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«RIZK EL BILIK»
Gaspillage houleux d'eau potable dans les administrations
Publié dans Le Temps le 16 - 10 - 2010

• 25% d'eau vont dans les égouts - C'est en allant dans les toilettes d'une grande administration pour un besoin naturel que nous avons pu constater ce phénomène étrange : plusieurs robinets et autres chasses d'eau fuient, et leur eau se déverse sans arrêt tout au long de la journée dans les lavabos et dans les cuvettes, sans que ce gaspillage ne provoque le moindre étonnement.
Or c'est de l'eau potable qui fuit ainsi, une eau qui a été traitée, qui est payée assez cher par l'administration et qui est gaspillée par négligence, par indifférence, par inconscience même…
Etude d'un phénomène choquant, mais que tout le monde ignore ou néglige avec un mépris incompréhensible…
Pour comprendre ce phénomène, il faut savoir qu'une certaine mentalité, héritée de l'époque coloniale et bien avant, dépuis l'époque ottomane, persiste encore de nos jours chez le large public depuis des décennies : c'est la notion de « Rezq El Bilik », traduction approximative de « notion de bien public ». Autrement dit, si ça appartient à l'Etat, on peut se servir sans vergogne, ou si vous préférez si ça appartient à tout le monde, c'est que ça n'appartient à personne. Une mentalité qui pousse certaines personnes à se comporter de façon asociale, car elles n'ont pas encore compris la notion de citoyenneté.
Chiffres
Quelques chiffres pour bien avoir une idée globale de la situation : en Tunisie, le taux de branchement au réseau d'eau potable atteint 98% et les principaux consommateurs, sont les ménages, les administrations, l'industrie et le tourisme. Une consommation qui atteint 100 litres par personne et par jour en milieu urbain. Par contre en milieu rural, le taux de branchement est moins important malgré de grands efforts de l'Etat et la consommation dépasse à peine 50 litres par personne et par jour. C'est peu par rapport à un Américain qui consomme jusqu'à 600 litres par jour, mais pour nos ressources limitées, c'est déjà beaucoup trop…
Pour un spécialiste des problèmes de l'eau potable : « ce que l'on appelle gaspillage, c'est la quantité d'eau excessive pour une fonction donnée : laver le parquet à grandes eaux alors que quelques litres suffisent, une vaisselle avec un robinet qui coule en permanence, une douche qui éternise, une lessive que l'on rince à grandes eaux et même le fait de se brosser les dents sans arrêter le débit de l'eau… »
On estime en moyenne qu'entre 20 % et 30 % de la consommation en eau sont ainsi perdus à cause des fuites et autres formes de gaspillage. Les débits de fuite couramment observés sur la robinetterie atteignent 4 litres par /h soit, 35 m3/an lorsqu'il s'agit d'une fuite en goutte à goutte. Un mince filet et on passe à 5 à 10 l/h soit 45 à 90 m3/an. Une fuite plus importante, entre 10 et 20 l/h et on atteint 90 à 120 m3/an. Pour les fuites de chasses d'eau, on estime qu'elles sont de 20 à 100 l/h, soit 120 à 900 m3/an.
Pourtant rien n'est fait dans certaines administrations pour endiguer cette perte qui touche bien sûr les finances de ces institutions, mais aussi plus globalement tout le pays, puisque cette richesse appartient à tous les Tunisiens. Or chaque administration possède un service de maintenance avec des techniciens aux spécialités multiples, qui sont payés pour toutes sortes de réparations, allant de la plomberie à l'électricité…
Douche froide
Au niveau familial, il y a des efforts à faire pour économiser cette eau qui devient de plus en plus rare au fil des années. C'est ainsi qu'une douche ne consomme que 60 à 80 litres, alors qu'un bain dépasse souvent 200 litres. La chasse d'eau gaspille 12 litres, la machine à laver consomme 90 litres en moyenne, la cuisson des aliments entre 3 et 10 litres. Mis bout à bout, ces chiffres donnent le vertige et lorsque la facture arrive, c'est la douche froide gratuite.
Mais « la palme » du gaspillage revient au lavage des voitures, qui atteint 400 litres d'eau potable par véhicule et l'arrosage des pelouses avec ses 17 à 20 litres par mètre carré ! Le touriste lui aussi gaspille beaucoup, puisqu'il consomme en moyenne 300 litres d'eau par jour, auxquelles il faut ajouter celle des espaces verts, des piscines, des golfs, bien que la plupart de ces derniers utilisent des eaux usées et traitées.
En outre, on a constaté qu'entre l'eau qui est produite par la SONEDE et la quantité d'eau qui arrive dans les robinets des usagers, la différence est phénoménale. Des millions de mètres cubes d'eau potable sont perdus à cause de fuites dans le réseau de distribution tunisien, entraînant un gaspillage d'eau qui pourrait être facilement évité… La faute incombe aux fuites diverses, comme les travaux de voirie qui brisent les tuyaux, la pression trop importante qui fait des dégâts dans les vieilles conduites, les dépôts de calcaire qui bouche les tuyaux à la longue…Des pertes qui ont tendance à diminuer grâce au nouveau tuyau bergaterre.
Chez nous, l'eau est un bien public. L'Etat, en sa qualité de propriétaire, se charge d'en assurer l'inventaire, de favoriser le développement de la ressource, de garantir sa conservation et sa pérennité. Mais c'est à l'ensemble des citoyens qu'incombe le devoir d'aider à sa préservation. Les médias et en particulier la télévision et la radio doivent multiplier les messages adressés aux ménages, surtout aux femmes pour la rationalisation de l'usage de l'eau au foyer, ainsi qu'aux élèves et aux jeunes. Sans oublier les industriels, les hôtels et les administrations et les collectivités publiques. Il y va de l'avenir de tous...
Yasser MAAROUF


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