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Les choses de l'amour et de la politique
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 02 - 2013


Par Fethi FRINI*
Lorsque les évènements se précipitent et se bousculent avec une telle intensité, lorsque, inexorables, les faits et les méfaits se suivent et se ressemblent, lorsque les propos rassurants et optimistes des uns le disputent à ceux alarmants et pessimistes des autres, on est saisi de l'irrésistible besoin, de l'incompressible envie de parler de n'importe quoi, d'écrire sur à peu près tout, mais, surtout pas, sur cette damnée, pardon, sur cette sacrée politique. C'est ce que nous allons tenter de faire, en désespoir de cause, du reste.
Oui mais, si nous vous disons que rien ne ressemble plus à la politique que, euh, l'amour, vous allez penser, que, comme tout un chacun, nous allons succomber à notre tour, à la tentation de célébrer, avec du retard certes, la Saint-Valentin... Laquelle fête vouée à l'Amour et aux amoureux semble avoir échappé miraculeusement ,soit dit en passant, à la traque systématique orchestrée par des E.T., débarquant d'une autre planète, à l'endroit de nos us et coutumes, de notre culture pour le moins séculaire, à l'instar d'ailleurs de celle subie récemment par nos vénérables marabouts, tant et si bien que, depuis, l'on ne sait plus à quel cheikh se vouer.
Ça peut rimer ensemble
Trêve de plaisanterie, vous allez peut-être penser que nous aimons jongler avec les paradoxes au moment où d'autres, dans les hautes sphères de la politique, jonglent plutôt avec nos destinées, persistent encore et signent des fois, impunément, l'arrêt de mort des plus entreprenants d'entre nous. En effet, à première vue, il paraît difficile d'assimiler l'amour, source intarissable de bonheur et de félicité, à la politique toute politicienne qui ne suscite que déboires et déceptions, en fin de compte, au-delà des honneurs et des grandeurs, pour le moins illusoires, qu'elle fait miroiter pourtant.
Mais comme nous sommes têtus, des fois, nous allons nous efforcer de vous prouver, que nous avons bel et bien raison : amour et politique ça peut rimer ensemble, pouvant et devant même ne faire qu'un et un seul, pour le meilleur, parfois, et surtout pour le pire. Serait-ce alors, là, une bonne raison pour aimer la politique ? Ce serait trop beau, sans doute, mais nullement vrai.
D'abord, l'un comme l'autre, commencent toujours de la même façon, par un coup d'œil ou un coup de foudre, au mieux, ou alors par un coup d'Etat ou par une révolution, au pire. Ce qui mène tout droit, une fois que les choses rentrent dans l'ordre, à la communion, au mariage ou, voire, à l'union sacrée du peuple et de la nation et, à son corollaire, la lune de miel, autrement dit, le temps, tout juste, d'un Chahr El Assal.
Quand le temps fait son œuvre
Et puis, le lien indéfectible étant scellé vraisemblablement, le temps commence alors à faire son œuvre: à l'amour-passion au tout début, succède l'amour-sagesse, puis l'amour-habitude qui débouche bien plus tard, et au comble de la passion, sur l'amour-violence et puis, en fin de parcours, sur l'amour-indignation sinon sur l'amour-résignation. Et lorsqu'on tente de brûler les étapes, quand on ne sait plus où on en est, ni sur quel pied danser, pour devenir plus d'amour du tout, supplanté en cela, nous le croyons bien, par la haine, justement quand tout y passe, tout lasse, tout casse. Heureux n'est-ce pas que nous n'en sommes pas là, déjà, et à bien des égards? Tant de sociétés, de par le monde ou à travers l'Histoire, ont connu et connaissent encore, au lendemain d'une révolution, ce véritable parcours du combattant, qui n'aurait rien d'idyllique, semé d'embûches et parsemé de pièges. Lequel, dans certains cas extrêmes, devient véritablement un chemin de croix ou, si vous préférez, de croissant pour nous mener alors droit dans le mur, là où l'on ne sait plus où donner de la tête, sinon contre ce même mur.
Par la bénédiction de cette sacrée Révolution
Comme on le faisait jadis sur les bancs de l'école, pour le parallèle entre la passion de la lecture et la déperdition de la télévision, maintenant, on peut continuer le parallèle avec la politique. Jetons un regard sur le rétroviseur de l'histoire toute récente.
Nous sommes au lendemain du 14 janvier 2011 et, mine de rien, tout baigne dans l'huile, par la bénédiction de cette sacrée Révolution, après que l'on s'est débarrassé d'un revers de main de Ben Ali. N'a-t-on pas frôlé, depuis et à maintes reprises, la catastrophe ? Et, à chaque fois, aux pires moments, on rebondit aussitôt sur nos pieds, ébranlés certes mais confiants, tout de même, dans notre bonne Troïka ,euh, plutôt dans notre bonne étoile. Souvenez-vous encore de cette lune de miel idyllique, dans les tout premiers mois, au sein des parties prenantes encore dans la Troïka au pouvoir que l'on peut bien qualifier d'état de grâce, si ce n'est les coups de gueule, les coups bas et autres coups et blessures qui surviennent, par intermittence, et qui ont fini, à la fois, par leur gâcher et l'harmonie et notre vie avec ?
Puis, inexorablement, les jours, les semaines et les mois passent et bientôt les années, et nous nous posons encore une question, une seule et unique question : à quel stade de leur ménage en sont-ils, aujourd'hui nos amoureux au pouvoir ? Où en est encore leur passion dévorante, pour le moins, pour la chose publique ? Peut-être bien au stade de la communion, de la symbiose, de l'union sacrée, que sais-je encore. Mais, au vu de l'état des lieux, des lourds dégâts occasionnés et au point où en sont les choses de l'amour et de la politique, que déjà, bien plus qu'à l'amour-dégoût, ou à l'amour-violence, n'en sommes-nous pas déjà à l'amour-dégage ?
Nullement tout droit dans le mur
Fin de la plaisanterie. Tout un chacun sait pertinemment, et vous dira — et ce n'est certainement pas les séducteurs invétérés qui nous contrediront là-dessus —, les politiciens, dans leur grande majorité, sont très souvent de grands manipulateurs ,sinon de sacrés mystificateurs. Car, encore animés de toute la bonne foi et des meilleurs sentiments possibles, n'en doutez surtout pas, c'est toujours en murmurant dans l'oreille de belles paroles, en susurrant des mots doux, en promettant monts et merveilles et bien d'autres choses encore que les politiciens de tous poils, d'ici ou d'ailleurs, entament la séduction, pour aussitôt partir à la conquête non plus d'une femme, encore moins d'un groupuscule, déjà acquis à la bonne cause défendue, mais de tout un peuple, sinon, au-delà même des frontières, de toute une région. Ces mêmes politiciens n'hésiteront jamais, pour ce faire, à s'approprier le droit à la force, qu'ils légitiment aussitôt envers et contre presque tout un peuple, et ce, au mépris toujours de la force du droit, au mépris aussi du droit des peuples à l'autodétermination, et de leur droit légitime également à disposer de leurs richesses nationales. Non seulement pour soutenir la croissance économique et assurer le bien-être social de tout un peuple, mais aussi pour ne pas se retrouver un jour surendetté et plongé aussitôt dans une grave crise dont ils n'en verraient guère le bout. Ils ne manqueront jamais, non plus, l'occasion, encore ces politiciens, pour faire le jeu, bien compris, des alliances des grandes puissances et des acteurs régionaux, ou encore à exécuter la sale besogne, en leur lieu et place, dans le respect de l'approche stratégique de leurs intérêts économiques, en ce bas-monde, dans une région du monde, en l'occurrence le Grand Maghreb, objet de tant de convoitises et sujette à de fortes tensions et qui est déjà, depuis longtemps, aux abois. Il n'est pas certain, en revanche, que, pris dans l'engrenage infernal, ces politiciens soient payés en retour : ce serait au bon peuple, et à tous les coups, de régler encore la grosse facture. Et toujours, à ses risques et périls. Et ce serait aux gens épris de justice et de loyauté, à nos patriotes et à nos démocrates, aux vrais amis de notre pays à la voix encore sincère et libre d'y mettre le holà, de reprendre en main cette fois les choses de la politique, et de nous mettre aussitôt sur la bonne voie, une voie salutaire, qui ne nous mènerait nullement tout droit dans le mur.
* (Juriste)


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