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Il faut bien plus que des « rêves » pour Djerba
Publié dans Le Temps le 22 - 01 - 2010


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Trois communes, qui se tournent le dos, opérant chacune selon ses visions et ses ambitions
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Des milliers de palmiers immolés pour des raisons mercantiles
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Schéma directeur d'urbanisme qui ne voit toujours pas le jour
L'île de Djerba ne fait plus rêver ; c'est la triste et amère évidence qu'il faut savoir admettre, au risque de déplaire. Dépossédée de ses innombrables atouts et métamorphosée,
elle n'est plus ce lieu paradisiaque enchanteur, ce cadre envoûtant qui ravissait jusqu'à l'oubli ses visiteurs de marque venus quérir la quiétude, la douceur, la sérénité et la réconciliation avec Mère Nature. Cette époque mémorable de splendeur, de fascination, et de charme irrésistible est désormais révolue, à jamais hélas.
L'état des lieux prévalant ne laisse planer aucun doute quant au dépérissement progressif et irrévocable des ressources naturelles et à la détérioration des composantes vitales du patrimoine tant matériel qu'immatériel de l'île.
Gâchis environnemental
Le constat en vigueur n'incite guère à l'optimisme face à cette forte pression à laquelle est soumise l'île au niveau de l'exploitation de son territoire, devant ce gâchis environnemental et patrimonial d'envergure résultant de ce demi-siècle de gestion irrationnelle de l'espace insulaire et d'exploitation démesurée de ses ressources naturelles et de ses énormes potentialités qui étaient à l'origine de sa renommée.
L'avènement de la répartition du territoire en trois communes se tournant presque le dos, opérant chacune selon sa vision et ses ambitions, a donné lieu à trois modèles d'aménagement de l'espace insulaire, pourtant indivisible et indissociable, rivalisant en nuisance aux zones vertes et aux terres agricoles converties irrémédiablement en zones urbanisées.
L'activité agricole se trouve de ce fait abandonnée, le savoir-faire local qui lui est lié en sort lourdement pénalisé ; l'espace rural devient l'objet de convoitise et de spéculation sans relation aucune avec sa vocation originale et son organisation séculaire. Les constructions anarchiques prospèrent et les changements illicites de vocation des bâtiments atteignent des proportions alarmantes.
En outre, la biodiversité insulaire n'est guère épargnée par cette banalisation du patrimoine de l'île, quand des milliers de palmiers, pourtant espèces protégées par la loi, sont immolés par le feu ou par arrachage pour déblayer un terrain que l'on cherche, ironie du sort, à valoriser selon la stupide logique mercantiliste de certains propriétaires inconscients ou des spéculateurs sans scrupules, le paysage rural caractérisant l'île est constamment altéré par cette fâcheuse tendance à se débarrasser des fameux «tabias», ou talus, surmontés de cactus ou d'agaves pour les remplacer par des clôtures en dur.
La côte ouest, restée à l'abri des convoitises, est de plus en plus sollicitée, et une urbanisation visiblement rampante y est déjà en œuvre. Par ailleurs, l'organisation de l'espace consacré à la zone touristique dépasse toutes les limites de l'imagination et frise l'absurde par ce renforcement infondé de l'infrastructure hôtelière qui compte désormais 120 unités aménagées pêle-mêle le long de la côte nord-est incapable d'en supporter davantage.
Les aménagements de front de mer mis en place aggravent la vulnérabilité d'un espace naturel déjà fragile. En effet, des quantités considérables de sable ont été prélevées des plages pour les besoins de la construction, les dunes bordières, éléments d'équilibre et de stabilité, ont été arasées et aplanies pour céder la place aux vastes bâtiments des hôtels qui, étant construits à peu de distance de la mer, entravent la mobilité du sable et constituent des obstacles qui limitent l'apport par les vents de l'ouest et du sud des matériaux fins d'origine continentale susceptibles d'alimenter quelque peu la plage accusant un déficit sédimentaire, et se rétrécissant continuellement sous l'effet de l'érosion marine sévère due au changement climatique
Absence de Schéma Directeur d'Urbanisme
Hormis le premier plan directeur établi en 1963 et le programme d'aménagement touristique qui se sont distingués par la grande qualité des aménagements proposés et une occupation extensive de l'espace de faible densité ( 50 lits/Hectare ) privilégiant la sauvegarde du paysage naturel des dunes et des sebkhas au niveau de la zone touristique, et par une croissance urbaine limitée et contrôlée, opérée avec prudence et en parfaite harmonie avec la notion fondatrice de la « houma », prônée traditionnellement par les Djerbiens dans leur organisation de l'espace, les autres plans d'aménagement (de 1984 à ce jour) se sont avérés sans effet faute de volonté et de détermination des acteurs institutionnels concernés, et de coordination inter- communale.
En dépit de la volonté des uns et des autres de pourvoir l'île d'un Schéma Directeur d'Urbanisme global, arrêtant indéfiniment les grands axes d'un aménagement durable de son territoire, et définissant une stratégie futuriste d'un développement durable rationnel, conciliant entre les contraintes du moment et l'impératif majeur de la préservation des spécificités insulaires, les tentatives d'y aboutir ont échoué, et l'île, jusqu'à ce jour, en demeure dépourvue.
L'Association pour la Sauvegarde de l'Île de Djerba, comme par le passé, soucieuse du devenir de l'île plus que jamais en proie aux exactions, tire la sonnette d'alarme pour secouer les consciences que la question de l'aménagement ne préoccupe plus.
A cet effet, elle organise à la date du 22, 23, et 24 janvier, au siège de la municipalité de Houmt-Souk, avec le précieux concours de GTZ ( Agence de coopération technique allemande pour le développement), des journées d'études sur le thème « Aménagement durable du territoire de l'île dans la perspective d'un développement durable », auxquelles prendront part des chercheurs et des experts en la matière.


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