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Un sélectionneur étranger ?
VOLLEY-BALL : Pour ou contre
Publié dans Le Temps le 28 - 12 - 2009

Hassen ben Cheïkh, retenez bien ce nom. C'est un des tous derniers techniciens tunisiens à s'être occupé des destinées du « six » national. Cela remonte déjà à quelques années, beaucoup plus de dix ans. Bien avant lui, l'équipe nationale tunisienne était entre les mains du franco-serbe Basic pendant deux ans.
Avant lui, il y'avait l'Italien Antonio Giaccobe qui a régné en maitre absolu pendant un peu plus de cinq ans. Sinon ce furent les Stewart (Hollande), Tchen Fuliu (Chine), Alexeev (Russie), Wagner (Pologne), Victor Tiurine (Russie) et la liste est longue...Entre temps, il y a eu un autre intermède tunisien, celui de Fethi Mkaouer.
L'actuel Bureau Fédéral a eu le courage de mettre un terme à l'activité de Basic à la tête du « six » national. Ce dernier n'a pas su tirer le meilleur profit d'un groupe qui regorge de joueurs de qualité et surtout chevronnés ; il a frôlé la catastrophe lors du tournoi qualificatif pour le prochain championnat du monde qui aura lieu en Italie. C'était lors du mois d'août et quelques jours avant le championnat d'Afrique des Nations, laquelle compétition s'est soldée par une humiliante cinquième place au classement général. Un bond en arrière sans précédent qui ne pouvait laisser les responsables du volley-ball tunisien sans réactions...
Ces derniers ont bien réagi en remerciant Basic qui aurait pu mieux faire.
Maintenant, il s'agit de faire le bon choix et d'éviter les erreurs du passé. Eviter d'avoir à la tête du « six » national des gens qui n'ont rien à voir avec ce sport. A la FTVB, on soutient que la nationalité du nouvel entraîneur national importe peu et nous sommes du même avis pourvu que le profil du futur entraîneur soit celui qui réponde le plus à nos aspirations. Certains appuient fermement les techniciens tunisiens, ceux-là même qui ont passé le plus clair de leur carrière d'entraîneurs à la recherche du gain dans les pays du Golfe. Ils sont par conséquent dans des contrées où il n'est plus possible de s'améliorer, de se mettre à jour... Ce n'est guère un reproche mais une constatation. Il est vrai que leur survie à la tête d'une association tunisienne dépend en grande partie d'une finale de coupe ou d'un titre de champion de Tunisie perdus. Sans parler des salaires plutôt insignifiants...
Pour l'heure, il n'est plus question de satisfaire qui que ce soit. Pour ou contre un entraîneur étranger à la tête du « six » national ? C'est la question que bon nombre de puristes se posent...sauf que ces derniers ne sont plus nombreux, le volley-ball étant un sport qui ne fait plus recette, qui n'est plus médiatisé et n'attire plus le grand public.. Là, nous touchons à un autre sujet, beaucoup plus épineux, mais la question du jour restera le nom du prochain entraîneur de l'équipe nationale de volley-ball. Pour le reste, nous y reviendrons...
Pour répondre à l'ordre du jour, nous avons pris contact avec des personnes qui ont leur mot à dire et qui maîtrise parfaitement leur sujet...
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Mounir Ben Slimène (président de la FTVB) : « Du nationalisme déplacé... »
« Cette question ne devrait même pas être posée. Pour nous, la situation est très claire : le Directeur Technique National connaît parfaitement le profil de l'entraîneur qui nous faut et qu'il soit tunisien ou étranger, pour nous le problème n'est pas là. Je considère cela comme du nationalisme déplacé. On devrait penser autrement à la question et se dire qu'avec la nomination du prochain entraîneur de l'équipe nationale tunisienne de volley-ball, nous engageons l'avenir du volley-ball tunisien. En des termes plus simples, je dirais que si nous n'avons pas cette compétence, il faudrait la chercher ailleurs. Ceci étant, il faut savoir qu'à compétences égales, j'opterais les yeux fermés pour un technicien tunisien. Sachez qu'au sein du Bureau Fédéral, nous ne sommes pas divisés et nous avons les idées claires. »
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Belhassen Boukhtioua (pt de la commission des équipes nationales) : « A valeurs égales, nous prendrions l'entraîneur tunisien ».
« Nous ne nous posons pas trop de question au Bureau fédéral car dans nos têtes tout est clair et il n'y ' a aucune scission entre nous. Pour la FTVB, à qualités égales, le technicien tunisien est prioritaire. Sinon, le DTN a arrêté le profil adéquat pour porter à termes les projets du « six » national. Il connaît le profil qui correspond à nos exigences et la dernière décision lui revient. Deux composantes essentielles détermineront son choix, à savoir la compétence et le côté humain ou si vous voulez le côté psychologique. Il faut que le nouvel entraîneur soit capable de motiver nos joueurs, de les pousser à se surpasser et faire en sorte que le volley-ball tunisien retrouve la place qui sied le pus à son rang sur le plan continental et régional. C'est cartésien et c'est tout à fait normal que la question soit traitée de la sorte. »
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Khaled Belaïd (ex international et Cap. de l'Espérance de Tunis) : « L'actuelle génération a besoin d'un entraîneur tunisien»
« Sans conteste, je suis pour l'entraîneur étranger, à condition qu'il soit de qualité et de grande envergure, capable d'apporter le fameux plus et de hisser le volley-ball tunisien à un niveau qui sied avec la qualité de ses joueurs. Autrement, il vaut mieux avoir un entraîneur tunisien. Si l'étranger n'est pas compétent, évidemment, je vous dirais que je préfère de loin l'entraîneur tunisien. A titre d'anecdote, je rappelle que la Tunisie d'il y a quelques années était sous les « ordres » d'un entraîneur hollandais qui n'avait rien à voir avec le volley-ball. C'était un monsieur qui s'occupait des statistiques au sein de la Fédération hollandais et je ne sais comment il a atterri chez nous. Ce qui fait que les Tunisiens ne soient pas nombreux pour postuler et poser leur candidature, c'est le fait d'avoir fait le plus grand de leur carrière dans les pays du golfe, là où il n'est plus question de
s'améliorer et de se mettre à jour sur le plan technique.. Ils n'ont pas tort d'aller voir ailleurs car en Tunisie, seulement trois à quatre équipes payent conséquemment les techniciens. Pour les autres associations, ce sont des salaires insignifiants et je ne vois un entraîneur qui se respecte se contenter d'un salaire de trois cents dinars...
Je terminerai en vous disant que l'actuelle génération a besoin d'un entraîneur tunisien car elle est composée de joueurs manquant de discipline. Il faudrait un technicien qui connaisse parfaitement la mentalité des joueurs tunisiens, à vrai dire un peu particulière. »
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Hassen Ben Cheïkh (ex entraîneur national et actuel entraîneur du COK) : « Pour le technicien étranger »
« Sans hésitations, je vous dirais que je suis pour le technicien étranger. En Tunisie, je ne pense pas qu'il y ait un entraîneur ayant le CV adéquat pour devenir le premier responsable de l'équipe nationale senior. Le nouvel entraîneur doit avoir un profil bien particulier et doit surtout avoir des qualités de formateur car il aura entre les mains une jeune équipe en pleine phase de restructuration. Le nouveau technicien aura beaucoup de travail à faire et la meilleure solution sera pour moi l'étranger. »
Enquête réalisée par Mourad AYARI


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