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Un regard chorégraphique autour de l'agora
Terminus Place Barcelone de Ahmed Mahfoudh
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 12 - 2012

Cette troupe vibrante de l'écrivain Ahmed Mahfoudh réclame son droit à la folie, revêt un manteau semblable à celui de Gogol, mais dont les ambitions revêtent des dedans purs et beaux
Notre époque est fort malade, disait Cocteau, elle a inventé «l'évasion». Cette évasion a commencé par un terminus «Terminus Place Barcelone» qui ne se termine jamais. Errant d'une place à une autre, chaque acteur de la société déballe sa poussière, «une poussière de vie» où chaque cendre souffre sa brûlure : Hattab, un simple fonctionnaire qui se suffit d'un minable salaire, mais dont le grand châtiment était de procurer à sa belle fiancée un robot culinaire vital. Une jeune fille, la douce Latifa, qui a été exploitée par un jeune homme puissant et dont l'argent est le feu d'artifice. Nour, la jeune fille-mère, qui enfante un rêve pur : celui d'être une danseuse, mais que la vie embourbe dans la saleté des vêtements. Enfin, Wajd, l'ardent et le fou de théâtre, qui se brûle les doigts et l'âme dans une graisse héréditaire, et dont la famille, royalement dogmatique, le prive même de sa vie qui se veut épicurienne et voluptueuse.
Les rues de la Place Barcelone dans le quotidien théâtral sont «assaisonnées» d'histoires ferventes et envoûtantes, où les saisons s'étoffent de poésie et de lyrisme généreux: «Un décor enchanteur où tout était lumière, luxe, confort et beauté... miroirs scintillants qui lui renvoyaient les apparats d'une ville vitrine » où tout est exposé, seuls «les reflets or et sang» étoilaient la toile noire sur un chevalet blanc du roman, ces reflets qui ne sont que lumière, poésie et sang-esprit.
Cette troupe vibrante de l'écrivain Ahmed Mahfoudh réclame son droit à la folie, revêt un manteau semblable à celui de Gogol, mais dont les ambitions revêtent des dedans purs et beaux : «Neuf mois c'est le temps nécessaire à la conception, pensa-t-il. Pour l'amour de ma fiancée, je dois enfanter cette union dussé-je mourir en couches !».
L'engin culinaire et ce qu'a enduré Hattab nous rappellent subtilement ce qui est arrivé à Akaki, le personnage gogolien, Akaki a mis tout son effort, son argent et sa santé à s'acheter un manteau coûteux et de valeur, semblait-il et qui a été volé après tant de sacrifices, le même sort sera subi par Hattab, mais ce dernier sera l'unique à jouir d'un coup de grâce de la part du romancier.
Et voilà que seule l'écriture pourrait délivrer le cœur de toute frustration : le journal s'arrête au 7e jour, symbolisant le déluge et les volcans sentimentaux, les correspondances qui seront le lieu de l'émergence romantique et intellectuelle. Le roman, le journal, les correspondances, la poésie quadrillent la forme du carré fini, et c'est avec ces formes littéraires que s'installe alors la géométrie d'un espace éclaté.
Seul l'œil du romancier qui apparaît, à la fin, comme une naissance de toutes ces histoires, une station qui fait arrêter Mahfoudh devant un rideau de scène qui se lève tous les jours, mais c'est toujours lui qui le secoue pour faire naître une œuvre référée à «un langage qui parlerait tout seul», qui fait de la poésie sans le savoir, ce qu'appellerait Foucault «littérature».
Le privilège d'errer et de passer sans avoir égard de tout ordre qui entrave, permet de pouvoir tout voir et tout entendre.
Or, écrire c'est se répéter l'origine, c'est donc, comme a vu Foucault; écrire c'est faire retour : n'est-ce pas alors une façon d'annoncer le retour comme celui d'Ulysse à la terre natale après le plus long exil pour le modèle héroïque ?
Détour ou retour?
Ce serait plutôt le départ rimbaldien, à la fin du roman, où la folie trouve son chiffre de vérité dans l'Expérience vécue dans le monde et dans l'écriture où l'on apprenait à se connaître poète grâce aux ailes des pensées qui s'envolent.


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