6 avril 2026 : fin du délai pour payer la vignette des numéros impairs    Tunisie : la sécurité frappe fort pour protéger vos prix et vos marchés    en Tunisie : ciel peu nuageux et températures en hausse    Greffe d'organes en Tunisie : des taux de réussite qui atteignent des niveaux records    La 24e journée du championnat tunisien se poursuit ce dimanche avec trois rencontres importantes    Dernier délai pour le paiement de la taxe de circulation 2026 : lundi 6 avril    40 ème jour du décès de l'ambassadeur Mondher Mami: le souvenir d'un fin diplomate (Albums photos)    Trump met l'Iran en demeure : moins de 48 heures avant ''l'enfer''    Espérance de Zarzis – Stade Tunisien : où suivre le match ?    Quand et où suivre le Clasico tunisien aujourd'hui ?    Sadok Belaïd: Abrégé d'un fabuleux parcours    L'ambassade tunisienne à Dubaï insiste sur le respect des consignes de sécurité émises par les autorités locales    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Tunisia Digital Summit, TDS 10 : le partenariat public–privé– startups au cœur de l'innovation digitale    Site archéologique de Koustiliya : un projet tuniso-italien pour révéler un trésor archéologique du sud tunisien    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    FIFEJ 2026 à Sousse : un festival du film dédié à la jeunesse plus ambitieux et inclusif    Slim Sanhaji a la tête de la 27e édition des Journées Théâtrales de Carthage, JTC 2026    Samsung Electronics leader du marché mondial des téléviseurs pour la 20ème année consécutive    Météo en Tunisie : températures en légère hausse, pluies éparses    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Nouveau discours de Donald Trump: le bout du tunnel reste encore lointain    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Bordeaux : Une nouvelle agence consulaire pour rapprocher les Tunisiens de chez eux    La bibliothèque dorée de Trump : 50 étages... avions, escaliers dorés et salle de danse    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    France - Tunisie : Extradition refusée pour Halima Ben Ali...    Météo en Tunisie : temps froid, neige et pluies orageuses dans plusieurs régions    Sadok Belaïd: Dans son sillage...    Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Climat: ou en est-on à Glasgow?
Publié dans Leaders le 10 - 11 - 2021

Par Mohamed Larbi Bouguerra - Tout d'abord, comme chez nous à Sfax, à Glasgow, en Ecosse, là où se tient la COP 26 sur le climat, les ordures ne sont pas collectées depuis dix jours. Les éboueurs de la ville sont en grève, soutenus par la population qui juge que leurs salaires sont trop faibles. Les délégués de la COP 26 qui viennent des quatre coins de la terre manifestent leur solidarité en faveur de ces travailleurs essentiels de la propreté et de l'environnement. La politique néolibérale de certains politiciens écossais, adeptes de l'ex- Premier Ministre britannique Margaret Thatcher- ennemie déclarée des travailleurs et de leurs syndicats- a terni le lustre de la COP 26 et négligé les services publics, au détriment du bien commun et des travailleurs.
Le vendredi 5 novembre, dans le cadre des « Fridays for Future » (Vendredis pour le Futur) la jeunesse a montré les dents à ceux qui font du bla-bla-bla à la COP 26 comme les gouvernements et les multinationales aux cris de « Défends le futur. Rejoins les résistances indigènes.» La jeunesse note que Glasgow est « une foire aux entreprises. » Un jeune lyonnais de 19 ans, déclare à Médiapart : « Nous sommes là pour mettre la pression, opposer un contre-discours à celui des gouvernants…Au sein du site de négociation, on ne voit que des hommes blancs en costard cravate, c'est effarant. Les pays riches du Nord veulent garder leurs privilèges aux dépens des pays du Sud qui ont eu énormément de difficultés pour venir jusqu'à Glasgow. »
Au cœur des négociations
Le dernier tour est le plus difficile dans toute course affirme le Guardian de Londres et c'est là que se trouve actuellement le Sommet sur le climat de la COP 26 à Glasgow, à l'heure où il entre dans sa phase ultime.
La somptueuse cérémonie d'ouverture avec les dirigeants de la Terre n'est plus qu'un fade souvenir. Les ministres délégués doivent maintenant s'atteler à de difficiles négociations en vue d'un indispensable compromis. Ainsi, on apprend mercredi 10 novembre 2021 qu'un accord- auquel s'oppose la France- a été conclu concernant les moteurs thermiques (essence et diesel) pour les voitures et les camions : on arrête leur production en 2035.
Il échoie aux négociateurs de finaliser les règles de l'accord de Paris de 2015 afin que nul ne puisse tricher pour atteindre le zéro carbone tant souhaité. Les textes, complexes et techniques, donnent une fausse idée de leur importance : les différends portant sur un seul mot peuvent provoquer des esclandres et des portes qui claquent de la part de certains négociateurs. C'est dire si les négociations sont difficiles !
La "transparence" est le maître mot, c'est-à-dire la vérification régulière, sous l'égide des Nations unies, de la manière dont les Etats tiennent leurs promesses. Beaucoup considèrent qu'il s'agit de la substantifique moelle de l'accord de Paris. Les Etats-Unis sont enthousiastes, la Chine l'est beaucoup moins. A noter que les Etats Unis (335 millions d'habitants) sont les premiers producteurs de gaz carbonique par tête d'habitant dans le monde même si l'Empire du Milieu est le premier émetteur mondial, juste devant les Etats Unis, avec un peu moins d'un milliard et demi d'habitants. Rappelons qu'en 2014, la Chine et les Etats Unis ont fini par se mettre d'accord sur leur responsabilité commune en matière de GES et ont décidé de réduire leurs émissions. Auparavant, la Chine refusait cette clause affirmant que les pays du Sud doivent se développer coûte que coûte.
Quelques points d'achoppement
"Article 6 : les règles d'un marché international de crédits carbone** permettent aux pays de compenser leur propre pollution en payant pour des réductions ailleurs dans le monde. S'agit-il d'un moyen essentiel pour réduire efficacement les émissions de carbone ou bien est-on face à un tour de passe-passe pour retarder les réductions ? Cela dépend de la personne à laquelle on s'adresse. Les pays africains affirment qu'une partie des ventes de crédits carbone devrait être utilisée pour financer l'adaptation aux nouvelles conditions climatiques extrêmes dans les pays vulnérables. Pour les Etats-Unis, il s'agit là d'une taxe inacceptable.
"Pertes et dommages" - peut-être la question la plus épineuse de toutes. Les pertes et dommages reconnus par l'Accord de Paris de 2015 se réfèrent aux dégâts irréversibles provoqués par le dérèglement climatique qui ne peuvent être évités ni par des actions de réduction des émissions de GES ni par l'adaptation (Le Monde, 10 novembre 2021, p. 8). Il s'agit des cyclones, des inondations donc d'évènements brutaux mais aussi des effets lents du réchauffement climatique comme la montée du niveau des mers, la dégradation des terres ou leur salinisation. Ces dégâts touchent tout le monde mais ils affectent bien plus les pays pauvres en manque de moyens provoquant des morts, des pertes économiques, des retombées sur la santé, des migrations de population, des régions devenues inhabitables. Or, ces pays sont les moins responsables de ce qui arrive au climat du globe. La Gambie est déjà à zéro émission.
En fait, il s'agit de l'argent versé par les nations riches - qui sont les principaux émetteurs de GES à l'origine du réchauffement climatique depuis la Révolution Industrielle- aux nations pauvres qui souffrent le plus des aléas climatiques actuels. L'Ecosse a été la première à offrir un million de livres sterling (1,17 million d'euros soit 3, 83 millions de DT) mais de nombreux pays sont réticents et notamment les Etats Unis et l'Union Européenne. Face à ces refus, face à cette injustice, les pays du Sud appellent à plus de « solidarité » de la part des pays du Nord.
Mia Motley, Premier Ministre de la Barbade, a affirmé avec conviction et vigueur (en vidéo) lundi, journée consacrée à l'adaptation et aux pertes et dommages à la COP 26: « Les pertes et dommages, c'est un déni de la réalité de la crise climatique, un déni que 20 ou 30% de l'humanité vivent déjà en « zone rouge », un déni qu'il y a une ligne de front du changement climatique. » Preuve d'une défiance grandissante des pays les plus vulnérables vis-à-vis des plus riches et des plus gros émetteurs.
Il y a en outre la "décision de couverture" adoptée par toutes les nations. Visera-t-elle fermement à limiter la température à 1,5 °C (par rapport à l'Ere Industrielle), ce que les scientifiques et le GIEC considèrent aujourd'hui comme vital, ou s'en tiendra-t-elle au "moins de 2 °C" plus vague de Paris ? L'Arabie saoudite- gros producteur d'hydrocarbures comme chacun sait- multiplie lobbying et pressions en faveur de cette dernière option qui appelle toutes les interprétations et toutes les arguties. Les pays accepteront-ils d'actualiser leurs engagements en matière d'émissions tous les ans, plutôt que tous les cinq ans ? La promesse faite il y a dix ans de consacrer 100 milliards de dollars au financement du développement propre dans les pays à faible revenu sera-t-elle enfin tenue, et ce montant augmentera-t-il à l'avenir ?
Ce sont ces questions difficiles qui comptent si l'on veut vraiment mettre fin à la crise climatique. La physique de l'atmosphère a ses lois et l'on ne peut finasser avec elles. Le monde doit donc gagner cette course de manière propre et rapide. La COP 26, la réunion de la dernière chance ?
« Gagner lentement la course au climat est tout simplement une autre façon de perdre » affirme le Guardian (Londres).
Ah ! Si on avait écouté les scientifiques ! Dès 1906, le chimiste suédois Svante Arrhénius (Prix Nobel 1903) a montré qu'il existe une corrélation entre la hausse de la concentration de gaz carbonique dans l'air et la hausse des températures moyennes de l'atmosphère.
Mohamed Larbi Bouguerra
** Lire « Israël au cœur du casse du siècle sur la taxe carbone » (Le Monde 10 décembre 2020). Thierry Oberlé, correspondant à Jérusalem écrit : « La sanglante saga de l'escroquerie à la TVA [sur la taxe carbone] a ses personnages emblématiques, comme le riche investisseur Arnaud Mimran,[un ami de Netanyahou] soupçonné d'avoir ordonné l'assassinat de son associé Samy Souied, le «roi des hippodromes», tué sous ses yeux. »
Lire aussi
Climat : L'humanité est au pied du mur
Pr Samir Allal: Lutter contre le changement climatique pour sortir de la crise et rendre l'avenir désirable


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.