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Hommage à Monia Bayar
A propos de traduction
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 05 - 2010

Feu Monia Bayar (1960-2009) était une des enseignants-chercheurs les plus actifs de l'université tunisienne dans le domaine de la traductologie. Elle a continuellement eu l'occasion d'enseigner dans les trois langues qu'elle maîtrisait : l'arabe, le français et l'anglais. Commençant sa carrière comme enseignante de langue française en Louisiane, Bayar a eu son diplôme de master de l'Université de Salford (Grande-Bretagne) en 1987 et son doctorat sur «l'approche pragmatique à la traduction» de l'Université d'Edinburgh en 1992. Entre 2005 et 2006, elle reprenait ses recherches à l'Université du Prince Sultan en Arabie Saoudite. Après ce long itinéraire de chercheuse-voyageuse, elle s'est installée dans sa ville natale pour enseigner la linguistique générale et la traductologie aux étudiants de la faculté des Lettres et des Sciences humaines de Sousse.
Outre ses multiples articles sur la pragmatique de la traduction et ses traductions de la poésie arabe en langue anglaise, comme celle de Nizar Qabbani et Abou Al-Kacem Ecchebbi, Bayar tenait à rédiger un volume de genre encyclopédique développant sa vision de la traduction. Ce dernier, qui n'est que le fruit de sa longue expérience en tant que traductrice et enseignante, fut publié en Syrie aux éditions Kadmous sous le titre : Signifier ou ne pas signifier ? Une vision intégrée de la traduction (To Mean or Not To Mean? An Integrative View of Translation, 2007). Le livre, tantôt théorique, tantôt pratique, représente aujourd'hui une des contributions les plus sérieuses et les plus assidues dans le domaine. Etant souvent cité par plusieurs experts du monde, il s'adresse à différents types de lectorat qui peuvent aller des simples apprenants en langues et des enseignants de traduction aux théoriciens, traducteurs et interprètes professionnels.
Un premier chapitre introductif est consacré à l'étude du processus de la traduction et de ses différentes étapes. Dans son investigation méticuleuse de ce processus, Bayar fournit des définitions assez précises des différentes phases et unités de traduction.
«Ce processus commence lorsque le traducteur reçoit le texte à traduire et finit par les relectures de finalisation (faites par le traducteur lui-même ou par d'autres traducteurs ou éditeurs). Entre ces deux phases, le travail consiste surtout à prendre les décisions indispensables afin de comprendre et analyser le texte selon son contexte culturel et idéologique, trouver les méthodes adéquates de transférer le contenu du texte-source et formuler le texte-cible en une unité intégrale. Le traducteur joue constamment les rôles de lecteur, décideur, rédacteur et critique» (35).
Bayar trace également les nuances et les distinctions nécessaires qu'il faut prendre en considération entre les types de traduction qui se classifient selon leurs objectifs et leurs différentes méthodologies. Elle clôture enfin le chapitre par une liste des principes de la traduction tels qu'ils sont révisés «au XXIe siècle».
Dans le deuxième chapitre, l'auteur entre dans une dialectique se rapportant au sujet de la relation entre le texte et son sens telle qu'elle était théorisée par l'école linguistique poststructuraliste. Elle avertit ses lecteurs que cette nouvelle conception du texte, qui annonce «la mort de l'auteur» et la conséquente «dissémination» du sens, est une conception qui s'oppose à la fondation de la pratique de la traduction qui se base essentiellement sur le contexte, le genre et la structure du texte, d'une part, et sur la personne de l'auteur et son intention, d'autre part. La «déconstruction» de Jacques Derrida demeure inapplicable lorsqu'il s'agit de traduction : «Tout au long de la scène de la déconstruction, la raison, l'objectivité et la méthodologie scientifique semblent s'effacer et devenir de simples spectateurs dans une atmosphère de laisser-faire, laissez-passer épistémologique».
Comme argument contre la théorie derridienne, elle cite, entre autres, l'exemple des textes légaux qui ne doivent avoir qu'un seul sens défini par la structure et le caractère du document. «Une personne qui s'obstine à déconstruire un texte légal doit être sûre qu'elle finira en prison» (116), remarque-t-elle avec humour. D'un autre côté, bien qu'elle soit basée sur des observations concrètes relatives surtout aux textes littéraires, la polysémie ne peut pas être acceptée comme une théorie générale et absolue de la structure textuelle. Il y a, certes, de multiples façons d'interpréter un texte donné, mais ces interprétations ne sont pas infinies puisqu'elles seront toujours restreintes par le texte lui-même. «Oui, le texte a du sens», affirme Bayar, et le caractère polysémique de la langue ne permet point aux lecteurs de produire un nombre infini d'interprétations. Le fait que le nombre d'interprétations d'un certain texte est toujours fini réfute l'aspect arbitraire du sens et prouve que la structure y aura toujours une grande importance. En raison de la structure du texte et de ses éléments contextuels, sémantiques et pragmatiques, il y aura toujours des interprétations qui seront jugées comme farfelues ou inacceptables.
La traduction est définie par Bayar comme une «recherche d'équivalence». Elle consacre son troisième chapitre à la détermination des différents types d'équivalence, à savoir l'équivalence «formelle», «sémantique», «culturelle», «idéologique» et «pragmatique». Ces dernières ont toutes de différents degrés d'adéquation que l'auteur explique scrupuleusement aux lecteurs en fournissant chaque fois des exemples explicatifs. Ensuite, l'auteur passe à la reconsidération du fameux aphorisme italien «traduttore, traditore», rappelant que le fait de rapporter ou de reformuler une idée dans une même langue risque toujours d'altérer le sens original et de brouiller l'intention du locuteur. La «traîtrise» n'est donc qu'une caractéristique de la langue en général ; elle n'est pas exclusivement relative à la traduction ! «En fait, ce sont les exemples de trahison délibérée qui nous prouvent le fait que la fidélité est plutôt la règle générale de l'acte de traduire» (227).
Le livre se termine par un chapitre sur les méthodes d'enseignement de la traduction aux débutants comme aux futurs professionnels. Après une brève explication des règles du professionnalisme dans le domaine, il offre une méthodologie de formation et d'évaluation indispensable pour tout enseignant de traduction.


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