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Rousseau et la révolution tunisienne
Autrement dit
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 11 - 2012

Bergson, — c'était en 1912—, disait de Rousseau qu'il était, «par excellence, l'homme qu'on discute sans le connaître». Cette remarque garde, encore aujourd'hui, toute son actualité.
Depuis la révolution tunisienne, et hormis, bien sûr, les politiques, les gens du barreau, les spécialistes du droit, les professeurs en science-po... (à travers nos pages «Opinions»), j'ai rarement lu quelque chose de consistant au sujet de ce grand homme qui avait pourtant contribué, au siècle des Lumières, à l'enclenchement formidable de la Révolution française et ses répercussions dans le monde entier.
Ceux de ma génération et moi-même, qui avons navigué durant l'ère bourguibienne et celle du président déchu, jusqu'à ce 14 janvier historique, cela ne nous frisait même pas l'esprit, à travers tant de dictature implacable, et ne nous concernerait même pas aussi.
J'ai retrouvé, dans mes vieux cartons endormis dans la cave, depuis des lustres, le Contrat social de Jean-Jacques (*) que je n'avais plus relu depuis l'année Philo, à Carnot, ainsi que Les Misérables de Victor Hugo (le roman et le film) où Gavroche, le jeune et vaillant héros tenant le drapeau tricolore, sur une barricade, s'écriait: «Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau...)».
Haï par les uns qui le traitaient de «malfaiteur» et «responsable», comme Voltaire, de la Révolution française, honoré par les autres, misérables citoyens sans nul secours et qui désiraient une Constitution basée sur la Liberté, l'Egalité, la Fraternité, valable pour tous, Rousseau est demeuré un «emblème» et comme le «citoyen du monde» le plus connu et le plus prisé, jusqu'à ce jour. Je regrette, donc, et je m'en indigne de n'avoir pas entretenu cet état d'esprit rousseauniste, ne serait-ce que pour me confronter, durant toutes ces décennies, où tous ces vocables de liberté, égalité, fraternité n'avaient plus de sens dans notre pays et partout ailleurs dans le monde arabe.
Pendant longtemps, et du fait de ma carrière journalistique, de mon métier de critique d'art, mes références allaient plutôt à Diderot, l'encyclopédiste, et l'un des premiers critiques d'art avisé, bien que Rousseau eût, par ailleurs, à travers son vaste savoir, quelque chose à avoir avec l'art, en son temps. En effet, il avait participé à un premier concours d'éloquence (en 1750) répondant ainsi, très bien, à la littérature du sujet qui avait pour thème : «Le rétablissement des sciences et des arts comme moyens de contribuer à épurer les mœurs.»Diderot m'avait appris, alors que j'étais encore jeune et plein d'élan, que la notion d'«instinct» voulait dire «appétit du plaisir». J'ai retrouvé cela dans le domaine de l'art, à travers les œuvres d'artistes classiques, depuis le siècle des Lumières, mais aussi contemporains et modernes en Tunisie et ailleurs. Ainsi m'étais-je conformé à cette idée, me «réglant» pour en suivre les actualités et leurs développements. Alors que chez Rousseau, — comme je le redécouvre encore aujourd'hui — Rousseau le philosophe et le politique, plutôt inquiet par nature, le même vocable d'«instinct» était ce signe par quoi l'homme “acquiesce à l'ordre que Dieu établit". Il faut évoquer, en son temps, Genève, bien sûr, et le protestantisme rigoureux. Il était, donc, contre la doctrine de ses contemporains, les Encyclopédistes, notamment, et qui était «celle qui met les passions à leur aise».
Aujourd'hui, chez nous, en Tunisie, nous devons peut-être continuer nos passions, les mettre à l'aise. Nos passions dans le domaine des arts et des sciences qui ne sont pas des domaines qui se contredisent. Mais le religieux, la foi, c'est quelque chose d'ordre personnel. Il ne faut pas attiser, comme à leur époque ces philosophes, les guerres de religions. Aujourd'hui, l'Islam et la chrétienté qui sont des religions parentes ou apparentées, comme l'on veut. L'Orient et l'Occident aussi...
Dans le Contrat social, Jean-Jacques Rousseau développe son inquiétude philosophique et nous la redécouvrons, avec lui, pour ce qui concerne la Tunisie et sa petite-grande révolution qui a tellement soif de vérité et de justice, et qui l'a fait entendre au monde entier. Il faut lire et relire le Contrat social, exemple extraordinaire, pour peaufiner une véritable Constitution digne de ce nom. Celle qui nous préservera de bien des abus, des idées fausses ou tronquées, des arrière-pensées qui nous priveraient de tout. Et, comme le souligne le cher Jean-Jacques (p55) : «renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs». A bon entendeur...
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(*) J.J. Rousseau Du contrat social
Col.10/18. Union générale d'éditions 1963


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