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Leçons intéressantes de la crise iranienne
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 06 - 2010


Par Hmida BEN ROMDHANE
Généralement, les 15 membres du Conseil de sécurité (5 permanents et 10 temporaires) savent avant le vote d'une résolution si elle va être votée ou non, et si elle va bénéficier de la force symbolique de l'unanimité ou pas, et en cas d'absence d'unanimité, combien vont voter pour et combien contre. Tout se règle (ou échoue) dans les coulisses, de telle sorte que les initiateurs d'un projet de résolution ne le soumettent au vote que s'ils sont sûrs qu'il n'y ait pas de veto de l'un des membres permanents et qu'il y ait au moins neuf voix pour (les cinq permanents plus quatre non permanents).
Les grandes puissances cherchent naturellement les succès diplomatiques, mais elles sont aussi soucieuses de leur réputation et de leur honneur. Elles ressentent comme un camouflet tout projet refusé après avoir été présenté et défendu. La résolution 1929 aggravant les sanctions contre l'Iran n'a pas échappé à cette règle. Ses promoteurs américains ont déployé de grandes énergies dans les coulisses pour assurer son vote, mais ont échoué à lui assurer la force symbolique de l'unanimité, d'où les critiques directes, et parfois acerbes, de l'administration Obama contre les Turcs et les Brésiliens.
Mais en feignant l'urgence du dossier iranien, les Etats-Unis ont-ils seulement en tête l'Iran. Pas si sûr. Face à l'accumulation des problèmes intérieurs et extérieurs, le pouvoir fédéral américain est à la recherche du moindre succès à faire valoir non seulement vis-à-vis des citoyens (les élections du mi-mandat sont pour novembre prochain), mais vis-à-vis de l'étranger aussi pour prouver que les Etats-Unis sont toujours influents sur la scène mondiale.
Influents, sans doute ils le sont toujours, puisqu'ils ont pu convaincre la Russie et la Chine de voter une résolution qu'elles étaient réticentes à voter. Il est difficile de croire que Moscou et Pékin ont voté la résolution 1929 parce que l'Iran représente un danger pour la sécurité mondiale, comme veut le faire croire la propagande occidentale. Russes et Chinois savent pertinemment les motivations profondes de l'activisme anti-iranien des Etats-Unis. Et ceux-ci ne peuvent ignorer les raisons réelles qui ont amené ceux-là non seulement à ne pas faire usage de leur droit de veto, mais à voter pour.
Dans ce genre de marchandage, la dernière chose que les acteurs prennent en compte est l'objet même de la résolution, c'est-à-dire le «danger nucléaire» que représenterait l'Iran. Certes, on ne sait rien des promesses américaines faites en coulisse à la Chine et à la Russie, ni des exigences de celles-ci comme prix de leur vote de la résolution. Cependant, une chose est certaine : Russes et Chinois ont dû se livrer à une opération d'addition des avantages et des inconvénients, en termes économiques et stratégiques, engendrés par le vote positif de la résolution. Ils ont dû aussi faire la même opération d'addition des avantages et des inconvénients qu'engendrerait un vote négatif. Visiblement, la balance a penché, aussi bien à Pékin qu'à Moscou, pour le vote positif.
En dernière analyse, on peut dire que les nouvelles sanctions imposées aux Iraniens sont moins le résultat de la politique nucléaire de Téhéran que les conséquences d'un jeu stratégique classique auquel se livrent des puissances rivales dans un monde de plus en plus multipolaire, chacune tentant de grignoter sur les plates-bandes des autres.
Une autre leçon intéressante de la crise iranienne est qu'elle a révélé de nouveaux acteurs régionaux, le Brésil et la Turquie, déterminés à prendre leur distances des grands pouvoirs pour décider eux-mêmes de la politique à suivre sur la scène mondiale. Il n'y a pas si longtemps, la Turquie et le Brésil entérinaient sans discuter tout ce qui se décidait à Washington. Maintenant, ils se frayent leur propre chemin et décident de la marche à suivre, même si elle est à contre-courant de la politique décidée à la Maison-Blanche.
En tant que petits pôles émergents dans le jeu politique international, la Turquie et le Brésil n'ont pas eu la force de faire échouer la politique anti-iranienne des «grands», mais sont arrivés à la perturber. En jouant les voix dissonantes, Ankara et Brasilia ont non seulement agacé Washington, mais ont surtout réussi à priver la résolution 1929 de l'unanimité ardemment désirée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Conséquence : avec l'opposition de la Turquie et du Brésil et l'abstention du Liban, la résolution anti-iranienne est loin d'être unanime, ce qui réduit substantiellement sa force symbolique et son autorité morale.
L'Iran peut-il tirer profit de l'émergence de ces petits pôles impatients de jouer un rôle sur la scène mondiale ? Sans aucun doute. Surtout que l'un de ces petits pôles, la Turquie, a une frontière commune avec l'Iran et que les deux pays sont déterminés à intensifier leurs échanges économiques et commerciaux.
Mais l'Iran peut aussi jouer sur d'éventuelles contradictions qui pourraient surgir entre les grands pôles. Surtout que le vote d'une résolution ne signifie pas nécessairement que le pays votant a les mains et les pieds liés par les termes du texte approuvé. La réaction officielle de la Chine après son vote positif était que «les nouvelles sanctions de l'ONU visent à ramener l'Iran à la table des négociations et à mettre en place un nouveau round d'efforts diplomatiques», et que «la Chine attache une grande importance à ses relations avec l'Iran qui ne sont pas seulement dans l'intérêt des deux pays, mais dans l'intérêt de la paix, de la stabilité et du développement dans la région».
Une lecture entre les lignes de cette réaction, prouve que Pékin n'a pas voté la résolution 1929 par conviction, mais par désir de ménager la chèvre et le chou, comme on dit, par souci de garder deux fers au feu, ce qui n'est guère étonnant de la part d'une puissance de la taille de la Chine qui a d'immenses intérêts à préserver.


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