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Les candidats à la présidentielle en France, en panne de projet et d'idées pour le Maghreb et la Méditerranée
Publié dans Leaders le 01 - 04 - 2012

Correspondance de Paris : Samy Ghorbal - Henri Guaino, la plume de Nicolas Sarkozy, et le député européen Vincent Peillon, conseiller de François Hollande, débattaient ce vendredi, à l'invitation d'IPEMED, de l'avenir des relations entre la France et les pays de la Rive Sud de la Méditerranée. Sans grand enthousiasme…

La France, qui avait été en 2007 à l'initiative de la création de l'UPM, l'Union Pour la Méditerranée, a-t-elle pris la mesure des bouleversements géopolitiques intervenus dans la région depuis le 14 janvier 2011 ? Et croit-elle encore à la nécessité d'impulser une action ambitieuse en direction des pays de la Rive Sud, et plus particulièrement en direction du Maghreb ? Pas vraiment, si l'on juge par la place accordée aux questions internationales dans les programmes et la campagne des trois favoris de l'élection présidentielle des 22 avril et 6 mai prochains. Nicolas Sarkozy (UMP), François Hollande (PS) et François Bayrou (Modem), ont en effet jusqu'à présent consciencieusement éludé le sujet.

Alors, faute de pouvoir entendre les ténors, l'IPEMED, l'Institut de Prospective économique du Monde Méditerranéen, le think tank dirigé par le tandem Jean-Louis Guigou / Radhi Meddeb avait convié les conseillers des trois principaux candidats à l'Académie diplomatique internationale, vendredi 30 mars, à Paris, pour débattre des perspectives de la relation euro-méditerranéenne. Henri Guaino, Vincent Peillon et le sénateur Modem Hugues Pozzo di Borgo, soutien de François Bayrou, ont tour à tour tenté d'entretenir l'illusion d'une ambition française. Sans parvenir à convaincre.
«Le Maghreb, un problème qui s'impose à nous » : les lapsus d'Henri Guaino

La rencontre, qui a duré près d'une heure trente, s'est résumée à un flot de banalités et de phrases convenues. Henri Guaino, le véritable inspirateur de l'UPM, s'est attaché à défendre le bilan de l'organisation, qu'il a présentée comme une tentative pour « donner une âme à la mondialisation ». Le projet a connu des retards à l'allumage et a souffert des vents contraires – l'attaque israélienne contre la bande de Gaza en 2009, la crise économique, et l'onde de choc des révolutions arabes, qui ont balayé Ben Ali et Moubarak, deux des parrains du processus, et fait imploser la Libye, avec l'aide de l'OTAN. Cependant, a-t-il fait remarquer, « aucun pays n'a demandé à sortir de l'UPM ». Le conseiller de Sarkozy s'est dit persuadé que le format initialement retenu, c'est-à-dire le choix d'associer la Méditerranée occidentale (le Maghreb) et la Méditerranée orientale (le Levant), restait le plus approprié. Le cadre institutionnel devra être « redynamisé », car le secrétariat est « en panne », mais il sera pérennisé, et les projets « suivront leur cours ». Nulle trace cependant de ce qui pourrait constituer l'embryon d'un grand dessein ou l'ébauche d'une vision nouvelle. Pis, Guaino s'est trahi par un lapsus, en qualifiant à plusieurs reprises le Maghreb et la Méditerranée de « problèmes s'imposant à nous [comprendre : à la France et à l'Europe]»…

De l'intervention baroque et décousue d'Hugues Pozzo di Borgo, on retiendra principalement cet aveu d'une franchise déconcertante, qui a au moins le mérite de rompre avec la langue de bois : la priorité, pour l'Europe, n'est pas le Maghreb ou la Méditerranée mais « le partenariat politique et énergétique avec la Russie ». Le sénateur de Paris, qui a dressé un tableau assez catastrophiste de la situation sur la rive Sud, a invité l'UPM, en quête de financements, à se tourner davantage vers les pays du Golfe. Pour l'ambition européenne, on repassera…

Vers un retour à une certaine forme de conditionnalités politiques ?

Vincent Peillon, plus sobre, a réitéré l'attachement de son parti au partenariat entre les deux rives et a voulu rassurer : François Hollande ne défera pas l'architecture institutionnelle mise en place depuis le sommet de Paris de juillet 2008. L'UPM doit « se recentrer sur quelques projets concrets, notamment dans le domaine de l'énergie ». Lucide, il a regretté la stigmatisation dont la Turquie faisait l'objet dans le débat public français. Car se mettre à dos un acteur aussi influent ne pourra que se révéler contre-productif, et ce alors que les puissances émergentes (la Chine, les pays du Golfe, le Brésil) commencent à afficher leur intérêt pour la région. Il a plaidé pour une politique des visas plus souple et plus différenciée, et pour un accroissement significatif des échanges universitaires et culturels avec les pays du Sud. De bonnes intentions donc, mais, là non plus, rien qui ressemble un tant soit peu à un projet articulé.

Questionnés sur le soutien que la France et l'Europe doivent apporter aux gouvernements démocratiquement élus issus des Printemps arabes, Henri Guaino et Vincent Peillon ont été plus tranchants. L'un et l'autre ont défendu l'idée du retour à une certaine forme de conditionnalité politique. « Nous n'avons pas à choisir pour les autres », a dit le conseiller du président Sarkozy, en rejetant toute velléité d'ingérence. « Néanmoins, nous avons le droit de moduler nos rapports et notre aide en fonction du respect des valeurs que nous considérons essentielles », a-t-il poursuivi. Même son de cloche du côté du député européen socialiste : « Il faudra faire preuve d'un minimum de fermeté dans l'accompagnement, mais sans tenir compte de nos éventuels préjugés ».

Samy Ghorbal, correspondance de Paris


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