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En direct de Bissau : Au palais du Gouvernement... une heure avant le coup !
Publié dans Leaders le 02 - 02 - 2022

Par Khadija T. Moalla - Vous est-il arrivé d'avoir un mauvais pressentimentque quelque chose va arriver, sans que vous sachiez exactement quoi ? Depuis mon arrivée il y a une semaine à Bissau,je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose au fond de mon subconscient me dérangeait mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Inconsciemment, je me rassurais en me disant que ce pays qui compte un million, neuf cent mille personnes, était stable, et que ma mission allait bien se passer. Aujourd'hui, je viens de comprendre pourquoi cet étrange pressentiment m'avait accompagnée toute la semaine dernière !
En effet, ce 1erfévrier, moins d'une heure après avoir quitté le palais du gouvernement, des inconnus le prennent d'assaut et tuent quelques agents de la sécurité !
Commence alors une journée assez particulière car au moment où elle se déroulait, j'ai essayé d'analyser mon propre comportement et le comportement des personnes autour de moi, durant une tentative de coup d'Etat ! Il est vrai que quand on est à des centaines de kilomètres, et qu'on apprend qu'il y a eu un coup d'Etat dans un pays de l'Afrique Subsaharienne, la majorité d'entre nous avons un sentiment de compassion envers leur peuple, puis nous passons à autre chose ! Mais aujourd'hui, au cœur de l'évènement, je ne peux ni penser ni passer à autre chose.
Ma première pensée a été naturellement pour ma famille que je me suis empressée de contacter car j'avais très peur qu'on coupe internet et qu'ils apprennent la tentative de coup d'Etat par les médias, sans pouvoir me contacter. Ayant vécu une situation similaire un certain 25 Janvier 2011, au Caire, j'ai préféré éviter cela. J'aipensé aussi à alerter mon cousin, homme de médias, afin qu'il sache ce qui se passe !
Il s'empresse de me dire de ne quitter l'hôtel sous aucun prétexte et surtout de ne pas sortir filmer ce qui se passait. Sa peur pour moi m'a touchée au plus haut point. Je me suis rendue compte après que je ne savais pas si nous avions une ambassade ici à Bissau ou pas. J'envoie un message à SE Ambassadeur Brahim Rezgui pour vérifier, il me répond tout de suite que non, mais que c'est notre ambassade au Sénégal qui couvre la Guinée-Bissau. Il lescontacte au même moment que mon cousin, et s'empresse de poster un message de soutien sur sa page face-book qui m'a beaucoup touchée. Je reçois alors deux appelsqui m'ont beaucoup rassurée et que j'ai appréciéau plus haut point de la part de notre Ambassadeur Son Excellence M.Mehdi Ferchichi et Madame la Consul aHanna Sahli.
La machine du système pour lequel je fais cette mission se met alors en marche avec des instructions claires de 'garder ma position' et d'autres conseils… Une amie trèschère qui appartient aussi au système, Dr. Aida Robbana, me contacte et me donne tous les conseils très précieux en pareilles circonstances et m'envoie tous les téléphones utiles des personnes à contacter, en cas de besoin. Ses conseils m'ont fait chaud au cœur.
Puis j'ai eu le bonheur de recevoir beaucoup d'appels, de messages d'amour, de soutien et de solidarité qui m'ont fait oublier la gravité de la situation et leur sincérité m'a rendue invincible.
Ma première frayeur passée, je sors de ma chambre pour aller vérifier si l'hôtel a pris ses précautions pour protéger l'entrée. Je trouve l'agent à l'accueil très zen avec une impression de 'déjà vu' sur son visage, il semblerait que les coups d'Etat ici, n'impressionnent plus personne ! Il me rassure en me disant que ceux qui viennent de faire l'assaut ne pensent jamais à attaquer les hôtels car ils sont seulement intéressés par le pouvoir. Alors, je vais à la recherche des informations car latélévision et radio nationales n'ont encore rien annoncé. Je trouve deux jeunes femmes Bissau-Guinéennes qui me montrent les premières photos des gardes de sécuritétués. Une heure avant, j'étaislà-bas, loin de me douter que ces hommes, qui ont dû dire un aurevoir à leur famille, avant d'aller au travail, ne savaient pas que c'était le dernier !
C'est alors que j'ai réalisé la chance unique que j'ai eu d'avoir quitté cet endroit, au bon moment et combien en fait notre vie tient à si peu de choses !
Cette expérience m'a appris beaucoup de leçons que je voudrai partager avec vous ce matin, en attendant qu'on vienne me chercher pour faire mon PCR afin de pouvoir voyager dès que possible :
1- Notre famille, nos amis, celles et ceux qui nous aiment et que nous aimons sont notre seule grande richesse, car c'est ce dont nous avons besoin le plus durant pareilles expériences. Chaque téléphone, chaque message revêt une importance capitale qui aide à garder le moral et ne pas céderà la panique. Toute ma reconnaissance va à l'homme des médias Si Mokhtar Louati qui s'est empressé de mettre la nouvelle sur sa page FB, accompagnée d'un message de soutien, ainsi qu'à toutes les personnes qui m'ont envoyé des messages de solidarité, de Tunisie et d'ailleurs.
2- Nos amis et collègues qui s'empressent de nous envoyer toutes les informations utiles pour notre survie, au cas où cela tournait mal sont d'un très grand secours et démontrent une très grande solidarité qui peut être salvatrice en pareilles circonstances.
3- Les téléphones de notre ambassade est très important car donne le message clair que l'Etat est présent et prêt à prendre les mesures nécessaires pour assurer notre protection, là où nous sommes. Je suis aussi très reconnaissante à SE Brahim Rezgui qui non seulement a veillé à ma sécurité durant mes deux années à Baghdâd, ainsi qu'à celle de notre diaspora là-bas, mais qui continue à le faire, à partir de la Tunisie.
Un jour l'Afrique s'en sortira, je n'en ai pas l'ombre d'un doute. Les exemples du Rwanda, du Botswana et d'autres pays encore nous le prouvent chaque jour. Mes vœux de stabilité et de prospérité vont à la Guinée-Bissau et à son peuple. Mes pensées vontà toutes celles et ceux qui nous quittent sur les champs d'honneur pour protéger leurs peuples, en Afrique et sur tous les autres continents. C'est grâce à leurs sacrifices ultimes que nous continuons à vivre ! C'est grâce à des Chokri Belaid qu'en tant que Tunisiennes et Tunisiens, nous continuerons à marcher la tête haute, prêt(es) à continuer le combat.


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