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«La responsabilité est partagée»
Violence scolaire— Entretien avec le Pr Abdelwaheb Mahjoub
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 12 - 2012

Plus de 5.000 établissements éducatifs ont été attaqués depuis l'année dernière. Les pertes s'élèvent à 32 millions de dinars, selon le ministère de l'Education qui tire la sonnette d'alarme sur un phénomène en passe de devenir banal. Pour lutter contre la violence scolaire, le ministère organise une semaine nationale de la protection des établissements éducatifs. Des biens saccagés et des professeurs agressés : le climat scolaire s'échauffe, à l'image d'une société en ébullition. Explications avec le Pr Abdelwaheb Mahjoub, psychologue social.
Comment expliquer la flambée de violence dans les établissements éducatifs?
Depuis la révolution, les normes et les règles sociétales ont basculé dans une situation de violence générale. Les frontières de l'école sont ouvertes sur le monde extérieur, lequel monde est en ébullition Avant, l'école était une affaire d'Etat. Aujourd'hui, plusieurs intervenants politisent à leur manière l'espace éducatif. En l'absence de repères, le passage à l'acte devient facile. Au lycée, les élèves, en pleine adolescence, sont les plus prédisposés à s'attaquer à l'autorité. L'ordre, le respect, la politesse, ...ne sont plus à l'ordre du jour. Ce qui se passe à l'école est la résultante de ce qui se produit au sein de l'entreprise économique ou encore dans les administrations... Il faut cependant relativiser : la situation n'est pas chaotique. Le corps enseignant essaie malgré tout de maintenir l'ordre et d'assurer le bon fonctionnement de la classe.
On reproche souvent à l'enseignant son manque d'autorité...
C'est facile d'accuser l'enseignant. Eduquer une seule personne se révèle parfois compliqué, que dire d'une trentaine ou d'une quarantaine d'élèves, récalcitrants, turbulents,... dans une même classe. Dans le contexte actuel, l'enseignant est dans une situation de fragilité tout comme le reste des citoyens... On lui demande de maîtriser la classe, de ne pas brusquer l'élève, de savoir communiquer avec lui et d'instaurer la discipline : la tâche n'est pas aisée. Les dérapages sont possibles. Plus la tension monte, plus l'enseignant va réagir négativement. Afin d'imposer son autorité, il va puiser dans le registre agressif. Et pour faire face à ce genre de situation, les professeurs ont besoin de formation en matière de gestion de conflits avec les élèves ; ils ont besoin aussi d'une amélioration de leurs conditions de travail ; ils ont enfin besoin d'un coup de main, ne serait-ce que moral de la part des familles. Certains parents dénigrent le rendement des enseignants et se permettent de les attaquer et de les ridiculiser. Comment voulez-vous dès lors que l'enfant respecte son professeur ? Les parents qui ne respectent pas le corps enseignant incitent implicitement leurs enfants à défier son autorité.
Jadis, c'étaient les enfants qui se plaignaient du châtiment corporel, aujourd'hui c'est le personnel éducatif qui subit toutes sortes de violences scolaires, fallait-il abolir la punition physique?
Il y a désormais une législation qui interdit les punitions à l'école. Comme toute loi, elle souffre indéniablement de sa confrontation avec la réalité. Les études ont démontré toutefois que l'on éduque mieux avec la récompense (matérielle ou morale) qu'au moyen du châtiment corporel. Les résultats sont toujours meilleurs lorsque l'élève est récompensé. Il ne faut jamais oublier que l'école est aussi un espace pour apprendre les valeurs des droits humains... Sommes-nous parvenus à cet objectif ? C'est la question...
L'élève, principal acteur des violences scolaires, n'est-il pas aussi victime?
L'élève est à la fois acteur, victime et témoin... Il ne l'est pas uniquement à l'école, il l'est également à la maison, dans la rue, devant la télé... Il est continuellement en apprentissage. Il apprend quand il est agresseur et quand il est agressé. A l'école, l'élève est le centre d'intérêt de toute l'institution. En dehors de l'école, c'est plus compliqué. Aujourd'hui, la violence exercée aux environs des établissements scolaires s'amplifie (bagarres, harcèlement, vols, vente de drogue...). C'est une réelle préoccupation pour les responsables et pour les parents. Il faut que les décideurs établissent une stratégie claire pour protéger l'élève et rendre à l'école sa sérénité et son prestige.
A chaque acte de violence, on se renvoie la balle : les parents qui accusent l'école de faillir à sa mission, le corps enseignant qui reproche à l'élève son manque d'éducation. Qui en est le plus responsable selon vous?
La responsabilité est partagée. On peut trouver une explication à chaque défaillance sans pour autant accuser telle partie d'en être à l'origine. La famille aussi bien que l'école sont le maillon d'une chaîne. L'enfant n'appartient pas uniquement à sa famille. C'est l'enfant de tout le monde (école, voisinage, média...). Pour faire face à la violence scolaire, il faut l'implication et la contribution de tous. La famille tunisienne croit aux valeurs de l'institution éducative mais en même temps elle ne peut s'empêcher de l'attaquer. C'est un paradoxe. Dans une étude réalisée en 2005 par le Centre national d'innovation pédagogique et de recherche en éducation, les parents —surtout les mères— considèrent que les cours particuliers obligatoires dénigrent l'effort fourni par l'élève en classe. Cependant, ils acceptent de les payer. Ce paradoxe révèle en fait le désir de voir son enfant réussir... à tout prix.
Certains parents considèrent que le modèle éducatif traditionnel est le meilleur... Qu'en pensez-vous?
Les parents connaissent-ils tous les modèles scolaires? C'est normal, on se réfère généralement au modèle qui fait ses preuves. Cependant, la société évolue. Il faut créer le modèle d'aujourd'hui, celui qui répondrait aux exigences de l'étape actuelle. C'est pour cette raison que l'on appelle constamment à des réformes de l'enseignement. Les solutions apportées au système éducatif sont par nature des solutions provisoires : un système d'éducation est un système vivant.


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