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Un modèle tunisien d'estimation précoce de la récolte
Recherche scientifique sur l'olivier
Publié dans Le Temps le 26 - 12 - 2009

" A l'Institut de l'Olivier les travaux de recherche ont abouti à des résultats élogieux qui couvrent quasiment tous les aspects nécessaires au développement de l'industrie oléicole depuis la culture de l'olivier au champ, la sélection des variétés, jusqu'à l'amélioration des conditions de trituration, sans oublier la valorisation des sous-produits de cette industrie (bois de taille, grignons et margines). "
Illustration de ce témoignage de Hervé Macarie, de l'équipe de l'Institut de Recherche/Développement( France), le modèle d'estimation précoce de la récolte d'olives, mis au point par docteur Mongi Msallem dont voici la description :
" Mes recherches portent sur l'importance du stade de la floraison chez l'olivier parce que c'est une phase très critique dont dépend la production. Mais cette phase est à son tour dépendante des conditions intrinsèques du végétal, en l'occurrence, l'olivier, et en même temps des conditions extrinsèques, c'est-à-dire, principalement les conditions climatiques.
Par conséquent, on a une variabilité énorme tant en quantité qu'en qualité. L'analyse et l'exploitation de toutes ces bases de données en matière de floraison est fondée surtout sur le pollen parce que c'est durant cette phase de floraison qu'il ya émission de grains de pollen qui sont transportés par les masses d'air et qui permettent la fécondation et par conséquent la production. Donc l'exploitation de ces données polliniques permet, d'estimer la production à partir de la date de floraison avec une précocité très importante de près de six mois ", a précisé docteur Msallem, chercheur à l'Institut de l'Olivier, chef de l'Unité de Ressources et d'Amélioration Génétique, sur l'olivier, l'amandier et le pistachier, à Tunis.
Phénologie : la sonnette d'alarme!
A quoi servent les prévisions des récoltes ? " Elles sont très utiles pour la bonne gestion des marchés, en matière d'exportation, de stocks, d'importation, de préparation et de gestion de la campagne oléicole, d'ouverture des huileries. Mais au-delà de ces considérations de grande importance, il s'est avéré ces dernières années que le pollen est un bon marqueur des changements climatiques, dans la mesure où, c'est à partir de ces variations des quantités de pollen qu'on peut prédire la phénologie ou l'évolution de la floraison dans le futur, en relation avec les changements climatiques, qui sont à présent, d'une actualité brûlante. D'ailleurs, on tire actuellement la sonnette d'alarme en matière de stade phénologique de l'olivier surtout à cause du réchauffement climatique et des émissions de carbone. En effet, on sent ces dernières années, une avancée énorme de la floraison et cette précocité de floraison a des incidences négatives parce qu'on peut avoir des fleurs mais pas de fécondation et ce, à cause des anomalies qui peuvent survenir pendant la période d'émission du pollen. "
Un modèle d'estimation très fiable
Notre interlocuteur ajoute : " Concernant les estimations à partir des grains de pollen, les recherches ont démarré en Tunisie en 1993 dans le cadre de la coopération bilatérale avec la France et au terme de six ans, on a abouti à un modèle, le modèle qui est actuellement exploité à l'Institut de l'Olivier mais dans le cadre d'une convention avec le ministère de l'Agriculture, direction générale de la Production Agricole et l'Office National de l'Huile. Par conséquent, nous sommes tenus, à partir de la fin du mois de mai et du début du mois de juin, de remettre aux autorités compétentes les estimations de la production de l'année suivante. Cela fonctionne ainsi, depuis 1998, c'est-à-dire depuis douze campagnes avec une marge d'erreur située entre 05 et 08%.
Sollicitation internationale
Depuis l'obtention de ce modèle , on enregistre un intérêt accru de la part de plusieurs pays étrangers
Ce travail continue à être mené dans le cadre d'une coopération bilatérale avec la France mais aussi avec l'Espagne et l'Italie dans un autre contexte mais en même temps, nous sommes sollicités par d'autres pays producteurs tels que le Maroc, l'Algérie, l'Egypte, la Syrie et la Jordanie ainsi que par des instances scientifiques internationales qui sont intéressés par notre modèle et nous profitions de l'occasion de la tenue de ce symposium à Sfax pour réunir autour d'une table ronde plusieurs pays présents à la manifestation pour essayer de monter un projet international. Nous avons l'aval d'un bailleur de fonds qui va financer de projet et nous allons juste finaliser le document de travail pour le soumettre à la session de ce bailleur de fonds.
Le modèle consiste à installer un capteur destiné à collecter les grains de pollen sur des filtres qui sont par la suite traités dans un laboratoire. On doit à la vérité de dire que cette technique ou approche a été déjà développée sur d'autres cultures, en France comme la vigne ou les céréales mais c'est pour la première fois sur l'olivier et qui a donné de très bons résultats pour la Tunisie où l'oliveraie présente la particularité de couvrir de très grandes étendues, c'est-à-dire, 1.6 millions d'hectares qui plus est, constitués de surfaces homogènes sans importantes fluctuations du relief, comme c'est le cas en Espagne et en Italie. Notre modèle est appliqué chez nous à la fois à grande et à petite échelles, ce qui nous permet de donner des estimations aussi bien à l'échelle nationale qu'à l'échelle de chaque gouvernorat.
Ce modèle est d'une valeur inestimable dans la mesure où la précocité et la précision des prévisions de la récolte permettent de gérer la campagne oléicole ce qui n'est pas sans intérêt pour un pays comme le nôtre producteur et exportateur d'huile d'olive mais en même temps importateur d'huiles de graines dont les quantités à importer sont fonction de notre production oléicole. "
Conventions symboliques
Est-ce ça rapporte à la Tunisie ? " Nous aurions pu vendre notre technique comme le font nos collègues espagnols et italiens qui font des conventions payantes. Par contre nous, nous faisons des conventions symboliques car notre objectif est de travailler pour la science et sur ce plan nous sommes fiers de nos acquis surtout auprès des instances scientifiques internationales. Je rappelle que lorsque le modèle a été mis au point, nous avons organisé un séminaire pour l'exposer aux professionnels. Or il n'y a pas eu d'intérêt parce qu'il n'y a pas de grands propriétaires privés qui s'y sont intéressés d'autant plus qu'en Tunisie le secteur oléicole est supporté par l'Etat et non pas la profession comme en France. Sachez que par exemple, le laboratoire français analogue au nôtre fait fonctionner actuellement plus de 20 chercheurs contractuels et qui sont payés grâce à ce modèle parce que là-bas, c'est la profession qui finance ce laboratoire dont les travaux portent sur l'olivier, la vigne, le riz, les céréales, les pommiers etc. Chez nous la seule convention que nous avons c'est avec l'ONH et c'est dérisoire "


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