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Le quatrième pouvoir en exercice
Journalisme d'investigation - 3 questions au Dr. Saloua Charfi, journaliste et professeure à l'Ipsi
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 04 - 2014

L'Institut de presse et des sciences de l'information, en collaboration avec la Fondation allemande Konrad Adenauer, organise, les 24 et 25 avril, un colloque international, avec la participation de plusieurs experts internationaux, sur le thème : « Journalisme d'investigation et pouvoir des médias : obstacles, enjeux et perspectives ». Entre deux séances, nous avons posé ces trois questions à la coordinatrice scientifique du colloque, Dr. Saloua Charfi.
Vous qui êtes une journaliste chevronnée, quels sont les obstacles qui entravent la pratique du journalisme d'investigation sous nos cieux ? Et ces obstacles peuvent-il tuer cette nouvelle expérience dans l'œuf ?
Les entraves sont de deux ordres. Premièrement, il y a celles qui sont d'ordre professionnel. Il est impératif de mettre en place des sessions de formation assez poussées et spécialisées de journalisme d'investigation car on a tendance à le confondre avec d'autres genres journalistiques (enquêtes et reportages). En effet, ces derniers temps, plusieurs travaux ont été publiés sous la dénomination d'enquête d'investigation, alors qu'en réalité il s'agissait de simples enquêtes ou de reportages. C'est l'identité même du genre qui doit être bien assimilée par les journalistes et on ne peut pas le faire sans une formation adéquate du point de vue théorique et surtout pratique. Et comme vous le savez déjà, nous avons ouvert, cette année, à l'Ipsi, un master professionnel pour le journalisme d'investigation. Et j'invite tous les journalistes intéressés à le rejoindre pour renforcer leurs capacités dans ce domaine-là. Deuxièmement, il y a des principes éthiques qui comptent beaucoup dans ce genre de journalisme. Il s'agit justement de faire très attention aux informations que nous recevons et qui nous sont souvent fournies par des sources qui ne veulent pas révéler leur identité. On peut les comprendre et nous sommes d'ailleurs obligés de les protéger, car la loi tunisienne nous le permet maintenant, à condition d'être sûr de l'authenticité de l'information et de la crédibilité de cette source vu qu'on pourrait être manipulé par des fuites fournies par des politiques. En général, ces informations, même si elles sont réelles, auront pour objectif d'attaquer l'adversaire politique et non pas de servir l'intérêt général.
Avec la montée en force des lobbyistes et de l'influence des partis politiques sur le pouvoir des médias, quels sont les enjeux qui tournent autour de ce type de journalisme en Tunisie ?
Nous devons bien distinguer entre le discours journalistique et le discours politique. Nous n'avons pas à être au service du politique. Nous devons être au service de l'opinion publique et de la vérité surtout. Donc, nous devons nous considérer comme un vrai pouvoir. Nous avons à surveiller les trois pouvoirs. On pourrait nous rétorquer que ces trois pouvoirs ont la tâche de se surveiller mutuellement. Or les expériences un peu partout dans le monde nous ont démontré que ce n'est pas toujours vrai ! Les politiciens font des calculs et des alliances parfois contre nature, sans oublier leurs contraintes d'ordre électoral. Par conséquent, à ce moment-là, on ne peut plus compter sur la surveillance mutuelle de ces trois pouvoirs. Ainsi, c'est au journaliste de jouer le rôle de garde-fou et de contrôler ces trois institutions du pouvoir constitutionnel. De cette manière, si le journaliste dévoile les malversations aussi bien financières que politiques, cette tâche lui permettra de rendre service à la démocratie. D'autre part, lorsque les pouvoirs politiques et non constitutionnels (pouvoir militaire, pouvoir religieux, pouvoir tribal, lobbies...) savent qu'un Big Brother les a « à l'œil », ils vont certainement diminuer leurs malversations. D'où le rôle très important que peut jouer le journaliste, dans les démocraties, en instaurant la transparence comme mot d'ordre.
En matière de journalisme d'investigation, plusieurs journaux électroniques et blogs, qui font du journalisme associatif et citoyen, ont pris le dessus sur les médias conventionnels et déjà établis. Citons par exemple : le blog collectif « Nawaat.org » ou bien le Blog d'Olfa Riahi. Comment jugez-vous cette nouvelle donne ?
Moi, je ne fais pas beaucoup de différence entre le journalisme en ligne et le journalisme classique (sur papier et audiovisuel) du moment que c'est du journalisme. Par contre, il y a une grande différence entre les réseaux sociaux (Ex : Facebook) et un site d'information. Il faut savoir que ce phénomène est d'actualité dans plusieurs pays tels que Mediapart en France, Wikileaks, etc. Nous ne faisons pas exception. Ce qui m'intéresse, c'est le fait que même un simple citoyen peut mettre à nu des malversations et, surtout, qu'il peut y avoir une véracité des faits divulgués par les lanceurs d'alerte. Le journaliste n'invente pas l'information, il ne fait que la rapporter à l'opinion publique. C'est pourquoi, cette nouvelle tendance du journalisme citoyen et électronique ne nuit pas à notre travail, au contraire elle le renforce. C'est-à-dire que le journaliste peut partir de ces informations et les traiter en se servant des techniques acquises (recoupements, analyses, etc.) pour leur donner une forme journalistique et l'approche déontologique. La touche du journaliste dans l'investigation est primordiale, car elle apporte de la crédibilité à l'information publiée. Ce que nous remarquons, par exemple du côté de Nawaat, c'est que ces journalistes ont fait beaucoup d'erreurs d'ordre déontologique dans les affaires qu'ils ont traitées et, même, dans leur façon de rédiger leurs articles. Pour ma part, je pense qu'il n'y a pas de concurrence entre ces deux univers mais plutôt un apport mutuel.


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