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Appel aux intellectuels à faire preuve d'imagination pour lutter contre le comportement égoïste des acteurs clés de la scène politique
Publié dans Leaders le 21 - 03 - 2012

Les derniers évènements sociopolitiques montrent qu'on peut être vraiment inquiet sur le sort de la Tunisie. Le risque d'une guerre civile ou d'un retour à la dictature n'est pas une hypothèse à écarter, et pour cause, le comportement naïf ou passionné de certains et le comportement égoïste des principaux acteurs de la scène politique, à savoir le Gouvernement largement dominé par Ennahdha, les partis dits d'opposition ou laïque et les média. Fort heureusement, des prémices d'espoir pour un lendemain meilleur et démocratique sont observées, notamment l'intelligence, la modération et l'ouverture d'esprit d'une grande frange des citoyens tunisiens. Mes inquiétudes résident dans le fait que la majorité de cette frange est relativement passive devant les agissements nocifs et dangereux des acteurs extrémistes de tout bord, qui sont par ailleurs minoritaires, ou dans le fait qu'elle est complaisante envers les acteurs et les partis préférés même si leur comportement n'est pas exempt de mensonges et de traîtrise envers l'âme et les buts de la révolution tunisienne. Pour que la sagesse (le milieu) et la modération l'emportent sur l'extrémisme et l'obscurantisme, il est nécessaire que la grande frange de la population tunisienne se débarrassent davantage de leur passivité ou de leur passion pour ouvrir la voie de la raison et faire prévaloir un dialogue constructif entre toutes les composantes de la société civile (y compris les extrémistes). Un dialogue constructif ne peut être établi sans connaissance approfondie des mobiles et de la psychologie des différentes franges de la population tunisienne, plus particulièrement les extrémistes. L'extrémiste de tout bord se croit détenteur de la vérité et chercher à l'imposer par tous les moyens. Par exemple, l'islamiste dur (c'est l'occasion de préciser que les salafistes ne sont pas tous extrémistes) pour justifier ses agissements, il évoque sa fidélité à Dieu et l'infidélité des autres. Il peut même tuer ses semblables. En réalité, il agresse autrui par haine (et non par amour de Dieu) : il est tourmenté, plein de remords, instable et frustré. Le tact psychologique et la prudence sont nécessaires pour aborder efficacement un extrémiste et ouvrir avec lui un dialogue constructif.
Mais que peut faire le citoyen, si actif soit-il, si les acteurs principaux de la scène politique sont rigides dans leur ligne de conduite égoïste et sont insensibles et indifférents à ses appels ? Les intellectuels doivent faire preuve de beaucoup d'imagination, de raison (loin des tumultes dangereuses des sentiments) et de patience pour arriver à débloquer la situation et amener les masses – média ainsi que le gouvernement et la partis dits d'opposition à assumer leur grande part de responsabilité et à faire preuve d'un comportement plus constructif et plus positif (loin des calculs malsains de la politique) pour le bien et l'intérêt de la Tunisie.

C'est dans un cadre actif des intellectuels et coopératif avec les mass media que j'ose espérer que celles-ci, notamment la télévision, soient plus entreprenantes pour ne plus se limiter à transmettre au public les nouvelles informations. Il ne faut pas généraliser, nous avons des journalistes professionnels, compétents et « propres ». L'idée d'une coopération avec eux est à envisager. Ils peuvent faire preuve d'imagination pour concevoir et élaborer des programmes visant à construire un esprit ouvert, modéré et coopératif notamment chez les extrémistes et chez les différents acteurs politiques. Les journalistes peuvent mieux cibler leurs invités (écarter ceux qui ont l'esprit négatif et destructeur même s'ils sont populaires) et encourager les jeunes partis. Des thèmes qui sont de nature à favoriser l'emploi et l'investissement (priorité économique), la transparence, les vertus de la morale, et la concordance entre discours et acte (chez les politiciens notamment) devaient s'inscrire dans leurs projets.
D'ailleurs, le mal majeur observé chez ennahdha, parti qui accapare aujourd'hui la plus grande part du pouvoir, c'est l'absence de concordance entre discours et acte. A entendre leur discours, on peut dire qu'il s'agit d'une classe dirigeante qui fait rêver. Mais si l'on suit de près leurs décisions et leurs actes, le minimum qu'on puisse dire c'est qu'il s'agit d'un parti islamiste et aucunement civil comme il l'affirme toujours. Sinon comment expliquer l'afflux de prédicateurs extrémistes (étranges à la mentalité tunisienne) et la complaisance du Gouvernement devant les actes insensés et incessants du noyau dur des salafistes, si ce n'est pas l'appel à l'obscurantisme et à la division du pays en deux sectes opposées : les « koffars » et les bons croyants. Et c'est en cela que réside notamment le danger qui guette la Tunisie. Cela explique un certain excès dans les propos de certains citoyens et acteurs envers Ennahda. Il est vrai que les dirigeants de ce parti ne sont pas sans reproches, et il y a de quoi à s'inquiéter quant à leurs vrais mobiles et fins mais de les traiter tous de fermés (ils forment plutôt un ensemble complexe et hétérogène) et sectaire où la manigance, l'ingratitude, la traîtrise et surtout l'imbécillité est leur monnaie courante ; il me semble que c'est assez exagéré. Je dirais même que c'est le parti le plus rusé et le plus professionnel : il connait bien la psychologie et la mentalité des différentes franges de la population (ce qui explique son double langage), ses dirigeants sont tous des intellectuels et ont, du moins la plupart d'entre eux, un talon oratoire (ce qui est très important pour un politicien), possèdent bien une stratégie à long et moyen terme et adoptent une politique graduelle (سياسة مراحل) afin d'arriver à leur fin et but suprême qui, semble-t-il, paraît non avoué. Et c'est en cela que réside le danger guettant la Tunisie. Mais, chose importante à préciser, c'est que selon leurs convictions ultimes, ils pensent sincèrement qu'ils agissent pour le bien de la Tunisie. Par conséquent, on peut évoquer les termes discrimination (en faveur des islamistes tous confondus : modérés ou extrémistes), marchandage, mensonges pour qualifier leur politique. Si l'on admet que la politique est malsaine (où la fin justifie les moyens), qui est pratiquée par la majorité, si ce n'est pas la totalité, des partis politiques du monde entier, pourquoi en vouloir alors uniquement à ennahdha ?

De ma part, j'en veux à Ennahdha, car précisément elle adopte cette politique malsaine (quoi que courante) qui est à l'encontre des valeurs de la religion musulmane (eux qui se prétendent musulmans) d'une part, et j'estime que la politique saine est possible d'autre part. Bien entendu, elle pourrait justifier la politique malsaine adoptée par le fait que l'histoire montre qu'il est permis aux musulmans d'utiliser la ruse pour combattre et vaincre leurs ennemis. Faut-il souligner le mot « ennemi » et poser la question suivante aux dirigeants d'Ennahdha : est-ce que le citoyen tunisien, qu'il soit pratiquant ou non, voire croyant ou non, est un ennemi pour eux ?

Je considère que Démocratie veut dire d'abord et avant tout liberté responsable (y compris précisément liberté des croyances), ensuite égalité et pouvoir de tout citoyen car la liberté est le caractère propre (avant l'intelligence car l'animal aussi possède une certaine intelligence) de l'homme qui le distingue de l'animal et le rend responsable. Il suffit qu'un seul élément de ce trièdre s'écroule pour que la Démocratie perde son sens véritable et l'homme, sa valeur. Nous n'avons nullement besoin de nous afficher en tant que croyants ou pratiquants pour que nous puissions affirmer que nous sommes tunisiens. Nous sommes tout simplement des citoyens tunisiens. Extrémistes ou modérés, dogmatiques ou ouverts, croyants ou non, nous sommes tous des tunisiens. Dans toute société, il y a toujours diversité d'opinions, de croyances et d'attitudes. C'est dans le respect de cette diversité, dans l'acception de l'autre et dans le dialogue constructif et éclairé (et non le dialogue des sourds) que se profile la vérité, la lumière et le progrès. Et c'est dans le climat de méfiance, d'incompréhension, de rejet et d'agressivité (verbale et/ou physique) que naît la haine, le dogmatisme, l'ignorance, la décadence et le déclin. Que tout tunisien, prend part de sa responsabilité, selon sa position sociale, pour construire un climat sain de dialogue et de progrès.

Dirigeants d'Ennahdha, si vous êtes véritablement musulmans, vous deviez avoir une conduite morale exemplaire dans tous les domaines de la vie, à commencer par la politique. C'est l'occasion ou jamais de fournir une preuve au monde entier que la politique saine, selon les préceptes de la morale (vous disposez à cet égard d'un gisement inépuisable : les valeurs de l'Islam) est non seulement possible mais également fructueuse, productive et efficace. Contrairement à certaines idées reçues, politique et religion musulmane peuvent faire bon ménage, mais à une condition bien précise. Et un véritable musulman intellectuel (savoir, rigueur et ouverture d'esprit) peut être un homme politique éclairé et performant. La condition réside dans la nature de la relation entre la politique et la religion musulmane qui peut être résumée par ce qui suit :
A part, l'âme, l'esprit (les principes fondamentaux), l'essence et la raison d'être de l'Islam qu'il faut tenir compte et s'y inspirer dans la ligne de conduite de l'ensemble de la classe politique dirigeante (les quatre pouvoirs), tous les autres aspects de la religion (détail, loi islamique, etc.) doivent être écartés de la politique (tout haut, au dessus de la politique), et plus précisément du processus de conception des textes de lois de la constitution car personne ou aucun courant (ou doctrine) islamique peut prétendre accéder à la véritable interprétation du Coran. Sinon, le contexte tunisien est de nature à favoriser la guerre civile et / ou l'instauration d'un régime dictateur. Et Ennahdha en serait responsable si elle ne rectifie pas sa vision des choses.

Par contre, les valeurs de l'Islam sont accessibles à tout « faqih » éclairé et ouvert. Ces valeurs constituent un trésor inépuisable pour l'humanité. Cependant, ce trésor n'est nullement convenablement exploité par les musulmans car ils s'en tiennent au détail et oublient souvent les principes fondamentaux.

En guise de synthèse de ce qui a précédé, seules les valeurs de l'âme de l'Islam doivent être figurées dans les textes de la constitution. Et c'est dans la nature de la relation entre l'Islam et la politique que réside le problème pivot, au niveau politique, qu'il faut résoudre par une démarche raisonnable. Il me semble qu'il est beaucoup plus productif d'être vigilant vis-à-vis à ennahdha et d'imaginer un contexte qui pourrait percer son entendement que de la traiter de tous les maux afin de construire ensemble un état civil véritablement démocratique et républicaine. Faut-il encore rappeler au parti ennahdha qu'il se proclame toujours en tant que parti civil et aucunement un parti islamiste et qu'il ne prétend aucunement représenter la religion musulmane. Pour arriver à ce type de dialogue, il faut également avouer qu'une grande frange de tunisiens « non nahdhaouis », même s'ils sont des pratiquants, ont une aversion, voire une phobie, pour le terme islamiste vu les facteurs suivants :
- confusion entre Islam et pratique des musulmans, notamment celle des extrémistes ;
- politique occidentale hostile à l'Islam ;
- politique de Bourguiba qui a pu donner à la Tunisie ses marques distinctives.
Faut-il également répéter qu'une grande frange des intellectuels est passive. Elle devrait s'activer un peu pour oser dénoncer certaines pratiques dangereuses pour le sort de la Tunisie, même si celles-ci sont effectuées par des partis laïques ou des organisations qui leur sont chères. La raison doit l'emporter sur les sentiments. Je ne peux pas admettre qu'un responsable puisse encourager (de façon implicite ou explicite), et sous n'importe quel prétexte, les sit-in et les grèves entravant la roue économique et bloquant toute initiative d'investissement. Au niveau économique, la priorité absolue est actuellement l'emploi et non l'augmentation des salaires. Au niveau politique, toutes les manifestations visant la défense de la démocratie, sans pour autant entraver la roue économique, est au contraire à encourager.
Il reste maintenant à préciser quelles sont les valeurs fondamentales de l'Islam. Il parait qu'il serait plus judicieux de les exprimer en langue arabe.
عن جوهر الإسلام أذكر أنّه قائم خاصّة على الأشياء التالية :
1) الأخلاق بمفهومها الشامل وبكلّ ما تتضمن من صدق وإخلاص وعدل و تفاني واحترام ونزاهة ونظافة اليد وعدم إلحاق الضّرر بالآخر وليس الدّهاء والخبث والمكر والكذب تحت غطاء السياسة بمفهوم الغاية تبرر الوسيلة فنبيّنا صلى الله عليه وسلّم يقول : "إنّما بعثت لأتمّم مكارم الأخلاق".
2) المحبّة والتسامح والسلم وليس كما يدعي الغرب الكراهية والبغض والعنف والإرهاب. لنتذكّر دائما قول رسول الله صلى الله عليه وسلّم : "لا يؤمن أحدكم حتى يحبّ لأخيه ما يحبّ لنفسه".
3) الحكمة والوسطية في كل شيء والحث على العمل وعلى المعرفة (البحث العلمي) وليس التطرف والتصوف أو الجهل والتعصّب.
4) الحثّ على نشر قيم الإسلام وعلى العبادة لما هو خير ورقي للإنسان ولكن بدون إكراه لأنّ لا فائدة في عبادة الله بدون إيمان حقيقي أو تحت الخوف من القانون الذي يجبر العبادة قهرا. الجبر لا يزيد إلاّ كرها للدّين.

هذه القيم تخصّ كلّ تونسي سواء كان حاكما أو محكوما. أمّا القيم التي تخصّ العلاقة بين الحاكم والمحكوم فهي ترتكز خاصّة على أنّ الحاكم هو خادم للشعب هاجسه الأول والأخير هو إسعاد شعبه وإقامة العدل وأن يكون في مستوى المسؤوليّة الكبرى التي هي على عاتقه حيث أنّ سعادته تكمن في تحقيق هذا الهاجس وليس لممارسة السلطة كحبّ في السلطة في حدّ ذاتها أو للانتفاع بخدمات على حساب شعبه. الحاكم في الأخير هو موظف كغيره من الموظفين له أجر متواضع نسبيّا مقابل عمله ومسؤوليّاته.
أعتقد أنّ الأمّة الإسلاميّة جمعاء لها كنز كبير وعميق لا ينضب ألا وهو جوهر وروح الإسلام ولكنّه وللأسف غير مبال به و بل أكثر من ذلك لقد وقع تشويهه وبالتالي وقع سوء استعماله. أعتقد كذلك أنّ قدر كبير من الشعب التونسي ذكيّ وذكيّ جدّا، ويقض ووسطي بطبعه (نظرا للحضارات المتعاقبة ولامتلاكها لرجال عظام كحنبعل وابن خلدون وبورقيبة) و يستطيع عاجلا أم آجلا أن يستغلّ إيجابيا هذه الخصال ليمزجها مع روح الإسلام ليصنع العجب ويكون مثالا يحتذي به. في المجال السياسي يستطيع أن يعطي الدّليل أنّ السياسة المثالية (هي قبل كلّ شيء أخلاق أو لا تكون) ممكنة وليس كما يصورها الغرب هي خبث حيث الغاية تبرر الوسيلة وأنّ النظام الأمثل السياسي لكل بلدان العالم هو النظام المختلط حيث أنّ الاختلاف يكمن في التفاصيل من خلال خصوصيات كلّ بلد.
حسب رأيي الخاص هذا التصور يتطلب التّركيز على الأشياء التالية :
- إبراز روح وجوهر الإسلام ككنز ثمين وكبير لا ينضب وبالتالي وجب استغلاله كما يجب. هنا وجب إعطاء الفرصة لعلماء الدّين والفقهاء الحقيقيين (كالدكتور الفاضل السيد يوسف القرضاوي) لهذا الإبراز من خلال برامج تلفزية.
- إعطاء الدليل من خلال الممارسة الفعلية (وليس فقط بالخطابات الرنانة) أنّ السياسة هي قبل كل شيء أخلاق أو لا تكون وأنّ الهدف الأسمى والأوحد لكل حزب هو أوّلا وأخيرا خدمة الشعب.
- جعل دين الإسلام فوق السياسة والإقرار بوجود معنى أصلي للقرآن لا يعلم تأويله إلا الله (وبالتالي لا إكراه للدّين ولا للأحزاب الدينية).

- القضاء على الشعور بالنقص تجاه الغرب وإبراز قيمة مفكرينا وعلمائنا ورجال أعمالنا وفقهاءنا في الدين وذكاء عامّة الشعب التونسي وإعطاء الفرصة لشبابنا لإبراز مواهبهم في كلّ المجالات (حتى السياسية منها).
- القضاء التدريجي على الفكر السلبي واستغلال الذكاء إيجابيا وعلميا.
- إرساء ثقافة قبول الرّأي المخالف وحتى المعاكس وكذلك ثقافة الحوار البناء والمنهجيّة العلمية التي تقودنا إلى الوسطية والحكمة من خلال الآراء المعاكسة.
الحوار بين كل أطياف المجتمع هو مبدأ ضروري و حسنا ما فعلت مؤخرا قناة التونسية، لكن وجب أيضا حسن إدارته حتى لا ينزلق الحوار إلى استنتاج فكرة استحسان إعطاء الشرعية إلى تيارات متطرفة لا تؤمن بالديمقراطية فبأي منطق تحت عنوان مبدأ حرية الرأي و الديمقراطية نعطي فرصة لتلك هذه الحركات لتقضي نهائيا على هذا المبدأ الأساسي لرقي الإنسان و تطوره. كل ما أخشاه هو أن هذه الفكرة تصل إلى واقع ملموس لتفتح أبواب الخراب و الفتنة و الحقد و الظلام على كامل الشعب التونسي سواء كان معتدلا و يقض أو متطرفا ليس بواعي أن الشريعة الحقيقية و الوحيدة ليست بمتناول البشر.
عليّ أن أوضّح أكثر لماذا يجب منع أيّ تأشيرة لحزب بالأساس ديني. أوّلا وقبل كلّ شيء وكما تقول النهضة دائما في وثائقها الرسميّة وفي اتّصالها بالشعب الغير المباشر عبر وسائل الأعلام (أمّا خطابها المباشر، أو على الأقلّ خطاب مناصريها، فهو يبدو غير ذلك) أنّه ليس هناك من يستطيع، حتى ولو كان فقيها معتدلا، كبير ومعروف جدّا، أن يحدّد بصفة قاطعة مفهوم الدّين الإسلامي الحقيقي بكلّ تفاصله. لذلك تقول النهضة لا أدعي البتّة أنّي أمثل الدين الإسلامي. الدليل على ذلك وجود عدّة تيارات إسلاميّة تختلف الواحدة عن الأخرى في المفهوم للدّين الإسلامي ومن نفس التيار يختلف تفسير فقيه عن الآخر فحتى في مجال التمييز بين الحلال والحرام فيه اختلاف عند علماء الدين. ثانيا، يصعب على الحزب الديني التدارك في أخطاءه. ماذا ننتظر من فوز حزب ديني من الانتخابات، غير المضي إلى ديكتاتوريّة الفكر الأوحد، سواء شاء أعضاؤه أم لم يشأ. إنّ أي تيّار إسلامي، يجعل المنتمي إليه يرى وبصدق أنّ كل ما يبتعد عن فكره هو خاطئ وسلبي بما أنّ في ذهنه خلط بين فكره ومفهوم الدين الإسلامي الحقيقي والتامّ الذي لا يعلمه إلاّ الله عزّ وجلّ. أعطي مثلا، ماذا تنتظر من سياسي يقول لك هذا ما قاله الله سبحانه تعالى أو هذا ما دعا إليه سيدنا محمد صلّى الله عليه وسلّم غير أنّك كافر إن أنت عارضته في تفكيره وكأن به يملك الحقيقة التامّة والمطلقة حول الدّين ومفهومه وماذا تنتظر من مواطن يقوم بكلّ الفرائض الدينيّة وصوّت للنهضة و يعتقد جزما أنّ النهضة تمثل الدّين الإسلامي غير أنّ كلّ برامجها السياسيّة هي مثالية بالأساس حتى ولو أنّك بيّنت له بالحجّة والبرهان أنّ النظام البرلماني التي تدعو إليه هو نظام استبدادي أو على الأقل غير مجدي لتونس.

أقول للذين يدعون إلى الخلافة أنها لا تتماشى مع المجتمع الحديث وغير قابلة أصلا للتّطبيق. فهل لنا شخصيّة تقارب شخصيّة سيدنا عمر رضي الله عنه حتى نتجنّب استبداد الحكم المطلق. العرب لم يستطيعوا توحيد دولتين فقط فكيف يستطيعون توحيد أمّة إسلاميّة جمعاء. إذن الإشكاليّة الحقيقيّة التي يجب أن تطرح هي كيفيّة التوفيق بين ضرورة الحزب أن يكون بالأساس مدني أو علماني حتى لا نقبع في نظام استبدادي (كإيران مثلا) تحت غطاء شرعيّة الانتخابات أو شرعيّة دينيّة وضرورة الأخذ بتعاليم ديننا الحنيف الدّاعم إلى الديمقراطيّة وحقّ الإسلاميين في ممارسة السياسة عن طريق أحزاب مدنيّة ؟
هذا التصور يتطلب أولا وبالذّات ثورة في مجال التربية والتعليم وفي مجال الأعلام وفي ممارسة السياسة. إذن مسؤولية الأحزاب والإعلاميين والمفكرين كبيرة جدّا إذا أردنا أن تصبح تونس أحسن بلدا أخلاقيا، حضاريا، سياسيا واقتصاديا واجتماعيا يطيب العيش فيه.
أخيرا وليس آخرا، أذكر أني لا أملك البتة الحقيقة وبالتالي الحوار مفتوح، سواء كان مباشرا أو غير مباشرا عبر الصحافة (أو البريد الإلكتروني)، بيني وبين أي حزب أو مواطن كان الذي لا يتفق معي في هذا الطرح أو الذي رأى بعض الغموض في تحليلي. كل ما أتمنّاه هو أنّ المشروع الخفيّ لحزب النهضة هو مجرّد أفكار واهية لا يستمدّ إلى الواقع بشيء. حسب اجتهادي, أن هذا المشروع يتمثل في إرساء على المدى الطّويل وبالتدرّج مجتمع إسلامي حسب مفهومهم للدّين الإسلامي من خلال سنّ قوانين تستمدّ من الشريعة الإسلاميّة. إن كان تصوّري صحيح، فإنّ ادّعائهم بأنّ حزبهم مدني وبأنّهم لا يمثلون الدين الإسلامي سوى دهاء ومغالطة ووسيلة حتى يصلوا إلى الحكم الشبه المطلق ويضمنوا النجاعة لمشروعهم بلا اصطدام حاد واعتراض شديد من غالبيّة الشعب. إن كان هذا المشروع حقيقي، أتمنّى أنّ النهضة ستلغي تماما هذا المشروع و تعلن ذالك صراحة لمصلحة تونس أوّلا ولمصلحتها ثانيا خاصّة إذا تأخذ بعين الاعتبار بروح وجوهر الإسلام لأنّها بذلك (وليس ببرنامجها الأصلي) ستضمن وفي آن واحد نجاح حزبها الدّائم ونشر قيم وتعاليم ديننا الحنيف في العالم بأكمله وتكون تونس مثالا يحتذي به. في هذه الحالة بالذات أستطيع أن أكون مطمئنا على مصير تونس و يسعدني نجاح النهضة. إذا أرادت الأحزاب الأخرى أن تنافسها في هذا المجال فما عليها أن تراجع سياساتها حسب روح الإسلام وعقلية التونسي وتترك جانبا وإلى الأبد السلبية والتهافت على السلطة (مهما كانت الأسباب) و المعارضة الغير البنّاءة. غير ذالك, أتمنى أن هذا النداء يجد صداه أو أن أجد شخص له مواصفات سياسي ناجع, لا يتعدى سن الخامس و الأربعين, يتبنى مفهومي للسياسة و الاقتصاد (نظام ليبرالي اجتماعي) ليكون حزب يستطيع التفوق على النهضة .


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