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Mokhtar Benbelgacem, ce Polytechnicien qui vient du Sahara
Publié dans Leaders le 05 - 10 - 2010

A lui seul, le parcours de Mokhtar Benbelgacem, illustre bien la puissance de l'ascenseur éducatif tunisien. Issu d'une modeste famille de la banlieue de Douz, dans la région de Kebili, au cœur des oasis du grand désert, le voilà diriger les Etudes et Réalisation Informatiques du prestigieux organisme français d'innovation, Iséo… après de brillantes études à l'Ecole Polytechnique… Retour sur une véritable leçon de persévérance et d'excellence.
Des polytechniciens tunisiens, nous commençons à en compter heureusement, bon nombre. Ce qui distingue un peu plus Mokhtar, c'est qu'il a fait partie de la toute première promotion de l'IPEST (Institut Préparatoires aux Etudes Scientifiques et Techniques) et qu'avec Mohamed Letaief, ils sont les deux premiers étudiants de l'IPEST à réussir le concours d'admission à l'X. Une véritable prouesse alors pour la jeune école préparatoire tunisienne était placée sous la direction de M. Mohamed Jaoua et, avec comme directeur des études, l'actuel ministre des Technologies de la Communication, M. Mohamed Naceur Ammar.
Du jour à la nuit, de la Terre à Mars
«Je n'en rêvais même pas, nous dit Mokhtar. Depuis Douz Chergui, dans le quartier Ouled Mansour, Gabès c'est déjà loin, Tunis, juste, une certaine idée. Mais, mes parents ont tous fait pour me pousser dans mes études. Tout était sacrifice : des fournitures scolaires à l'éclairage pour que je puisse faire mes devoirs le soir. Mon cousin, Brahim, lettré, aujourd'hui surveillant au lycée de Douz, s'était échiné à me coacher. Jusqu'au Bac, en 1995. Admis à l'IPEST, je découvrais pour la première fois la capitale, Tunis. C'était déjà pour moi, arrivant de mon oasis, le jour et la nuit.»
Mokhtar est nostalgique de ses années à l'IPEST : « Si Jaoua et Si Ammar, ne nous quittaient presque jamais, veillant à bien nous préparer aux concours. Pour la première fois, l'écrit pouvait être passé à Tunis. Quelle chance. Admis, je devais aller passer les oraux à Paris : quelle émotion ! Définitivement installé à Palaiseau, en 1997, ce fut pour moi, la Terre et Mars. Tout est grand (80 ha), propre, ouvert, avec à notre disposition, plein de terrains de sport, de piscines, d'espaces culturels, des labo et des salles d'études… Je ne vous cache pas que m'y suis totalement investi… »
A la sortie, Mokhtar Benbelgacem préfère plonger directement dans l'univers de l'entreprise sans enchaîner une école d'application, surtout qu'il a été stagiaire au Centre des recherches de l'Ecole Polytechnique, travaillant sur la modélisation d'un réacteur d'épitaxie, chez Saint Gobain Vitrage, s'occupant d'une étude sur les antennes intégrées aux vitrages automobile.
Le plus dur à réussir, ce n'est pas Polytechnique...
Premier emploi au sein de Cap Gemini Télécom France (1998) en qualité d'analyste projet. Un an après, il passe Chef de projet décisionnel Billing et Customer Care, chez Kertel France (1999-2001). Et le voilà recruté par Oséo garantie France, en 2001, d'abord en qualité d'Adjoint au Directeur des systèmes d'information pour contribuer à la refonte du système d'information. Moins de 3 ans après, il est promu directeur.
A la tête d'une équipe de plus de 100 personnes, Mokhtar Benbelgacem, s'emploie à innover sans cesse pour performer le système d'information. « En fait, dit-il à Leaders, notre tâche est de simplifier le système, c'est-à-dire de réduire sa complexité pour gagner en efficacité. Evidemment, ce n'est pas le plus facile, lorsque nous devons répondre aux spécificités de divers métiers couverts par Oséo, et aussi particuliers, les uns que les autres. »
Deuxième axe prioritaire pour Mokhtar, le Green IT, à travers notamment la dématérialisation et la gestion électronique des documents. Oséo y parvient quasiment à 100%, avec l'impératif de confidentialité et de sécurité aux plus hautes normes.
Arrivé très tôt le matin, il ne quitte son bureau que tard le soir, souvent après 20H, parfois même 22H. En homme du Sud, il allie patience et endurance, à une grande capacité d'innovation permanente. Ce rythme le prive souvent de consacrer suffisamment de temps à sa petite famille. Et c'est souvent son épouse qui chaperonne leur mignonne fillette, Lina, au nom évocateur du palmier de Douz. Son grand bonheur après une longue et harassante journée de labeur est de retrouver sa douce moitié, originaire comme lui des mêmes oasis et leur merveilleuse princesse.
Lorsqu'on demande à Mokhtar quelle est sa plus grande fierté, il répond sans hésiter : « c'est d'abord d'avoir fondé ma petite famille qui me procure chaleur et bonheur ! » Et l'Ecole Polytechnique ? « Oui, certainement, mais vous savez, dit-il, la véritable réussite sur cette voie, ce n'est pas l'admission au concours et la sortie, là il suffit de bien bûcher sans relâche. Mais, surtout de réussir dans la vie professionnelle, en s'adaptant à l'environnement, s'intégrant dans l'équipe et réalisant les objectifs assignés, tout en s'accomplissant. »
Et sa plus grande frustration ? « Peut-être pas une frustration, confiera-t-il à Leaders, mais une grande interrogation : avais-je bien fait de rester en France ou aurais-je dû rentrer en Tunisie. Maintenant la réponse est là : à travers les multiples invitations que je reçois de Tunis et j'en remercie le ministère, mes multiples contacts avec la communauté technologique, ma participation à divers forums et projets, j'établis aisément mon propre pont au dessus des deux rives de la Méditerranée. Un seul regret, dommage que Douz demeure loin à rejoindre… »


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