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Les leçons aux médias : ça suffit !
Télévision
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 10 - 2012

Y en a vraiment marre : de plus en plus, n'importe qui sévit dans les studios et les plateaux pour se complaire dans la critique et l'insulte des médias nationaux, comme bon lui semble, sans argumentaire fondé et sensé. Ces détracteurs de la presse écrite et audiovisuelle s'autoproclament «protecteurs de la révolution», alors que personne ne leur a demandé de la protéger surtout qu'ils n'y ont pas participé. Car, ce sont, seulement, les martyrs, les blessés, les démuni (e)s aux mains calleuses, les chômeurs et les damnés de la Tunisie profonde qui ont façonné, dans un souffle vaillant de révolte contre l'oppression, le chômage, la misère et le manque de dignité, la Révolution que tout le monde, entre «loups et chacals», veut voler et s'approprier.
Outre certaines figures politiques des partis au pouvoir, les derniers individus en date à s'attaquer aux journalistes et à s'ériger en donneurs de leçons, sont ceux qui chapeautent, aujourd'hui, la campagne Ikbiss. Tel ce Mosaâb Ben Ammar, surgi d'on ne sait où, qui, interrogé, la semaine dernière, par deux chaînes locales au moins, a noyé les téléspectateurs sous une avalanche d'accusations primaires, généralisatrices et insultantes sur l'incompétence, ainsi que le manque d'objectivité et de professionnalisme des journalistes. Qui, selon lui, à quelques rares exceptions près, roulent pour l'agenda politique de l'opposition, contre celui de la Troika (sic). Encore une fois prévaut la théorie du complot, chère à ceux qui, faute de vrais arguments convaincants, sombrent dans la paranoïa, le délire et la manipulation idéologique. Ce hâbleur qui brasse le vent de la haine et de la violence verbale, méritait-il qu'on l'invite dans les studios et qu'on lui tende le micro pour pérorer et répéter à l'envi la leçon que «ses employeurs » lui ont «grassement dictée » et apprise.
Pis, comme tant d'autres détracteurs, il n'évoque aucun exemple précis de manquement à la profession, mais de vagues diatribes laissant entendre qu'avec ses compères, il a trouvé la solution à tous les maux des médias, la meilleure voie pour sortir de l'ornière : «c'est de faire du journalisme révolutionnaire», comprenez de propagande, façon caresses dans le sens du poil, à l'endroit du gouvernement et des partis au pouvoir, notamment Ennahdha. Qui, pourtant, hante le paysage médiatique à travers les infos, les débats, les entretiens, etc. Trêve de populisme et de manipulation des esprits, car seuls les spécialistes, entre chercheurs et universitaires, nourris des connaissances scientifiques et pédagogiques requises, peuvent évaluer la prestation des médias par l'analyse quantitative et qualitative de leurs produits. Et souhaitons qu'ils le fassent afin de rabattre le caquet à beaucoup d'intrus qui conçoivent l'information non pas comme un quatrième pouvoir mais comme un pouvoir à mettre à genoux, dans une sorte de nostalgie d'un temps révolu. A preuve quand les journalistes essayent de faire leur métier à chaud sur le terrain pour relater la réalité, telle quelle, par l'image et le son aux millions de téléspectateurs ils sont violentés tantôt par les citoyens ou les milices qui s'en prennent également à la caméra, tantôt par les forces de l'ordre. Et les exemples sont nombreux, notamment lors de la couverture de manifestations, sit-in et grèves. La dernière agression en date est celle subie par les journalistes Zouhour Marzouki et Moez Sliman de la chaîne El Hiwar Ettounssi qui ont été agressés, lors de la couverture de la manifestation de Gabès, par les forces de l'ordre. Ensuite le journaliste-caméraman a été, selon la déclaration de la correspondante, «emmené au poste de police, où il a été menotté et mis à genoux, insulté et agressé verbalement et physiquement à coups de matraque sur la tête et sur toutes les parties du corps avec en sus un chapelet d'insultes indécentes le visant ainsi que le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt). Le cameraman, qui a dû être transporté à l'hôpital, considère que «ces agissements ont pour but d'intimider et de terroriser les journalistes afin de les faire taire et de les empêcher de faire leur métier et d'informer le public». Cette conception montre qu'il n'existe pas de réelle volonté du gouvernement de laisser les médias travailler librement dans la transparence et que c'est au contraire la volonté d'occulter et de censurer l'information qui prévaut. Désolant tout ça, a fortiori dans une période de transition démocratique.
L'audimat à tout prix
Nous le répétons encore une fois : pour créer de l'audimat à tout prix, certaines chaînes n'hésitent pas à recourir au voyeurisme et au sensationnel. Or, Ettounssia semble se spécialiser dans le genre, après l'invitation, dans l'émission Labbès, de deux femmes, la première violée par deux policiers et la deuxième victime d'un réseau de prostitution tuniso-libanais, pour raconter, avec menus détails et dans la souffrance, ce qu'elles ont subi, voilà que dans une autre émission copié-collé façon On n'est pas encore couché de France 2, on nous remet ça. Lundi dernier, sur le même plateau de l'émission, l'animateur a mis face à face l'huile et le feu, le musicien-humoriste Bendirman et Bahri Jelassi, président-fondateur du parti de «la gratuité» «El Infitah wal wafa» (Ouverture et fidélité) qui tire sur tous les acquis et droits des Femmes, dont le Code du Statut Personnel appelant à la polygamie, le mariage des filles à 13 ans, donc la pédophilie, d'où la plainte à son encontre par le ministère de la Femme et de la famille. Celui qui défend toutes ces idées saugrenues et moyenâgeuses a fait des siennes, sur le plateau, ressassant son discours vénéneux tout en traitant Bendirman et Maram Ben Aziza, cette autre invitée, de «moralement corrompus» et de traiter notre musicien-humoriste de «mécréant». Cela à telle enseigne qu'on est presque venu aux mains entre les deux invités, suscitant l'appréhension aussi bien de l'animateur dépassé que celle des téléspectateurs, donnant, par là, une piètre image des deux générations qu'ils représentent.
La question qui se pose, alors, est la suivante : faut-il, au nom de la démocratie, donner la parole à n'importe qui et à certains individus tel ce Bahri Jelassi, et ouvrir les micros à toutes sortes de discours, même les plus dangereux, exécrables, abjects et fascistes? Il est clair que pareils quidams ne méritent nullement qu'on les écoute et qu'on leur prête attention, tant leurs propos renvoient aux «bas instincts», comme l'a si bien dit cet autre invité sur le plateau, Heythem Mekki. Des instincts qui suscitent la pollution du cœur et de l'esprit empoisonnant grandement la société, la paix sociale et l'atmosphère ambiante. Certes il est vrai «que l'homme n'a pas d'idées» comme l'a clamé May, la chroniqueuse de l'émission, toutefois, et contrairement à ce qu'elle a avancé, ce chef de file de la misogynie est non seulement dangereux en raison de son mépris pour la femme, donc pour l'homme, mais aussi son rejet du Code du Statut personnel, son appel à la perversité sexuelle et sa tendance à vouloir frapper d'anathème et d'hérésie tous ceux qui n'entrent pas dans son propre moule. Il est d'autant plus dangereux qu'il n'a aucun respect pour les fondements et principes de la démocratie, voulant juste en profiter pour intoxiquer les sans- volonté et les faibles d'esprit. Lui offrir, donc, la parole c'est donner à son piètre discours une audibilité et une visibilité (soit l'accès à des milliers de téléspectateurs, loin d'être tous vigilants) qu'il ne mérite guère, à moins de chercher le sensationnel, autrement dit un effet spectaculaire immédiat juste pour assurer une bonne audience et cet audimat tant convoité.
Pis, focaliser les lumières de cette façon et pendant tout ce temps sur un tel personnage, venu asséner un tel discours sur l'exploitation sexuelle des enfants que la loi punit, et a fortiori à l'heure du prime time, c'est aussi, quelque part, vouloir faire diversion des véritables problèmes des citoyens et des préoccupations du peuple. Lequel a fait la Révolution non pas pour la polygamie et la pédophilie, mais, ça fait toujours du bien de le répéter, pour l'emploi, la dignité et la liberté. Encore une fois, vivement la Haute instance de la communication et de l'audiovisuel (Haica).


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