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Adel Grar, président de l'AIB : Le private equity, une étape à intégrer avant l'introduction en Bourse
Economie d'endettement et finance directe
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 11 - 2012

«On se retrouve, aujourd'hui, face à une économie à deux vitesses, des PME qui n'ont pas évolué et qui souffrent d'un surendettement structurel et d'autres qui se sont développées sous forme de groupes mais qui souffrent aujourd'hui d'un problème de transmission. De plus, avec le mécanisme de surendettement couvert par des garanties réelles hors projet procurées par le promoteur, nous avons rendu nos entreprises invendables»
Selon certains économistes, le système bancaire aurait commencé à montrer ses limites en tant que principal pourvoyeur de fonds. En effet, la situation économique actuelle aussi bien à l'échelle internationale que nationale dicte une plus grande vigilance en matière d'endettement et d'octroi de crédits, ce nouveau contexte nécessite l'identification de nouvelles alternatives de financement.
Très peu développé et ne comptant que 59 entreprises cotées, le marché boursier tunisien est, très souvent, cité et défendu comme une alternative de choix pour financer l'entreprise et consolider ses fonds propres.
Toutefois, le marché financier est à appréhender à sa juste valeur et ne doit, guère, être considéré comme la seule solution au problème de financement de l'économie, tel est l'avis de Adel Grar, président de l'AIB (Association des intermédiaires en Bourse). Lui, il pense que le développement du marché financier est une affaire qui demande un peu de temps car c'est toute la culture entrepreneuriale et la structure économique qui devront être revues.
«A mon avis, il est essentiel de revenir sur l'histoire de la genèse de l'économie nationale depuis l'Indépendance pour pouvoir comprendre et mieux cerner les faiblesses qui commencent à se faire sentir, aujourd'hui», précise-t-il. Ajoutant que les faiblesses de l'entreprise tunisienne aujourd'hui sont structurelles et liées aux choix économiques faits depuis l'Indépendance. Il cite, à ce propos, la période post-indépendance marquée dans un premier temps par une nationalisation massive des entreprises existantes, suivie ensuite de la période Hédi Nouira où la priorité a été donnée à l'impulsion de l'investissement privé et la création d'une nouvelle génération de promoteurs avec des fonds propres limités.
A l'époque déjà, il y a eu quelques tentatives d'appel public à l'épargne comme moyen de «tunisifier» quelques industries existantes, rappelle M.Grar. Mais le secteur privé tunisien à l'époque n'était pas propice à l'investissement. Les capitaux privés étaient entre les mains de quelques riches terriens qui n'avaient pas d'ambitions de devenir des investisseurs promoteurs et qui préféraient placer leur argent dans un système bancaire qui commençait déjà à devenir solide et crédible, encourant, ainsi, moins de risque. Et c'est là qu'a été mise en place la politique économique impulsée à l'époque par Hédi Nouira, et qui visait essentiellement à créer une autre génération de promoteurs, financée à travers le système bancaire, ce qui a généré une économie d'endettement. Les banques ont joué dans cette époque un rôle central en tant qu'initiatrices d'un grand nombre de projets.
Après cette époque, l'économie tunisienne a connu deux grandes étapes, relève encore notre interlocuteur.
«Au départ, l'économie nationale était fortement soutenue et assistée par la France, ensuite et à partir de l'année 1973, soit depuis la crise pétrolière, la Tunisie a opté pour une politqiue de protectionnisme qui garantissait aux promoteurs tunisiens le développement sur le marché local. Cette politique transitionnelle devait permettre aux promoteurs de constituer les fonds propres nécessaires pour s'agrandir et se développer, objectif qui n'a pas été atteint du fait que le contexte politique, social et financier de l'époque (années 80) n'encourageait pas ces promoteurs à réinvestir leurs fonds dans leurs propres entreprises. Ils investissaient, donc, dans d'autres secteurs, notamment dans l'immobilier et le foncier», note A.Grar qui pense que ces choix sont favorisés par la structure même de l'entreprise tunisienne, une entreprise familiale où les dirigeants ne sont guère sensibilisés quant à l'importance de se développer, d'améliorer le produit et d'être plus compétitifs.
«Des entreprises qui choisissent d'aller sur le marché et non pas des entreprises qui y viennent par obligation»
Il y a quelques groupes qui se sont développés et qui sont, aujourd'hui, à la hauteur de pouvoir se financer sur le marché financier. La question qui se pose, toutefois, relève A.Grar, ces entreprises ont-elles la gouvernance, l'organisation et la structure nécessaires pour pouvoir faire appel à l'épargne publique?
«On se retrouve, aujourd'hui, face à une économie à deux vitesses , des PME qui n'ont pas évolué et qui souffrent d'un surendettement structurel et d'autres qui se sont développées sous forme de groupes mais qui souffrent aujourd'hui d'un problème de transmission. De plus, avec le mécanisme de surendettement couvert par des garanties réelles hors projet procurées par le promoteur, nous avons rendu nos entreprises invendables», souligne le spécialiste. Il note, dans ce même ordre d'idées, que la Bourse peut être un moyen de transmission des entreprises mais pas l'unique moyen et ajoute qu'il ne faut guère s'attendre à ce que les banques orientent les promoteurs vers le marché financier. Il pense, de son côté, qu'il est essentiel de mettre en place un contexte approprié qui décidera le chef d'entreprise à aller chercher des actionnaires.
«Le marché doit, en effet, répondre à un besoin de financement et je pense que les banquiers doivent sentir cela aujourd'hui et savoir qu'un bon projet peut être orienté vers le marché financier. Toutefois, ces cas restent rares et c'est essentiel que ce soit le promoteur lui-même qui ressent ce besoin de se développer, de faire face à la concurrence et de se fiancer sur le marché», précise-t-il encore et d'ajouter que la question qu'on doit se poser, à ce niveau, est de savoir combien d'entreprises, aujourd'hui, ont la gouvernance et la taille nécessaires pour aller sur le marché. Ces entreprises ne sont pas aussi nombreuses qu'on pourrait le penser, relève-t-il, faisant observer que même si un marché alternatif a été mis en place pour s'adapter aux PME, nombreuses sont les entreprises qui demeurent en dessous des exigences aussi bien du marché principal que du marché alternatif. Tel est le cas des entreprises familiales.
Il trouve, en outre, que c'est aux intermédiaires en Bourse d'aller vers l'entreprise et de collaborer avec le système bancaire pour identifier les entreprises ayant la taille et la gouvernance requises.
«Un cadre réglementaire attractif est, également, nécessaire pour redynamiser le marché financier», relève-t-il. «Un cadre qui ne privilégie ni l'endettement ni le marché boursier car, ajoute-t-il, nous voulons des entreprises qui choisissent d'aller sur le marché et non pas des entreprises qui y viennent par obligation».
Peut-on dire, à ce stade, que la marché financier peut financer l'économie en général? À cette question, A.Grar répond que le marché n'est qu'une alternative très sérieuse pour le financement des projets en fonds propres mais que la dette reste nécessaire aussi.
Il souligne que plutôt que de préconiser l'introduction directe des entreprises en Bourse, il est plus judicieux d'intégrer une étape intermédiaire, à savoir celle du financement en private equity. Une étape qui permettra au chef d'entreprise de se familiariser avec l'idée de co-gestion et de bénéficier du savoir-faire et du soutien financier d'un partenaire qui sera soit un capital risqueur, soit un fonds de développement.


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