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Bruits et chuchotements
Publié dans Le Temps le 12 - 09 - 2017


Mission archéologique européenne
sur le site de Bulla Regia
pour explorer l'héritage chrétien
L'héritage chrétien sur le site archéologique de Bulla Regia, au 5ème siècle après JC, les maladies de l'époque, les méthodes d'inhumation des morts et l'architecture des habitations et des églises sont à l'étude par un groupe de chercheurs européens, arrivés, vendredi, sur le site, dans le gouvernorat de Jendouba au nord-ouest de la Tunisie.
Venu du Royaume-Uni, le groupe de chercheurs composé d'archéologues, anthropologues et architectes, procèdera à l'analyse génétique d'un échantillonnage de squelettes découverts dans les tombes afin d'identifier notamment les maladies répandues et l'espérance de vie à l'époque.
Les cérémonies funèbres, le régime alimentaire, l'architecture domestique et toutes les formes qui constituaient le quotidien des populations de l'époque seront au cœur de l'étude de ces chercheurs.
L'archéologue et universitaire américaine, conférencière à l'institut d'archéologie à Londres (Institute of Archaeology), Corisande Fenwick, également présidente du groupe, a annoncé que le but de ces recherches est de "lever le voile sur certains aspects de la vie des anciens habitants de Bulla Regia".
S'exprimant dans une déclaration au correspondant de l'agence TAP à Jendouba, l'archéologue a parlé d'un projet de recherche tuniso-britannique visant également à "connaitre la nature de la vie politique, sociale et culturelle des premières populations chrétiennes à Bulla Regia."
Cette archéologue, spécialisée dans l'étude de l'antiquité tardive, et des civilisations islamiques, méditerranéennes et d'Afrique du Nord, dirige d'autres expéditions de fouilles archéologiques sur des sites en Tunisie, en Libye et au Maroc.
Mohieddine Chawali, archéologue et directeur du site Bulla Regia a, pour sa part, déclaré que les résultats de ces recherches qui concernent "le riche patrimoine de la région devront être exploités par les étudiants, tunisiens et étrangers, en histoire, archéologie et anthropologie."
Bulla Regia est une ville située au nord de Jendouba, dans la vallée de Medjerda, à près de 8 Km du Mont R'bia et au milieu des plaines céréalières qui avaient toujours suscité la convoitise des anciennes civilisations successives.
Bulla Regia qui signifie la belle ville était l'une des villes réputées en période Carthaginoise, Romaine et Byzantine dont les monuments en témoignent jusqu'à nos jours. Créée au 4ème siècle avant JC, la ville fut envahie par les Romains en l'an 203 avant J-C pour devenir en l'an 156 av. J-C la Capitale des Numides sous le règne de Massinissa, principal allié de Rome.
A partir de l'époque Byzantine, la ville avait connu une période de stagnation et fut, progressivement, désertée par sa population jusqu'à devenir une ville fantôme.
Le milieu du 19ème siècle avait connu les premières fouilles archéologiques à Bulla Regia ce qui a par la suite permis la découverte de plusieurs sites archéologiques, durant toute la période du 20ème siècle.
Le site contient actuellement des vestiges dont des forums, un théâtre et des thermes publics qui datent essentiellement de l'époque romaine, en plus d'un musée où sont exposés des mosaïques, cercueils et autres objets antiques appartenant aux Numides, Carthaginois et Romains.
Des cinéastes arabes et africains
en résidence d'écriture de scénario à Tunis
Des cinéastes arabes et africains ont participé à la deuxième session du 33ème Atelier Sud Ecriture qui s'est tenue du 6 au 11 septembre courant à la Marsa, en banlieue nord de Tunis, sous la direction du réalisateur français Jacques Fieschi.
Cinq projets de films sont sélectionnés pour cet atelier, à savoir "Beau Séjour" d'Abdoul Aziz Nikema (Burkina Faso), "Zeka Santiago" D'Anna Ramos Lisboa (Cap Vert), "Farha" de Darin Sallam (Jordanie), "Les Rapporteurs" de Nedye Marame Gueye (Sénégal) et "Un fils" de Mehdi Barsaoui (Tunisie).
Etalée sur près de 8 heures, une première réunion, jeudi, a été consacrée au film du réalisateur tunisien Mahdi Barsaoui, pour l'analyse des grandes lignes de ce projet, côté scénario, thème abordé et personnages.
Mehdi Barsaoui a parlé d'un projet "à priori intitulé "Aziz" et qui est à 80 pc finalisé". Ayant à son actif 5 courts-métrages, ce jeune réalisateur entame une nouvelle expérience pour la réalisation d'un long-métrage de fiction.
Habib Attia, producteur du film prévoit que le début du tournage devra durer près d'un an, "à compter du mois d'Août 2018 jusqu'à mai 2019 ".
Il a mis l'accent sur cette plateforme unique qu'offrent les ateliers Sud Ecriture "pour les producteurs aussi bien que les réalisateurs ", estimant que ces rencontres "permettent de côtoyer des cinéastes internationaux ayant une vision extérieure des projets proposés, plus objective et différente de celle du réalisateur ou du producteur de l'œuvre".
Pour la Jordanienne Deema Azar, productrice du film "Farha", ces ateliers ont "une importance majeure pour les professionnels du cinéma arabe et africain qui leur permettent de réaliser leurs projets de films".
La 50ème édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) a constitué le point de départ pour ce projet de film jordanien inspiré d'une histoire vraie, d'une fillette palestinienne de 12 ans qui a vu sa vie basculer en ce mois de mai 1948 avec l'annonce de l'Etat d'Israël et le début de plan de partage de la Palestine.
Enfermée par son père voulant protéger l'honneur de la famille, Farha a dû faire face à une terrible situation après avoir été abandonné dans son village évacué au lendemain de l'occupation.
Le projet "Farha" avait été sélectionné dans le cadre de l'atelier "Producer's Network", organisé en marge des JCC 2016, qui a pour objectif de soutenir et d'accompagner les réalisateurs et producteurs arabes et africains porteurs de projet de film de long-métrage fiction ou documentaire en cours de développement.
Darin Sallam scénariste et réalisatrice jordanienne qui compte à son actif quatre courts métrages, travaille actuellement sur son premier long-métrage "Farha" qui "bénéficie de deux sources de soutien financier, avec 10 mille euros attribués par le groupe saoudien "Radio-diffusion et Télévision arabe" (ERT) et 100 mille dollars accordés par le ministère de l'Intérieur des Emirats-arabes-unis (EAU) ", a encore dit la productrice.
Selon Jacques Fieschi critique de cinéma, scénariste, réalisateur et écrivain français, le scénario constitue "la structure de base pour le film qui à travers la langue détermine l'intrigue et les personnages, pour prendre forme avec le reste des éléments visuels de l'oeuvre dont l'image, le mouvement et la lumière.. "
Il souligne que cet atelier "accompagne les scénaristes dans l'élaboration de leurs projets de films dans un cadre participatif dans lequel sont pris en considération les spécificités de chaque texte et la volonté des deux principaux protagonistes de l'oeuvre, le producteur et le réalisateur".
Fieschi se félicite de "cette vague de jeunes cinéastes tunisiens qui se sont fait connaître après la révolution de 2011 grâce à ce genre de cinéma citoyen et audacieux qui propose une vision réaliste de la société, dans une belle esthétique cinématographique et artistique."
"A l'image de la liberté d'expression en général, le cinéma tunisien a lui aussi commencé à se libérer à travers le traitement des questions comme le chômage, l'immigration, la corruption...", ajoute-t-il.
La productrice Dorra Bouchoucha qui dirige Sud Ecriture, depuis sa création en 1997, dit que le but de cette association était " de vouloir palier à cette faiblesse dans l'écriture du scénario constatée dans le cinéma tunisien et des pays du Sud de la Méditerranée en général".
Elle évoque les principales figures du cinéma tunisien dont les films ont été primés après avoir eu le soutien de Sud Ecriture, dont "Salma Baccar, Leila Bouzid, Mohamed Attia, Fares Naanaa, Sami Tlili, en plus de cinéastes arabes et africains issus de pays comme la Jordanie, le Liban, le Maroc, le Cameroun, le Tchad, le Bourkina Faso, et la Côte d'Ivoire... "
Créés en 1997 avec le soutien du Centre National du Cinéma (CNC) en France et l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les Ateliers Sud Ecriture sont destinés à l'aide à la réécriture des auteurs de premier ou deuxième long-métrage de fiction originaires d'Afrique subsaharienne, du Maghreb ou du Moyen-Orient.


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