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Ennahdha broie du noir !
Publié dans Le Temps le 19 - 02 - 2021

Parmi les carences de cette classe politique improvisée après le soulèvement du 17 décembre/14 janvier 2011, une relation pour le moins problématique avec la communication. Nos politiciens, pour la plupart, affichent constamment leur ignorance en la matière. Ils ne savent gérer ni la parole ni le silence. Par ces temps de vide politique et culturel glaçant, le public est soulevé chaque matin par des tirades qui le plongent soit dans un désespoir mortel, soit dans une ambiance comique, mais mortelle à long terme, elle aussi.
Lors de son intervention dans le studio de la matinale de Chams FM, hier, Abdelkrim Harouni, chef du conseil de la Choura d'Ennahdha a lâché deux affirmation d'anthologie. Dans la première, il affirme, sur un temps d'autocritique et de repentir, que « l'actuel Kaïs Saïed n'est pas le même que celui pour lequel nous avions voté » ! Façon de dire que le Président de la République a muté, par rapport à son statut de candidat. Il a changé suffisamment pour que le parti islamiste Ennahdha ne le reconnaisse plus.
La deuxième affirmation, est un réquisitoire contre « l'entourage du président », responsable selon Harouni ou son conseil de la Choura ou son parti, des agissements du chef de l'Etat.
Sur la première, devrions-nous nous référer au début de l'histoire, soit l'élection présidentielle de 2019. En bon candidat, Kaïs Saïed était brumeux, très peu éloquent, pour ne pas dire, cachait son jeu, par conscience de la gravité des enjeux de l'époque, mais aussi par l'absence de moralité de la classe politique qu'il entendait déverrouiller. Sur l'élection elle-même, le parti Ennahdha défendait son propre dauphin au premier tour, Abdelfattah Mourou. Jusqu'aujourd'hui, nul ne peut se hasarder à définir avec précision le « vrai » mot d'ordre du parti Ennahdha.
Saïed a-t- il réellement changé ?
Lors de l'entre-deux tours, la ou les positions d'Ennahdha sont restées calfeutrés dans une littérature que le nahdhaouis eux même ont du mal à déchiffrer jusqu'à maintenant. Pour ne pas incommoder Harouni, disons que le parti islamiste a donné un mot d'ordre absolu, en faveur de Kaïs Saïed, et contre Nabil Karoui, qui fut trainé dans la boue par le même Rached Ghannouchi lors d'un meeting électoral. Le Morchid, lors de cette envolée carrément belliqueuse à l'égard de Qalb Tounès, a invité des termes jusque-là étrangers au lexique des élections. Non pas par propreté de mains, mais parce que tout le monde y trempait, à sa manière. Malgré cela, nous allons, pour des raisons purement méthodologiques, prêter crédit à Harouni, en lui concédant une part de l'électorat de Kaïs Saïed pendant le deuxième tour.
Or en 2019, Ennahdha ne se prévalait plus que du tiers de son électorat de 2011, soient à peu près 500 voix. On voit donc mal le rôle éventuel d'Ennahdha dans le score final de la présidentielle de 2019. Saïed a eu, à peu près 2 millions 700 mille voix. En termes crus, le bonhomme serait passé même sans les 500 mille voix des islamistes présumés. C'est pourquoi, le nouveau Président de la République, depuis sa prise de fonction, ne s'est jamais senti obligé envers les partis politiques et leurs cuisines aux macaronis. Donc venir aujourd'hui se lamenter du « changement de Kaïs Saïed relève plutôt de la mystification désacralisante. Avec une nette connotation de rabaissement de la personne du Président de la République, jugé « immature » par le parti Ennahdha.
D'où la deuxième affirmation. Kaïs Saïed serait sous la coupe d'un entourage « hostile » (à qui ?). Avec la même dose de volonté de déprécier la personne !
Sur le changement d'abord, rien que le dossier des rapports Ennahdha / Qalb Tounès, les bases mêmes du parti islamiste ne se retrouvent plus. Avec une volteface en règle, en l'espace de 48 heures après les élections, le scénario de la montée de Ghannouchi à la présidence de l'ARP (Assemblée des représentants du peuple), avec un score, aux législatives, égal à celui d'un député de petit patelin, et contre la volonté de certains blocs encore hésitant sur leurs relations futures avec le bloc islamiste. Rien que l'histoire des relations « dynamiques » du parti Ennahdha et de Qalb Tounes, suffit à elle seule, à donner une idée plus ou moins édifiante sur la volatilité du parti islamiste, laquelle ne peut être qualifiée ou justifiée que par un opportunisme des plus abjects, un opportunisme terre à terre, n'ayant aucun rapport avec la politique, encore moins avec la morale. Combien de voltefaces Kais Saïed a-t- il offert à son électorat durant l'année qu'il vient de clore à Carthage ? Des méprises, des difficultés de communication peut-être. Mais pas de volteface.
Le cabinet présidentiel
en ligne de mire !
Quant à la tactique qui consiste à « vouloir » isoler la personne en intimidant son entourage, c'est une technique rouillée et désuète à laquelle même notre orateur ne croit pas. En l'écoutant mettre en doute la probité des membres du cabinet présidentiel, l'on est envahi d'un sentiment que le parti Ennahdha a choisi de faire de la politique non pas en tant que parti civil, obéissant à « sa Constitution » de 2014. En lieu et place, le parti est en train de renouer avec le travail des groupuscules occultes dérivés de l'histoire des mouvements secrets qui traversent les quatorze siècles de l'histoire des musulmans. Histoire, pour les besoins de l'analyse de se mettre au diapason de la lettre artisanale que le chef de l'Etat a adressée au chef du gouvernement Hichem Méchichi.
S'il est une conclusion à en tirer, c'est que le Président de la République s'accommode de moins en moins de cette volonté hégémonique irrationnelle que le parti islamiste Ennahdha s'arroge sans majorité authentique. C'est ainsi que le « dialogue » perd toute sa signification et sa consistance sémantique, puisque l'un des ayant part persiste à vouloir avancer masqué. Afin de s'approprier un espace qui ne lui appartient plus de droit.
En tout état de cause, l'entourage ou le cabinet présidentiel n'a pas changé de structure comme ne cesse de l'être l'entourage de Rached Ghannouchi à Montplaisir, où on ne compte plus le nombre des déclarations de dissidence.
Des informations font état de divisions qui commencent à secouer le parti Qalb Tounès. Il y a tout intérêt à en suivre l'épilogue. L'avantage, ou l'inconvénient majeur pour Ennahdha, est que Qalb Tounès n'est pas un parti idéologique. Sur ce point au moins, il est plus moderne que son « grand allié » fondé sur l'allégeance à une personne qui multiplie les incartades à mesure que la situation politique dans le pays se complexifie.
Encore une fois, Ennahdha a fait pâle figure sur les ondes de Chams FM.
A bon entendeur, à la Kasbah, salut !
J.E.H.


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