est plus permise. La Tunisie, avec son drapeau, son hymne national, ses frontières et sa géographie est aimée de l'écrasante majorité de ses enfants (hors les partisans nostalgiques d'un Califat impérial qui entendent la dissoudre dans une utopie passéiste salafiste), ceux qui sont attachés, depuis toujours, à son histoire prestigieuse, à sa personnalité culturelle qui a l'Islam pour principal fondement identitaire et civilisationnel, au génie spécifique de son peuple et de son élite réformatrice, au caractère séculier de son régime, à son modèle de société civile basé sur la modération, la tolérance et l'ouverture sur la modernité, à ses acquis humanistes, moraux et matériels et, plus encore et surtout, à son avenir.
Un constat ensuite : aujourd'hui, un peu moins de deux ans après la révolution du 14 janvier 2011, il n'est pas exagéré de dire que la Tunisie est à la dérive, au bord d'une discorde si profonde qu'elle pourrait déboucher, à Dieu ne plaise, sur une «fitna» dont nous voyons, du reste, poindre, de jour en jour, les prémices et les ingrédients. Et nul ne saurait être seul montré du doigt pour en porter la responsabilité. Car, celle-ci est collective. Tout se passe comme si le pays baignait dans une sorte de climat malsain, une manière de psychodrame où chacun, libéré de frustrations et de fantasmes longtemps enfouis et contenus, donnerait cours, dans l'outrance et la violence, à l'expression de ses pulsions les plus extrêmes. Partout et parmi tous, ce ne sont que rancœurs accumulées, envies inavouées de vengeance, tentatives d'élimination et d'anéantissement de «l'autre», crocs en jambes, jets d'anthèmes de tous bords, querelles d'ego, discours menaçants, double langage, revirements, reniements, impostures en tous genres, arrière-pensées et calculs sordides, agendas secrets dictés de l'intérieur comme de l'extérieure, multiples tentatives d'intoxication de l'opinion... Le passé, sans cesse ressassé par les protagonistes, qu'ils se nomment rivaux, adversaires ou ennemis, est lourd, à la mesure du passif. Mais il débouche sur un débat stérile et fossilisé. Ce ne sont que recueils d'antiennes reprises entre eux par les anciens ou par le biais des plus jeunes pour régler de vieux comptes ou prendre on ne sait quelle revanche sur des itinéraires délités ou des carrières contrariées.
Paradoxe: le pays est en ébullition permanente, résultat d'une révolution éruptive, en même temps qu'il semble figé par l'extrémisme même des revendications en tout genre, par tous et partout exprimées, et par le paroxysme des situations vécues.
Comment ne pas constater avec la plus grande inquiétude que le dialogue entre les principaux protagonistes est un dialogue de sourds si tant est qu'il ait jamais réellement existé, chacun surfant à loisir sur la vague révolutionnaire et prenant à témoin le peuple, à travers des médias asservis ou à asservir pour apparaître comme le champion de la démocratie et le plus apte à conduire la Tunisie vers les rivages promis du progrès et de la prospérité ?
Mais la vérité est qu'aujourd'hui la Tunisie, son peuple, sa jeunesse et ses régions laissées pour compte souffrent, expriment une impatience légitime et ahanent chaque jour, sous le poids de la pauvreté, du dénuement, de l'incurie des institutions nouvelles (Assemblée constituante, gouvernement...), et des promesses non tenues, renvoyant dos à dos pouvoir et opposition, incapables de s'entendre sur les voies les meilleures et les plus rapides pour instaurer la concorde, réaliser les objectifs politiques, économiques et sociaux de la révolution et sortir le pays de l'ornière.
Devant une telle situation de crise aiguë où, malgré les efforts d'un gouvernement sans boussole et sans programme précis, nombre d'indicateurs sont au rouge, plaçant le pays en état de récession, où la confiance, ce moteur essentiel à toute activité humaine, se trouve peu à peu sapée jusqu'à disparaître pour laisser place à l'inquiétude sinon à la peur, et sans vouloir jouer les mauvais Cassandre, ni alarmer outre mesure une opinion déjà suffisamment agitée et angoissée, il faut affirmer haut et fort que la Tunisie va dans un mur et que son horizon demeurera de plus en plus incertain si ses propres enfants ne sonnent pas le réveil dans une prise de conscience collective, indispensable autant que salutaire.
Que faire ? Il faudra bien arrêter cette chute vers les abysses et changer de comportement. Pour cela, foin de ces discours recuits essentiellement accaparés par tous ces ténors, anciens et plus jeunes qui ont les antagonismes, les rancunes et les règlements de compte du passé en partage. Foin de ce spectacle lamentable d'une classe politique (toutes tendances confondues) schizophrène, profondément divisée où le ressentiment et la soif de pouvoir se nourrissent mutuellement. Or, on ne construit rien de grand ni de durable avec le ressentiment. Il faut avoir le courage de déclarer l'action, le rendu et le bilan de la classe politique actuelle négatifs dans l'ensemble et disqualifiants. Deux exemples éloquents, parmi d'autres, pour témoigner de l'impéritie de cette classe. Premier exemple : fallait-il perdre autant de temps à démettre un gouverneur de la Banque centrale unanimement reconnu comme compétent, et à en chercher un autre pour finir par désigner un quasi-octogénaire, transfuge de l'ancien régime, dans un pays où les jeunes de 1 à 59 ans représentent 90% de la population, signifiant par là-même qu'il n'est pas de cadres jeunes et suffisamment aguerris pour remplir avec succès cette fonction? Quel signal plus maladroit et plus méprisant à l'adresse de nos jeunes ! Second exemple : devant l'impossibilité pour les principaux acteurs politiques de trouver un terrain d'entente et de dialogue, susceptible d'endiguer la crise, l'Ugtt, organisation historique respectée par tous, propose — heureuse initiative réussie — d'organiser et d'abriter un dialogue national à même de dégager un consensus salutaire et rassurant. Mais c'est sans compter avec les calcules d'apothicaire, les égoïsmes, les manœuvres et les faux-fuyants tendant à faire capoter le projet en excipant de motifs parmi les plus fallacieux, dans ce qui est apparu comme un vaudeville indigne.
Foin encore de ces méthodes de gouvernement obsolètes que l'on nous ressert et qui ont largement montré leurs limites. Foin toujours de ces duels fratricides qui apostrophent le passé et se complaisent maladivement à en faire l'inventaire beaucoup plus qu'ils n'interpellent l'avenir.
La révolution est venue changer les mentalités et les approches, jeter sur le monde une vision nouvelle. Elle veut regarder devant elle en s'inspirant des lumières du passé mais non pas de ses obscurités rétrogrades. A temps nouveaux, hommes nouveaux. La révolution tunisienne a été faite par les jeunes. Elle a été aussitôt confisquée, entre autres, par nombre de sexagénaires, septuagénaires et autres octogénaires, soudain sortis du bois comme pour nous installer dans une sorte de gérontocratie anachronique. Empressons-nous de dire, ici, que l'action politique n'a pas d'âge et qu'elle reste un choix libre à l'appréciation de chacun. De reconnaître aussi qu'à ces aînés émérites, nous devons, certes, respect et reconnaissance pour leur militantisme, leur savoir, leur contribution à l'édification de l'Etat et leur expérience toujours utile. Mais il est des espaces institutionnels pour faire profiter le pays et la communauté nationale de ce savoir et de cette expérience, sans mêler nos sages au pancrace politique qui a cours, aujourd'hui, dans nos espaces publics. Il est temps, plus que jamais, que ces aînés passent d'ores et déjà le témoin à leurs cadets, et ce, d'autant plus lorsque ces derniers n'ont pas été mêlés aux contentieux du passé. Selon les projections démographiques de 2011, les personnes âgées de 15 à 59 ans représentent 66% de la population, alors que celles âgées de 60 ans et plus représentent 9,9%. Le moment n'est-il pas venu, sans faire de «jeunisme» mal placé ni opposer les générations entre elles, de faire confiance et donner le pouvoir exécutif du pays à nos jeunes, trentenaires, quadragénaires et quinquagénaires, formés dans nos universités comme à l'étranger et riches de l'expérience qu'ils ont pu acquérir dans notre administration (laquelle tient le pays à bout de bras depuis la révolution) et ailleurs, et qui sont le mieux susceptibles, aujourd'hui, d'apporter le sang nouveau, les idées nouvelles et cette proximité avec le citoyen, gages d'une plus grande crédibilité et d'une meilleure efficience de l'action politique et de la résurrection de notre pays.
Pourquoi ne pas promouvoir une nouvelle génération de dirigeants, lesquels sont légion, et parier sur leurs qualités, leur enthousiasme et leur amour pour la patrie, à présent que la révolution est venue débarrasser peu à peu la Tunisie des miasmes du passé et des blocages de la tyrannie pour la projeter sur le chemin difficile des défis de la reconstruction? Pourquoi la Tunisie n'aurait-elle pas, par exemple, davantage besoin d'un président de la République jeune, rassembleur, épargné par les pesanteurs du passé, autre que les noms connus que les médias nous avancent fréquemment comme pour nous les imposer? Convenir de cela, c'est ouvrir de nouvelles et larges perspectives d'espoir à notre jeunesse inactive, à nos jeunes diplômés de l'enseignement supérieur et à tous les jeunes Tunisiens qui s'illustrent à l'étranger et qui trouveraient là bien du sens et de convaincantes raisons de regagner leurs pays, de le faire profiter de leur savoir et de leur expérience en d'y vivre dans la liberté et la dignité
*(Universitaire)


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