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Paysage politique : à quand une bonne « ghassalet Ennouader » ?
Publié dans Leaders le 03 - 09 - 2020

Par Azza Filali - Le mois écoulé, foisonnant de turbulences politiques, a été couronné par la journée du 1er septembre, date d'approbation du gouvernement de Hichem Mechichi par le parlement. De toutes ces turbulences que retenir ? Quelles perspectives pour l'avenir ? Ceci pourrait être résumé en deux rubriques : tout d'abord, des constats plutôt amers, puis une esquisse d'avenir à court et moyen terme.
Commençons par les constats d'amertume :
I- Le gouvernement Mechichi n'est pas fait d'individus ‘complètement' indépendants des partis
Pour preuve, trois noms, au moins, sont notoirement « fichés partisans » : M. Bousetta, ministre de la justice, Nahdhaoui notoire, Mr Fadhel Kraiem, ministre des technologies de la communication et ancien protégé de M. Anouar Maarouf, et enfin M. Ali Hafsi qui occupait jusqu'en juillet dernier le poste de secrétaire général de Nidaa Tounès et qui serait très proche de Mr Rached Ghanouchi.
Le choix de ces « non-indépendants » aurait-il fait l'objet d'un accord entre Mechichi et Ennahdha qui garde ainsi la main sur deux ministères sensibles ? Dans tous les cas, ces non-indépendants jettent le discrédit sur Mr Mechichi et provoquent chez les tunisiens une amertume légitime : Mr Mechichi n'a pas tenu la première promesse qu'il avait faite au pays. Sans doute, y a-t-il été contraint ! Le résultat est le même…
II- Second constat d'amertume
Les volte-face du président de la république. Après avoir imposé aux partis un parfait inconnu, indépendant, issu de l'administration, voici M. Saied qui, malgré son constitutionnalisme acharné, met la main à la pâte et s'ingère dans la nomination des membres du gouvernement. La perle la plus notoire à trait au ministre de la culture, démis par Mechichi le matin, reconduit à son poste l'après-midi par Saied. Sans oublier le ministre à deux noms, qui était en fait deux personnes différentes, de sorte que c'est Kais Saied qui a remis au parlement la copie contenant le nom choisi. C'est que le président de la république semble vouloir imposer d'emblée la règle du jeu : Hichem Mechichi doit être à ses ordres, en tant que délégué de la présidence à la Kasbah ! L'exécutif c'est lui et personne d'autre !
A ce conflit entre les deux têtes de l'exécutif, quelles origines ? Certainement des affects pusillanimes, un élan d'impulsivité de la part du président, au sujet d'un nom de ministre ou d'un comportement émanant de Mechichi et qui ne lui a pas convenu. En somme, des vétilles ! Pour apprécier l'ampleur des affects qui gouvernent à Carthage, il n'est que de voir la convocation urgente par Mr Saied, de quatre partis politiques la veille du vote à l'ARP, pour leur demander de « couler Mechichi » et de maintenir le gouvernement Fakhfakh, tout en écartant celui-ci. Cela a déclenché un étonnement mêlé de colère, de la part de ces partis que Mr Saied avait, jusque-là, royalement ignorés. Mais les partis, Ennahdha en premier, ont vu là une occasion en or pour reprendre la main, et profiter de la brèche survenue entre les deux têtes de l'exécutif, afin de constituer, bon gré, mal gré, avec ou sans l'aval officiel de Mechichi, un front contre Saied. En somme, ceux qui ont voté mardi, tard dans la nuit, pour le gouvernement Mechichi, votaient aussi contre la prééminence de Kais Saied. Mais,ils votaient surtout pour le maintien de leurs privilèges, la poursuite de leur « politique parallèle » et la garantie, encore une fois, d'échapper à tout règlement de comptes pour les méfaits commis. N'avez-vous pas, à la vue de tout cela, comme un léger sentiment de nausée ?
III- Autre constat d'amertume
Dans ce régime tricéphale qui est le nôtre, nous assistons désormais à une guerre de tous contre tous : Mr Mechichi n'a plus les faveurs du président qui l'a nommé (l'amour est un oiseau volage…) Les partis en veulent à Saied qui les a écartés du gouvernement. Quant à Mr Saied, il est fâché avec tout le monde et ne veut pas entendre parler d'un changement de ministres, même s'il ne s'agit pas de ses prérogatives. Pour finir, Mr Ghanouchi se contenterait pour l'instant de modifier certains postes ministériels qui ne sont pas trop « à son goût », l'intérieur en particulier. Là, votre nausée ne s'est-elle pas transformé en un intense mal de tête ?
Reste Mr Mechichi, que veut-il exactement ? That is the question ! De l'aveu de tous, l'homme est intègre et ne possède aucun dossier, caché dans les tiroirs d'Ennahdha. Selon le témoignage de ceux qui l'ont côtoyé, il s'agit d'un grand commis de l'Etat, au fait des rouages de l'administration et connaissant certainement là où ça bloque et par qui ça bloque. Autre élément en sa faveur : dans son discours d'investiture, il a égrené cinq objectifs, le premier étant le sauvetage de l'économie. Il va de soi que les cinq objectifs, déjà entendus dans la bouche de ses prédécesseurs, sont strictement irréalisables par n'importe qui ! En admettant que Hichem Mechichi s'en tienne au sauvetage de l'économie et y parvienne, même partiellement, ce serait là une grande victoire à son actif.
IV- A un moment ou un autre, l'amertume doit céder place au réalisme
Il y a tant de problèmes à régler dans le pays, tant d'anomalies à réparer, tant de voleurs et de terroristes masqués qui courent les montagnes ou sont dignement assis au parlement ! Il y a tant de dossiers pestilentiels, accumulés depuis dix ans, qu'aucun individu n'est en mesure de les résoudre à lui seul ! C'est l'affaire de plusieurs générations, de multiples gouvernements, à condition qu'ils soient armés de bonne volonté. Actuellement, notre pays traverse une crise sans précédent, nous sommes au bord du naufrage économique et financier. Voilà la priorité des priorités ! Les grands dossiers attendront : santé, justice, infrastructures routières, transports. Car tous sont tributaires d'une relance de l'économie. Et Mr Mechichi a eu raison de placer ce qu'il appelle « l'arrêt de l'hémorragie » en tête de ses priorités. Mais pour y parvenir, il ne doit pas être bloqué, à chaque étape, par ses deux coéquipiers, à savoir le parlement et la présidence de la république. Pour le parlement, si le fait de savoir que la justice et les technologies de l'information leurs sont acquis suffit à rassurer le parti Ennahdha et à le rendre conciliant avec Mechichi, c'est une bonne chose. Eh oui, nous en sommes là !
En vérité, la grande inconnue réside dans le comportement de M. Kais Saied. Certes, il a promis aux partis qu'il ne dissoudrait pas le parlement. Mais, les promesses ne valent que pour ceux qui y croient, surtout que ces mêmes partis n'ont pas honoré leur engagement de voter contre Mechichi. Allons-nous avoir deux pôles, l'un constitué par Saied et l'autre par l'alliance (conjoncturelle, voire obligée) entre Mechichi et un groupe de parlementaires, dirigés par Ennahdha ?
Dès lors, entre les trois têtes du pouvoir, lequel pourraitcontribuer à nous sauver du naufrage économique ? Le parlement et ses partis, dont Ennahdha, ont, depuis dix ans, fait la preuve de leur nuisance à l'égard du pays : intérêts personnels mis en avant, manigances politicardes, alliances hasardeuses du chef du parlement avec l'axe Doha-Ankara, oubli total des citoyens et de leurs problèmes. Donc, rien à attendre du parlement et de ses députés,d'autant que leurs prérogatives sont exclusivement de légiférer.
Lorsqu'on en vient au président de la république, on sait pertinemment que la constitution lui a fixé des prérogatives limitées. Même s'il semble les avoir outrepassées, lors de la nomination du nouveau gouvernement.Lors du discours ayant succédé à la prestation de serment des ministres, le ton amer et prophétique du président Saied, ses perpétuelles menaces à l'égard de ces « inconnus maléfiques » qu'il dénonce toujours et ne nomme jamais, tout cela a contribué à faire planer une atmosphère pesante et morose, sur une cérémonie destinée à être optimiste et festive. Si le chef des armées connaît un danger qui plane et ne fait rien pour le déjouer, qui donc le fera ? Là, votre mal de tête, va basculer en un sérieux vertige !!
Il ne reste donc que Hichem Mechichi et son équipe. Au chef du gouvernement, homme calme, décidé et paraissant doté d'un flegme assez remarquable, d'agir, d'imposer son empreinte, de résister aux pressions contraires d'Ennahdha et de Kais Saied et d'entreprendre l'action de sauvetage économique qu'impose l'état du pays : le pouvoir d'achat du citoyen, les ouvrières agricoles qui triment avec un salaire inférieur à celui des hommes, les jeunes qui par milliers prennent la mer pour se rendre illégalement en Italie, les manifestants d'El Kamour, bras armé d'El « Karama », qui bloquent depuis des mois la production de gaz et de pétrole. Pour agir, Mr Mechichi doit-il, au préalable, essayer d'obtenir de ses partenaires (parlement, Ugtt, Utica) une trêve politique et sociale d'une durée déterminée ? Le risqueest que la trêve ne soit accordée qu'en contrepartie d'un remaniement ministériel partiel, (touchant en particulier le ministère de l'intérieur).
Mr Mechichi est condamné à être l'homme du moment. Jamais, le pays n'a autant eu besoin d'un homme intègre, indépendant, qui agisse pour améliorer les conditions matérielles des citoyens et leur rendre la confiance qu'ils ont retiré à leurs dirigeants. Les citoyens n'ont que faire des partis, ou des querelles de sérail entre dirigeants. Peu importe qui les sauvera, ils ont besoin être sauvés.Quand on est perdu en mer, suspendu à une bouée, on ne se soucie pas de la couleur de la bouée… A propos de bouée, ne pensez-vous pas qu'une bonne « ghassal et Enouader » aiderait à nettoyer toute cette puanteur pour que nous respirions mieux ?


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