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Cherche une place...désespérément !
Publié dans Le Temps le 25 - 07 - 2017

Avec le Tabarka Jazz festival, c'est toute la vile qui prend le soin de se métamorphoser pour vivre sous la cadence de la musique grâce à la venue d'artistes de tous bords, dont des légendes comme Beth Harth, Lucky Peterson ou encore, Dee Dee Bridgewater...En effet, La cité s'est parée de ses plus beaux atours pour accueillir un événement de taille à portée culturelle et artistique mais aussi touristique si on se réfère au grand nombre de visiteurs qui s'étaient déplacés jusqu'à Tabarka pour assister au concert d'ouverture, ( Jowee Omicil et Beth Hart), sans oublier la présence de nos voisins algériens qui restent fidèles au festival.
Mais là où le bât blesse, c'est quand l'atmosphère à la Basilique, le samedi 22 juillet, devient irrespirable et l'ambiance tendue, à cause non seulement de la chaleur qui enveloppait la ville, mais aussi du manque d'organisation et de gestion de billetterie, car on n'était pas très loin de l'émeute. Des files d'attente à n'en plus finir râlaient, les billets en mains, avec l'espoir d'atteindre l'enceinte de la Basilique.
Un surbooking inimaginable
Ce qui s'est passé à l'ouverture du festival, est profondément regrettable, car tout événement se doit d'abord de respecter son public ; c'est la garantie de sa crédibilité et de son éventuel succès. De nombreux fans de l'Américaine Beth Harth, s'étaient rendus en masse à Tabarka pour vivre ce premier concert en terre d'Afrique de la grande dame du rock et du soul californien.
Un certain nombre, une centaine, nous dit-on, n'ont pas pu entrer, faute de places et en raison des conditions sécuritaires imposées par la protection civile. Sur suggestion du Tour manager de l'artiste, les chaises ont été supprimées pour permettre à quelques personnes munies de leurs billets, (entre 70d et 50d), d'accéder à l'arène de la Basilique. D'autres personnes frustrées et en colère, ont pris le chemin du retour vers Tunis avec les billets en poche.
« Scoop organisation, selon Mourad Mathari qui a assisté à ce manège, n'est pas impliquée dans cette situation qui relève du comité d'organisation nommé par les autorités...Scoop organisation, poursuit-il, a mis en place un programme avec le professionnalisme et les principes qui la guident depuis sa création, avec pour seul souci de satisfaire les désirs du public éclectique du festival de jazz de Tabarka dans la limite des contraintes budgétaires imposées par le festival... ».
Et dire que l'édition de 2017 marquera le retour de cet événement qui va renouer, selon les organisateur, avec l'âge d'or qu'il a connu entre les années 1997 et 2003 et qui avait permis à toute la région de se distinguer sur la scène touristique à l'échelle nationale mais aussi, internationale... A notre avis, qu'on commence d'abord par résoudre des problèmes plus urgents en maîtrisant la question de billetterie, tout en réduisant le nombre d'invitations qu'on balance à droite et à gauche, aux sponsors et à certaines parties qui se reconnaitront.
Jowee ... et... Beth : l'apothéose
Cafés et places avoisinants qui longent la Basilique, étaient squattés, ce soir là, par des familles et leurs enfants venus suivre le concert sur des écrans géants dressés à l'occasion...Quant aux agents de sécurité, ils passaient tout au peigne fin pour assurer un déroulement convenable à une soirée d'ouverture pas comme les autres.
En début du concert, nous avons eu droit à une partie de jazz aux sons des Caraïbes et d'Orient, une musique qui ignore tout des frontières, celle du saxophoniste Jowee Omicil, actuellement sur le devant de la scène mondiale. Grâce à un mélange de jazz, de soul et de gospel, il a enflammé le public de la Basilique avec lequel, il a tissé une histoire d'amour qui se renouvellera éventuellement lors des prochaines éditions du Tabarka Jazz Festival.
Jowee Omicil est à l'image de son nom, il ne ressemble à personne ; musicien nomade d'origine haïtienne, il a grandi à Montréal avant de s'établir à New York, Miami puis Paris où il a forgé son jazz cosmopolite dans lequel se mêlent influences caribéennes, afro-pop et amour du hip-hop.
Envoûté par une prestation à nous tenir en haleine, le public en demandait encore et encore mais n'oublions pas que la majorité était spécialement venue pour Beth Hart, une bête de scène, connue pour son large registre ; du blues au rock en passant par le soul, jazz et country qu'elle enchaînait avec une incroyable aisance.
Titulaire d'une nomination aux Grammy Awards, la chanteuse américaine est également auteur et compositeur reconnue dans le monde entier comme l'une des plus grandes « voix live » d'aujourd'hui. « Chacun de ses concerts obtient une Standing- Ovation, simplement parce que personne ne sait mieux que Beth, casser la baraque ...lorsqu'elle chante, les pendules s'arrêtent, les cœurs se mettent à danser et les poils se hérissent... Eh oui, c'est cela, l'effet Beth Harth... »
Beth et Jowee, vont céder la place à la diva marocaine Oum, puis à l'Orchestre National de Barbès, programmés le dimanche 23 juillet. Nous y reviendrons.


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