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Ne vaut-il pas mieux « une tête bien faite » qu' « une tête bien pleine » ?
Enseignement Supérieur : La nouvelle pédagogie de l'ère du LMD
Publié dans Le Temps le 12 - 12 - 2007

Une rencontre pédagogique à la faculté des Sciences au Campus universitaire Tunis - Manar s'est tenue récemment en présence de plusieurs enseignants tunisiens et professeurs canadiens, entre autres, Madame Sylvie Doré, doyenne des études à l'Ecole de Technologie Supérieure à Montréal et Monsieur,
Denis Bedard, directeur du Centre d'études et de recherche en enseignement supérieur (CERES) à l' Université de Sherbrooke au Québec qui avait assisté à cette rencontre via une vidéo conférence.

Sylvie Doré, doyenne des études à l'Ecole de Technologie Supérieure à Montréal.
« Une pédagogie rétrospective au secours des étudiants »
« Ma participation à ces journées s'inscrit dans le cadre de ce séminaire au cours duquel j'ai présenté succintement le système d'éducation québécois et la particularité de l'école de Technologie Supérieure à Montréal qui est la seule institution qui ouvre ses portes aux techniciens, l'équivalent des diplômés de l' ISET en Tunisie. Ils sont reçus sans concours, ni sélection.
Les diplômés des études collégiales dans le système canadien jouissent d'un accès direct pour devenir des ingénieurs. Une initiative de l'Etat canadien qui a voulu donner la chance à ceux qui ont entamé un cursus pour décrocher un diplôme de Techniciens mais en cours de route, ils ont changé d'avis et espère vivement détenir le grade d'un ingénieur. Afin de faciliter la poursuite de leurs études, notre école les accueille (à bras ouverts).
Et comme il y existe un vent de changement, la Tunisie pourrait s'inspirer de notre expérience.
Ma méthode intitulée # ingénierie pédagogique# consiste à créer et planifier une succession de différentes étapes.
Tout d'abord, une analyse des besoins et une collecte des informations de la part de l'enseignant seraient essentielles pour évaluer le niveau de sa classe, tel que l'homogénéité ou hétérogénièté des étudiants,
Puis en deuxième phase, la conception qui comporte un processus basé sur l'imagination de déroulement du cours.
Quels sont les objectifs d'apprentissage, définir le contenu du cours, choisir les stratégies adaptées aux objectifs ? Quelques interrogations qu'un enseignant pourrait se poser et qui devrait prendre en compte en élaborant son programme d'enseignement.
Il s'agit alors d'imaginer une solution qui s'adapte aux besoins détectés, notes de cours, animation flash, groupe de discussion, support de références, diapo, projection power point, laboratoire, exercice pratique...
La 3ème étape consiste à la réalisation du matériel déjà défini lors de la 2ème étape. Cette phase s'appuie sur l'exécution de ce que l'enseignant a déjà conçu pour l'accomplissement de son cours.
La 4ème étape concrétise la mise en œuvre ou la prestation de l'enseignement, et c'est au cours de ce stade que l'enseignant pourrait procéder à un ajustement de son cours, et il se rendra au fur et à mesure des hypothèses erronées qu'il les a prises en compte et que finalement elles ne s'accommodent pas au déroulement des séances de cours.
Finalement, et à la fin du semestre, l'enseignant couronne cette méthode par une étape d'évaluation qui lui permettra désormais de recenser les points phares et les faiblesses du contenu de son cours, en distribuant à ses disciples des formulaires d'évaluation sur lesquels ils noteront leurs remarques.

La réforme LMD
Le système d'enseignement au Canada a toujours fonctionné selon la pédagogie du LMD
Cette réforme en cours d'adoption en Tunisie a été inspirée du système américain.
Ce nouveau modèle d'enseignement vise une mobilité plus facile des étudiants entre les pays.
En Europe, le système d'enseignement supérieur exige que les étudiants aient passé un à deux semestres dans une autre école et on recommande fortement de changer de pays.
Dans un cadre d'échange entre les facultés (ERASMUS*), l'étudiant doit choisir un semestre ou deux pour s'inscrire dans un autre établissement au-delà des frontières de son pays.
Et afin de permettre cet échange entre les pays, il a fallu normaliser le concept de charge demandée à l'étudiant et en toute évidence unifier les diplômes.
L'assise de cette réforme repose sur une estimation du travail que l'étudiant doit réaliser en dehors des heures de cours. L'enseignement n'est plus désormais évalué selon le nombre d'heures à enseigner mais le système du LMD recommande de se mettre dans la perspective de l'étudiant pour dénombrer le temps alloué pour les travaux demandés.
Cependant, un problème a fait surface quant à l'accès à la profession.
Par exemple, pour certains pays, on exige pour certaines professions une licence (3 ans d'études après le bac) alors que dans d'autres pays, la même profession exige un Master.
Le problème demeure non résolu pour certaines professions telles que la médecine et l'ingénierie. »

Radhi Mhiri, professeur à la faculté des Sciences et membre du comité pédagogique de Tunis-Manar.
Il faut qu'il ait une communion entre les théories enseignées et la profession excercée »
« La méthode classique de l'enseignement se résume à reproduire systématiquement le programme d'enseignement.
Et dans le but d'aider l'étudiant à réconcilier entre les théories assimilées pendant son cursus universitaire et la pratique que requiert sa profession, la méthode repose sur une définition claire et précise des objectifs d'apprentissage.
Qu'attend-on de l'étudiant ? Si on arrive à spécifier et désigner soigneusement les attentes d'un enseignant envers ses disciples et son assistance une symbiose pourrait prendre place entre le programme d'éducation et le profil de compétence d'un étudiant.
Les programmes d'enseignement bourrent le crâne d'un étudiant par des disciplines que ce dernier à sa sortie de la faculté ne sait pas comment s'en servir ! La réflexion donc tourne autour de ce tas de connaissances. Aujourd'hui, l'enseignant doit apprendre à son disciple à faire cette allocation.
En effet, la résolution de la problématique repose sur une définition ajustée du profil de compétence.
Il faut donc s'aligner sur les besoins réels du marché de l'emploi.
Des professions qui exigent en plus de connaissances mais un développement soutenu des compétences. D'ailleurs les compétences sont définies comme # le savoir agir#.
Aujourd'hui, le diplôme s'est appauvri de sa juste valeur. Autrefois, ce bout de papier assurait un ascenseur social et un certain prestige au sein de la société. Et à cause d'une métamorphose des mentalités, actuellement, les étudiants manquent de motivation et d'implication et à leurs yeux ce papier cartonné et tamponné ne représente qu'un visa pour percer le marché de l'emploi. »

Erasmus
Erasmus est le nom donné au programme d'échange d'étudiants et d'enseignants entre les universités et les grandes écoles européennes. C'est un sous-ensemble du programme Socrates.
Le programme Erasmus a été lancé en 1987 avec la participation de onze pays. De sa création jusqu'en 2007, le programme Erasmus a permis à 1,5 million d'étudiants de participer à des échanges universitaires entre pays européens partenaires.
Une extension du programme Erasmus appelée Erasmus mundus ouverte à tous les pays du monde a été mise en œuvre à partir de la rentrée universitaire 2004/2005.
Le nom du programme vient du moine humaniste et théologien néerlandais Erasme (XVe siècle).
Ce dernier a voyagé durant de nombreuses années à travers l'Europe pour s'enrichir des différentes cultures et développer son humanisme.


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