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Des origines nouvelles pour un peuple nouveau
ENTRETIEN DU LUNDI: Fethi AkKari, metteur en scène
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

Comédien, metteur en scène et homme de théâtre, Fethi Akkari nous a accordé cet entretien, alors qu'il était en pleine répétition de son nouveau spectacle, Les sentiers de la lune
Vous faites l'actualité avec une nouvelle pièce de théâtre, Les sentiers de la lune...
Effectivement, Les sentiers de la lune est un projet qui existe depuis dix-neuf ans. A l'époque, avec Fethi Ben Aziza, on a parlé de Leonardo Sciascia et de son roman Le conseil d'Egypte qui se résume au fait que l'histoire est une œuvre d'imposture. J'ai lu le roman et je lui ai dit que j'étais d'accord pour faire le projet. Il ferait l'adaptation, et Ridha Boukadida assurerait les dialogues. A l'époque, j'avais déjà envie de travailler en arabe littéraire. Ils ont donc travaillé pendant deux ans et le résultat était magnifique. Mais curieusement, cette pièce trouve sa place aujourd'hui, surtout à partir de 2011. Je trouve que c'est très pertinent comme spectacle. Mais ceux qui croient voir un côté visionnaire se trompent. On n'est pas visionnaire, mais le hasard a fait que ce spectacle ait lieu aujourd'hui. D'ailleurs, le roman Le conseil d'Egypte est fondé sur le hasard...Ce spectacle n'est pas non plus une structure ancienne dans laquelle on injecte des sujets actuels et qu'on appelle en arabe littéraire I'skat. Ce ne sont pas ce qu'on appelle au cinéma des «inserts» et, pourtant, ça tombe pile-poil avec l'actualité. Puisque, depuis 2011, on ne fait qu'assister à des événements! La lutte des peuples devient une nécessité pour les démunis et les marginalisés. Ces gens-là se révoltent pour demander quelque chose de vital. Et puis, il y a des gens de tout bord qui viennent et canalisent ces mouvements et les récupèrent. Je pense que ce spectacle trouve une pertinence certaine. Les sentiers de la lune a été produit par le Centre des arts dramatiques et scéniques du Kef.
Un mot sur le casting...
Je suis très content du casting que j'ai réuni. Un casting magnifique qui a abouti à des rapports humains extraordinaires. C'est vraiment une véritable famille avec quatre générations, Mongi Ouerfelli, Mustapha Khoudaai qui ont aujourd'hui 70 ans, et puis, il y a les jeunes qui sont en 1ère ou en 2e année doctorat, en licence ou en master de théâtre. C'est une équipe magnifique, on est neuf personnes, le centre du Kef est beau et les montagnes du Nord sont éblouissantes.
Après la première nationale, la pièce est programmée pour les 24 heures du Kef. Ensuite, elle sera à la capitale pour la deuxième moitié d'avril avec trois cycles. Pour mériter la capitale, il faut faire ses preuves dans les régions. Notre première régionale a eu lieu au Kef.
On croit savoir que vous avez lancé une unité de réflexion sur la création théâtrale...
En compagnie de Ridha Boukadida, des acteurs et des universitaires, j'ai créé une unité de recherche qui aboutirait à l'édition d'un ouvrage sur la poétique du signe et du sens et la pédagogie de la création. La question est la suivante : comment on crée et comment on peut former des créateurs? Je parle de la création artistique bien sûr (sic). Si on fait ça aujourd'hui, c'est parce qu'on estime qu'on n'a pas besoin de cuisiniers de l'art et il y en a beaucoup en Tunisie, il y a même des chefs cuisiniers en la matière, mais on n'a pas de créateurs qui sont dans les ruptures de la création théâtrale. A mon sens, la création est soit réactionnelle, soit elle est faite «pour demain». Moi, je prends le risque de vouloir toujours chercher ce que je ne sais pas. Mais à tout prendre, la création dans ce sens est une nécessité pour moi, surtout à partir de l'année 2011. Ça sera un ouvrage collectif dont la sortie est prévue à l'occasion du 27 mars et au plus tard pour les Journées théâtrales de Carthage (JTC).
Pensez-vous qu'il y a une panne de créateurs ?
Pour moi, il y a deux bâtisseurs : Aristote et Brecht, c'est tout. Tous les autres, ce sont des branches, ou bien des branches qui tiennent le coup, ou bien des branches cassées qui servent à nous chauffer. Je pense qu'en Tunisie, depuis 1909, on n'a pas de créateurs de théâtre, on a des faiseurs de spectacle. Le meilleur pour moi pour le spectacle, c'est Fadhel Jaïbi. D'ailleurs, Mohamed Moumen qualifie son théâtre de «muséologique». Mais je ne pense pas qu'on a des créateurs, tout le monde fait dans le réalisme, mais ça devient vraiment étouffant. Tous les murs sont tombés, le marxisme-léninisme a prouvé ses limites, même le capitalisme a changé, on assiste à la naissance de nouvelles théories. Mais le monde a changé ! Rester dans le réalisme, c'est travailler dans le passé. J'essaie de provoquer chez les jeunes et en moi-même un questionnement : que peut-on faire aujourd'hui et qui serait d'abord nécessaire pour le citoyen, mais qui ouvrirait, en même temps, des brèches dans l'imaginaire de demain. De ce travail, par exemple, je vais garder un noyau dur pour travailler sur certains axes, comme celui de la connaissance, car pour moi, la connaissance a prouvé ses limites, surtout à partir de 2011 et je cite Noam Chomsky qui disait que le savoir dans le monde est défaillant et qu'on ne pouvait pas comprendre ce qui se passait. Il n'est pas non plus possible de faire du théâtre aujourd'hui sans méditer sur la notion du sacré (pas dans son sens citoyen). Je parle du sacré dans le langage théâtral. Comment trouver la matière sacrée dans le langage théâtral? Le rythme du spectacle aujourd'hui devrait être ré-interrogé parce que le rythme de la vie est devenu fondamentalement différent par rapport à autrefois. Il y a donc le savoir, le sacré, le rythme, mais il y a aussi la notion du comique. Je ne parle pas de l'humour et du comique pour faire rire. Mais la distance critique qu'offre le rire est géniale pour ceux qui la comprennent. Ce que fait Taoufik Jebali est édifiant dans ce sens... Il faudrait penser à la rencontre des artistes, par exemple, autour de la question du rire. Il faut qu'il y ait une vraie révolution dans le théâtre, même s'il faut mettre tous les ténors à la poubelle. Il faut qu'il y ait des origines nouvelles pour un peuple nouveau. Qui sait, peut-être qu'à la manière d'Aristote ou Brecht il y aura un nouveau bâtisseur qui ferait des enfants dans le monde.


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