Ezzeddine Saïdane pense que pour certains secteurs, l'Etat est irremplaçable et cite, entre autres, la sécurité, la santé, la distribution de l'eau et de l'électricité, les chemins de fer, etc. Il souligne qu'il n'est, toutefois, pas indiqué que l'Etat soit agriculteur, industriel ou commerçant car, relève-t-il, «il est évident que la privatisation est un instrument de politique économique et elle peut être un choix judicieux si elle vise à améliorer les performances des entreprises à privatiser». Notre interlocuteur cite, dans ce cadre, l'exemple des entreprises confisquées par l'Etat tunisien et relève que la gestion de ces entreprises par des administrateurs judiciaires a généré une détérioration de leur situation et ajoute que, dans ce cas précis, la privatisation s'avère être un bon choix, un choix qui vise à favoriser la croissance et la création de richesses et d'emplois. La politique de privatisation a toutefois des limites, note Saïdane. Il précise, à ce propos que certains secteurs ne doivent jamais être concernés par la privatisation et ajoute que l'expérience internationale a montré que la privatisation de certaines activités peut avoir un impact très négatif sur la sécurité des citoyens et sur la qualité du service. L'autre limite de la privatisation concerne, selon notre spécialiste, la manière de privatiser. Il pense, à ce propos, qu'il est essentiel de choisir le bon moment et la bonne manière de privatiser et ajoute que si la privatisation est motivée par des considérations simplement budgétaires, elle aboutit souvent à de mauvais résultats. Dans de tels cas de figures, les soumissionnaires savent que l'Etat a besoin de fonds et ont donc tendance à réduire leur offre. Ezzeddine Saïdane souligne, enfin, que la transparence est nécessaire pour toute privatisation, car elle permet de préserver aussi bien l'avenir de l'entreprise que l'intérêt de l'Etat. Il pense, en outre, qu'en aucun cas la privatisation ne doit être dictée par une décision politique, car ajoute-t-il, si la décision de privatiser est en soi une décision politique, la manière de privatiser ne doit pas être politique. En effet, la procédure doit être transparente et claire, relève-t-il encore et de conclure, que l'argent provenant des opérations de privatisation doit être acheminé vers des projets de développement et d'infrastructure.