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Question de culture citoyenne
Les jeunes et le service militaire
Publié dans Le Temps le 14 - 06 - 2009

S'engager dans le service militaire est un devoir national. Dans son article 15 : la constitution tunisienne stipule que : " Tout citoyen a le devoir de protéger le pays, d'en sauvegarder son indépendance, sa souveraineté et l'intégrité du territoire national. La défense de la patrie est un devoir sacré pour chaque citoyen ".
Officiellement et selon la législation tunisienne en vigueur et dès l'âge de 20 ans, les femmes et les hommes tunisiens sont dans l'obligation d'accomplir leur service militaire d'une durée d'un an sauf en cas d'exceptions prévues par la loi. Néanmoins et sans parler de l'égalité de genre déplorée par les hommes, la dernière campagne de recrutement militaire qui se poursuit actuellement en Tunisie sème la panique auprès des jeunes qui répondent aux conditions d'incorporation.
Vous travaillez, vous êtes en chômage, vous ne répondez pas aux conditions de dispense ou de sursis, vous êtes marié ayant moins de 35 ans et sans enfants à charge, vous n'avez pas accompli deux ans de mariage...Vous risquez probablement d'être pris par les agents de police. "Le devoir national vous appelle ! ",. Que se soit en voiture, en taxi, à pied ou même dans les lieux publics vous avez peu de chances d'échapper à la fameuse " Rafle militaire ". Tout le monde en parle en Tunisie. Les jeunes hommes ont la trouille à chaque patrouille. Une peur bleue dès lors les saisit. Certains préfèrent rester chez eux pour esquiver la "Rafle". Les restaurants et les cafés sont désemplis.
La préparation du citoyen à la défense de la patrie, la participation au développement global du pays et la contribution à la diffusion de la paix dans le monde sont les objectifs assignés au service national. De nobles devoirs sans aucun doute, mais a-t-on une idée exacte sur les hommes et les femmes tunisiens qui ont régularisé leurs situations envers le service national et quel est le pourcentage des citoyens qui s'adressent volontairement et de leur propre gré aux centres régionaux de la conscription ?. Il semble que le nombre de volontaires se comptent sur le bout des doigts.
En fait la régularisation de la situation envers le service national suppose : soit une incorporation volontaire sous le drapeau national, soit une incorporation dans le cadre de l'affectation individuelle, soit l'obtention d'un sursis ou d'une dispense exemptant l'intéressé de l'accomplissement du service national. La première option de régularisation reste peu ou pas répandue en Tunisie.
S'agissant de la seconde option ou encore les affectations individuelles elles concernent " les citoyens qui exercent une profession libérale, pour les citoyens qui ont des projets industriels privés et pour les personnels de l'Etat des collectivités locales et des établissements publics ". Ces personnes sont appelées selon la législation de suivre une formation militaire de base pendant 21 jours. En contrepartie, une participation mensuelle est déduite chaque mois du salaire net de l'intéressé selon une grille bien déterminée. La participation pécuniaire versée au fonds du service national peut varier de 30%, 40% voire 50% du salaire minimum garanti. Dans ce cas, le citoyen se trouve entre l'enclume et le marteau. Ou bien accomplir le service militaire au risque de perdre peut être son boulot surtout si la personne en question est contractuelle ou renoncer à une bonne partie de son salaire ou sa rémunération déjà au" juste-juste " ou insuffisante pour subvenir à ses besoins. Le cas d'une personne rémunérée à raison de 400 dinars nets d'impôts et se trouvant contrainte de payer mensuellement 30% de son salire soit 120 dinars, comment peut-elle s'en sortir avec 280 dinars par mois ?.
D'autres, par contre peuvent bénéficier d'un sursis à l'accomplissement du service national. " Il s'agit selon la réglementation en vigueur de chaque citoyen âgé de 20 ans :
-Ayant un frère sous les drapeaux
-En position de soutien de famille et qui une fois enrôlé, les personnes à charge se trouveraient dépourvue de tout soutien,
-A yant un père provisoirement incapable de travailler pour des raisons de santé
-Ayant une mère veuve ou divorcée
-Ayant au moins une sœur non mariée
-Ayant au moins un frère âgé de moins de 20 ans ou poursuivant régulièrement ses études
-Ayant un ou plusieurs enfants sous tutelle judiciaire dont l'aîné a moins de 20 ans
-Poursuivant des études en Tunisie ou à l'étranger et légalement inscrits aux établissements publics d'enseignement supérieur ou secondaire ou aux centres de formation professionnelle relevant du secteur public
-Poursuivant des études en Tunisie ou à l'étranger dans des établissements privés d'enseignement supérieur ou secondaire ou dans des centres privés de formation professionnelle agréés par les ministères de tutelle ".
Par ailleurs et pour des raisons énumérées par le législateur, certaines personnes sont dispensées de l'accomplissement du service national. Ainsi : " Tout citoyen est exempté de l'accomplissement du service national s'il est :
-Reconnu médicalement inapte au service armé
-Reconnu définitivement soutien indispensable de famille
-Ayant dépassé les trente cinq ans,
-Ayant un ou plusieurs enfants légitimes,
-Une femme dont le mariage a été consommé depuis plus de deux ans
-Un père âgé de 65 ans au moins
-Une soeur ou un frère handicapé,
-Ayant dépassé l'âge de vingt-huit ans et qui a prouvé qu'il continue à travailler et à résider à l'étranger de manière légale ".
Toutefois et en dépit des quatre options de régularisation de la situation envers le service national nombreux sont ceux qui font des pieds et des mains pour échapper au devoir national.
Il faut dire que les jeunes tunisiens d'aujourd'hui ont un penchant pour l'oisiveté et la paresse. Ils ont la facheuse habitude de seulement manger, boire, sortir, faire la fête ... bosser et retrousser les manches n'est pas de leur devise. Possessifs qu'ils sont les parents, ne lésinent sur aucun moyen pour éviter à leurs enfants le service militaire.
Mais dans certains cas de figures et même si la personne en question répond aux conditions, son incorporation porte automatiquement préjudice aux siens. A titre d'exemple : si la personne n'a pas dépassé les deux années de mariage, n'a pas des enfants à charge et sachant que son épouse est une femme au foyer et qu'il est le seul responsable de la maison : au moment où il est enrôlé pour accomplir son devoir national que fera son épouse dans ce cas ?, comment va-t-elle subvenir à ses besoins en l'absence de revenus. Qui la prendra en charge?.
Que dire d'un jeune entrepreneur qui répond aux conditions d'incorportation alors qu'il a à sa charge une dizaine de familles ou de salariés à rémunérer, des engagements et des obligations à remplir vis-à-vis de ses clients et ses créanciers. N'est-ce pas une perte de postes d'emplois et une atteinte aux objectifs nationaux de croissance et de création d'emplois ?
L'incorporation au service national doit émaner de la volonté et du consentement de la personne. Servir la nation peut prendre différentes formes : le travail, la création de richesses, la contribution à la création d'entreprises à l'éducation des enfants, la génération d'emplois..., sont autant de facteurs déterminants de la croissance et du développement du pays. Mais pour les gens improductifs, en chômage, oisifs et qui répondent parfaitement aux conditions d'incorporation, ils sont tenus de se présenter volontairement ou à défaut d'être enrôlés de force pour accomplir un devoir sacré.


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