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Attentes et questionnements
A l'intérieur et à l'extérieur de l'ANC
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 07 - 2013

Les informations tombaient à mesure que la journée d'hier avançait. La première révélée tôt le matin concernait la fermeture de toutes les issues menant au Bardo, et l'encerclement par l'armée du lieu central du sit-in par des fils barbelés. Nouvelle qui a provoqué la déception, voire l'inquiétude du camp de l'opposition.
L'agression de l'élu en retrait Noômane El Fehri, ayant reçu des coups de matraque sur la nuque, survenue tôt le matin également, par un agent des unités d'intervention, selon sa déclaration, a suscité la colère de ses collègues et d'une partie des citoyens mobilisés. L'inquiétude était à son comble, lorsque l'information d'une fracture de la colonne vertébrale a été relayée, pour être démentie ensuite, après les examens que le député a subis. Sa famille l'a transporté dans une clinique pour complément de soins.
Le jeune manifestant Hamza Bel Haj Mohamed écrasé par une voiture de la police, selon son propre témoignage diffusé sur les réseaux, a été transporté d'urgence à l'hôpital Charles-Nicolle et opéré, sa jambe a été sauvée.
La reprise du sit-in a été décidée à partir de 17h hier, avec l'organisation d'une deuxième rupture du jeûne collective. On faisait passer l'information, décidée entre les élus réunis en fin de matinée dans un quartier périphérique à l'Assemblée.
Pour arriver au Palais du Bardo sous un soleil de plomb, il fallait marcher longtemps. Les accès étant fermés, les barrages de la police nombreux. L'atmosphère dans la rue était électrique. Sur les visages des citoyens rencontrés sur le chemin transperçait beaucoup d'inquiétude.
A l'intérieur de l'ANC, le malaise était autrement plus perceptible. Il y avait de la gêne dans l'air, à laquelle est venue s'ajouter la volonté d'afficher des sourires et de l'assurance. Nous avons rencontré des députés du parti Ennahdha discutant par petits groupes. Certains élus du CPR se parlaient entre eux. Les élus Ettakatol se faisaient plus rares.
Quoi qu'il en soit, les travaux de l'Anc étaient bloqués. Aucune plénière annoncée, ni réunion de commission. Pire, le parti Ettakatol, dont relève le président Ben Jaâfar, avait fait miroiter une possible démission collective de la coalition gouvernementale. Cependant, rien n'était encore définitif.
Pour avoir un éclairage sur cette situation fluctuante, nous avons donné la parole à trois députés qui représentent trois postures différentes. Un élu à l'intérieur de l'ANC et qui ne compte pas en sortir. Une élue croisée sur le pas de porte, en mouvement de sortie. Une autre déjà dehors et qui ne compte pas y revenir. Du moins tant que les choses n'auront pas changé. Vue sur une Assemblée divisée, comme elle ne l'avait jamais été.
Néfissa Wafa Marzouki, première élue du parti Ettakatol à rejoindre le mouvement des retraits :
« Mon collègue est mort pour avoir dit non. Non à la violence, non au sectarisme, non au terrorisme »
Je me suis retirée, je l'ai annoncé et je l'assume. Mais je tiens à dire qu'il n'y aura pas de vide institutionnel, et on n'envisage pas de le provoquer. Mais je me suis retirée pour protester de la manière la plus vive contre le rendement de ce gouvernement. Un gouvernement qui n'a pas réussi à garantir la sécurité de ses citoyens ni de ses élus a échoué. Mohamed Brahmi, ce troisième martyr de la République, est un militant qui a osé dire non. Mon collègue est mort pour avoir dit non. Non à la violence, non au sectarisme, non au terrorisme, non au monopartisme. Je proteste contre ces nominations dans l'administration. Je me situe en tant que députée de l'ANC et non pas membre du parti Ettaktaol. J'agis en mon âme et conscience, comme je l'ai toujours fait. Et, dans cette situation je suis dans l'opposition. On s'est insurgé un certain 14 janvier contre le monopole d'un parti unique. Je confirme que le principal parti est Ennahdha et les deux autres alliés ne pèsent pas. Je confirme mais je n'aime pas entrer en polémique avec le parti Ettakatol.
Néjib Mrad, élu du parti
Ennahdha:
« L'assassinat politique se produit dans tous les pays. On regrette la mort de notre collègue, mais la vie ne s'arrête pas »
Il y a de l'intox, il faut se méfier. Le nombre des députés qui se sont retirés a été augmenté. Des élus ont été ajoutés sans qu'ils soient informés, comme Mohamed Taher Ilahi, alors qu'il se trouve en ce moment à l'étranger. Mohamed Saleh Chîirat se trouve à l'hôpital, alors que son nom a été ajouté. Ils veulent renflouer la liste pour donner du poids à leur mouvement. Je commence à douter du nombre des députés qui se sont retirés. Au regard du sit-in hier, ils ne dépasseraient pas la vingtaine. Cette action est refusée, parce que les travaux de l'Anc avançaient d'un pas sûr, avec l'instance des élections, la commission des compromis, le parachèvement de la constitution. L'assassinat politique se produit dans tous les pays. On regrette la mort de notre collègue, mais la vie ne s'arrête pas. Les Etats ne se mesurent pas à la vie des personnes. Aux Etats-Unis d'Amérique, le 22 novembre 1963, quand Kennedy a été assassiné, le pays ne s'est pas arrêté, le gouvernement n'a pas démissionné, les institutions ont continué à fonctionner. Les exemples sont nombreux. En Italie avec Aldo Moro. Derrière cet assassinat, il y a la volonté de bloquer le processus transitionnel et faire avorter l'expérience tunisienne, notamment après ce qui s'est passé en Egypte. L'assassinat a eu lieu le jour de la fête de la République, après la tenue de la séance extraordinaire. Je suis convaincu que les commanditaires sont étrangers, ce sont eux qui ont planifié. Seuls les exécutants sont tunisiens.
Selma Baccar, élue du parti
Al-Massar, l'une des premières
à s'être retirée :
« L'armée peut être à égale distance de tous les partis politiques, ce n'est pas le cas de la police »
Nous sommes en train de nous adapter aux événements. Malgré les fils barbelés, nous allons nous réapproprier l'espace. Nous sommes plus rassurés parce qu'il y a l'armée et non plus la police autour de la place. L'armée peut être à égale distance de tous les partis, ce n'est pas le cas de la police. Ce que nous avons constaté ces jours-ci, et qui a été confirmé par les sous-entendus des paroles du ministre de l'Intérieur, quand il a rencontré les deux députés Khemaïs Ksila et Samir Ettaieb. Il y a des corps de la police qui échappent même à l'autorité du ministre. Ces paramètres sont dangereux, si le ministre lui-même n'est plus sûr de son autorité sur une partie du corps des agents de la sûreté. Nous l'avons constaté par nous-mêmes. Des corps nous protégeaient et d'autres nous agressaient. Ce matin (hier matin, ndlr), ils se sont retournés vers le camp des islamistes pour les évacuer très gentiment et avec politesse. Ensuite ils se sont retournés contre nous, notre collègue Noomaâne Fehri a été agressé, un autre citoyen a été écrasé par leur voiture, d'autres ont été brutalisés. Quant à notre position, c'est-à-dire les quarante trois premiers signataires venus dans le même élan, c'est de n'engager aucune négociation avant la dissolution de l'ANC et la chute du gouvernement. D'autres groupes qui se sont joints à nous, comme l'Alliance démocratique, présidée par Mohamed El Hamdi, ont une position plus nuancée. Ils sont pour le sit-in, pour la dissolution du gouvernement mais pas pour la dissolution de l'Anc. Nous sommes en train de réfléchir et discuter sur les différentes options qui s'offrent à nous : faut-il rester unis et poursuivre le bout de chemin qui nous rassemble, malgré ces disparités ?


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