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La resquille, une aubaine pour la Transtu?
Transport public
Publié dans Le Temps le 31 - 01 - 2010

Des milliers de personnes, se font transporter gratis chaque jour, par nos moyens de transport public, métro et bus, entre les différentes stations de Tunis. Les contrôleurs et les agents que nous avons interrogés jusque-là sur la réaction de la Transtu face au fléau, nous ont toujours expliqué que leur société n'avait pas de personnel en nombre suffisant pour sévir régulièrement et efficacement contre cette pratique incivique.
Mais, il y a quelques semaines, un receveur de bus, avec qui nous nous sommes entretenus sur l'ampleur du phénomène de la resquille, nous a révélé que la Transtu y gagne plus qu'elle ne perd. « Supposez, dit-il, qu'il y ait 5000 passagers en faute par jour, si nous nous en verbalisons mille quotidiennement, cela rapportera à la société plus d'argent que si tout le monde avait payé son ticket.
Une petite opération de calcul montre en effet que si les amendes sont toutes payées, cela couvrira les pertes de la Transtu et lui fera même quelques bénéfices : 25 dinars (le montant de l'amende) multipliés par mille, cela donne 25.000 dinars quotidiennement. Pour « récolter » cette somme, il ne faudra pas plus de 50 agents contrôleurs sur l'ensemble des lignes de la capitale. C'est pour cela, conclut-il que la resquille n'inquiète pas outre mesure les responsables de notre société. Cela dit, je peux vous assurer que nous pouvons chaque jour verbaliser plus de mille passagers en faute. »
Le civisme avant l'argent
Ce vendredi (29 janvier 2010), nous nous sommes adressé au chef d'une grande station de métro du centre de Tunis pour confirmer ou infirmer les supputations du contrôleur. Il nous répondit très laconiquement « Oui, en principe! » Ce fonctionnaire était en effet submergé, lui et quelques autres agents, par le mouvement des contrôleurs qui leur ramenaient toutes les deux ou trois minutes un passager en faute. La plupart de ceux qu'on attrapait étaient jeunes. Deux étudiants africains étaient sur la liste des resquilleurs. Il y avait aussi des filles qui présentaient bien.
Plus loin, dans une autre station-phare de la capitale, nous passâmes plus d'une heure trente avec un agent de la Transtu. Un quadragénaire très dynamique qui a pris, sous nos yeux, et en 5 minutes seulement, plus de 20 mauvais clients parmi lesquels on comptait des femmes et des hommes d'un certain âge, et beaucoup de jeunes gens des deux sexes. Pour cet agent, il ne s'agit pas, pour la Transtu, de calculs d'épicier. « En intensifiant les contrôles, précise-t-il, nous visons à imposer un comportement civique. Il est vrai qu'en dépit de l'ampleur que prend le phénomène de la resquille, notre société n'est pas déficitaire. Mais il importe aussi, pour nous, de préserver une image reluisante de la Tunisie et de ses habitants. L'autre jour, un groupe de touristes a pris le métro en direction du Musée du Bardo. Je les ai accompagnés jusqu'à la voiture et j'ai demandé à un collègue de monter avec eux pour leur garantir, à bord, un minimum de confort et de sécurité. Si chaque citoyen prenait ses responsabilités de ce point de vue, on n'aurait pas besoin de tout ce manège et tout se passerait normalement. C'est fondamentalement une question de responsabilité et de sens civique. Il n'empêche que la Transtu doit protéger ses intérêts et ceux de son personnel. Moi-même j'agis dans cet esprit ; je pense néanmoins que les campagnes menées actuellement contre les resquilleurs sont insuffisantes : tout d'abord nous manquons d'effectif pour ce type de contrôle ; d'autre part, nos stations ne sont pas suffisamment sécurisées. Croyez-moi, sans les agents de police qui exercent à l'intérieur des stations, notre action perdrait considérablement de son efficacité. Les clôtures que vous voyez restent franchissables malgré leur relative hauteur et l'on accède à la station par plusieurs entrées difficilement contrôlables ; de sorte que quand vous en interdisez une au contrevenant, il lui en reste deux ou trois autres. Je propose également qu'on augmente le montant de l'amende. Le jour où le resquilleur attrapé aura à payer 50 ou 60 dinars à la place de 25, il y pensera par deux ou trois fois avant de prendre le métro gratuitement ! »
Le soir le contrôle est dangereux
La ligne 6 du métro, mise en service depuis 2008, est apparemment celle qui enregistre le plus de cas de resquille. Mais sur toutes les lignes qui transitent par la station de la Place Barcelone, on peut au hasard attraper des dizaines de fraudeurs.
Certains trajets qui partent de stations intermédiaires ne rapportent quasiment rien à la Transtu : c'est le cas, par exemple, du tronçon entre Bab Alioua et la place Barcelone ; entre l'avenue de Paris et cette même station-sud de la capitale ; entre l'avenue Habib Thameur et la station du Passage ; entre l'avenue Mohamed V et la station du 10 Décembre, etc.
A certaines heures, le contrôle devient quasiment impossible et pratiquement dangereux pour les agents. On nous assure en effet qu'après 20 h 30, les équipes du service nocturne s'y prennent avec beaucoup de souplesse et de diplomatie en traitant avec les passagers du métro et du bus.
Un fonctionnaire rapporte à ce propos des cas d'agression contre les agents de contrôle et les chauffeurs sur les trajets longs en particulier. « Lorsque le bus dépasse l'agglomération de Ben Arous, les risques redoublent pour les contrôleurs. Des ivrognes à la réaction imprévisible vous traitent de tous les noms, tout en consommant de l'alcool à bord du véhicule. Certains voyageurs pris en faute se vengent sur le chauffeur ou la voiture. La société est donc perdante quoi qu'elle récupère comme sommes à travers les amendes. Je partage l'avis de mon collègue qui mettait l'accent sur la nécessité de développer le sens civique du citoyen. C'est notre devoir, mais c'est aussi votre mission à vous les journalistes. »
Vingt ans de fraude
Quand un resquilleur se fait choper, on lui demande tout de suite sa carte d'identité. S'il ne l'a pas, il est immédiatement conduit au poste de police de la station ou le plus proche ; là on vérifie les renseignements qu'il donne sur lui et on lui dresse le PV. Mais des ennuis ont parfois lieu avec quelques filles ou femmes qui ne trouvent pas mieux pour échapper à l'amende que d'accuser l'agent de la Transtu qui les a arrêtées d'attouchements ou de harcèlement !
En fait, le resquilleur n'est pas verbalisé systématiquement : « Dans certains cas, il faut faire preuve d'humanité ou d'indulgence. Nous ne sanctionnons jamais les indigents et nous nous montrons compréhensifs avec les voyageurs distraits. Il nous arrive de payer le billet pour des étudiants et des élèves fauchés (NDLR : nous avons en effet été témoins, vendredi dernier, de gestes très généreux de la part des agents de contrôle). Cependant, la rigueur est de mise dans beaucoup d'autres cas, notamment avec les récidivistes. Il y en a effectivement qu'on attrape plus d'une fois le même jour, ou la même semaine. Une fois, l'un de ces resquilleurs-nés m'a dit que cela faisait 20 ans qu'il n'avait jamais payé de ticket de métro. Je lui répondis que le jour était venu pour payer à la Transtu une aussi lourde dette ! »
L'argent des PV ne revient pas toujours à la Transtu
L'argent des amendes ne profite pas toujours à la Transtu, comme on peut le croire : d'après l'un des agents interrogés, lorsqu'un citoyen verse le montant de la sanction au bureau des recettes, l'argent rentre dans les caisses de la Trésorerie Générale et non dans celles de la société de transport. Ce montant, initialement fixé à 25 dinars, peut être beaucoup plus élevé à cause des frais de poursuites engagées par la société de transport. On nous a cependant appris que beaucoup de fraudeurs préfèrent ne pas en arriver à la justice de crainte des incidences fâcheuses que cela pourrait avoir sur leur dossier civil. Les « traînards » sont donc très rares d'après ce même agent.
Le travail des contrôleurs
Les contrôleurs de la Transtu sont répartis en trois équipes (de 8 agents pour le bus et de 4 pour le métro) qui travaillent sur trois séances : de 5 heures du matin à 13 h ; de 14 h à 22 h et de 22 heures à 5 heures du matin. Vendredi, lorsque nous étions avec l'agent de la Place de Barcelone, deux autres contrôleurs le secondaient à l'entrée de la station voisine du poste de police de la station lequel était désert à cette heure tardive de l'après-midi.


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